vendredi 27 novembre 2020

UNE ENFANCE AFRICAINE...Extrait

Juché sur le cordon littoral Nord du Gabon. Le petit village de Pêcheurs béait  aux rivages chauffés à blanc de la Guinée Équatoriale, du vaste Golfe de Guinée. Un rempart de billes de bois et de grumes le protégeait des assauts tonnants de la grande marée. Des billots énormes s'engravaient ainsi sur la dune, au fil de la dérive des forêts primaires exploitées par l'homme en amont. Un  humble hameau, aux entours si précieux si l'on considère le moindre détail légué par les multiples générations qui l'avaient ainsi conçu,... [Lire la suite]

dimanche 5 juillet 2020

DIEU, LE SILENCE ET MOI....Extrait

Ma maison d’autre mer est restée in-accostéeMes rêves encore y naviguent dans une eau de selMes yeux gouttent comme une mémoire de source et de regards perdusJ’ai du sable et des fissures de pierres dans le flot escarpé d’une enfance qui s’enfonceJe piétine une obscurité de décennies qui grésillent comme des branches de palmier Au matin, mon âme se perd dans de petits jours où les boutons d’or sont en exilDans la cadence apatride du cœur, j’arpente l’aigre du destinJe palpe le cri mort du vent dans l’oued, je ploie les rides... [Lire la suite]
lundi 22 juin 2020

LES ILLUSIONS D'OPTIQUE - POST SCRIPTUM

Vivre est traverser les pièces d’un musée des choses hétéroclites. On se retourne sur des galeries où les tableaux sont alignés en désordre, les souvenirs accrochés aux cimaises comme des silhouettes, les vivants devenus des portraits et le temps qui a passé, un catalogue d’images fixes et les tableaux d’une exposition, sans compter les cadres vides. Pourquoi les humains s’attardent-ils au passé, c’est à dire au temps ou ce qui leur en est resté ? Pourquoi nous penchons-nous sur les images ? La réponse est unique : Le Regret. Le... [Lire la suite]
samedi 25 janvier 2020

LUCIE PETIT...Extrait

Le linge abandonné sur le piano boude dans ses plis.La partition boit son odeur fraîche d’eau et de savon.Les notes, soudain réveillées, s’envolent,se posent sur le fil tendu au jardin et donnentune leçon de musique aux fourmis. Dans ce tohu-bohu, le chat soupire, la mère console,et le temps, inconscient, fuit comme un fouemportant dans sa hâte un pétale de rose.     .     LUCIE PETIT     .
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lundi 2 décembre 2019

DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Comme un vieux navire au mouillage, hésitant à lever l’ancre pendant que ses lumières vibrent sous les eaux, mes pensées prennent le large pour accoster sur mon étoile avec l’exigence qu’elle se nomme de mes éclats antérieurs à mon départ d’Alger. Seule Alger, l’amante, la muse, connaît mes aversions et mes penchants. J’avais pris contrat, la nuit, avec ses puits de silences et avais fait de son jasmin ma clause intime. Ainsi, je combinais ma vie à des surprises délicates qui m’enjolivaient continûment d’éclats immenses et... [Lire la suite]
mardi 16 juillet 2019

L'OBSCUR VERTIGE DES VIVANTS...Extrait

"La science n'étouffe pas le chant de l'océan dans les coquillages.Savoir qu'on y entend les vibrations de sa propre oreille ne réfute pas les vagues qui roulent en nous leur nostalgie. Les chiffres forent des puits comme les mots écoutent le monde : dans la fascination de sa beauté.Ainsi, révélée ronde, la Terre enfanta encore des aventuriers au coeur plus vaste, à qui le vertige continua de fouetter le sang.Le réel ne condamne pas la poésie. Il l'appelle, comme le vent la voile lui donnant force, le savant la formule qui creuse... [Lire la suite]

dimanche 7 juillet 2019

GENEVIEVE CLANCY...Extrait

  ...  Il y a cette coupe de temps où l’avenir se suspend pour laisser voir le Tout. Puis le poids revient sur l’éveil nous rendant à la nostalgie.Est-ce la présence ?Il y a cet appel mélancolique qui monte de la beauté, écho de nos peurs à briser les attaches des rêves qui ont perdu la mémoire du vol.Est-ce la présence ? (…)La présence, passeur traversant les formes pour délivrer les profondeurs qu’elles retiennent… "     . GENEVIEVE CLANCY .    
samedi 13 avril 2019

CHRISTINE LAVANT...Extrait

  Vieux sommeil, où sont tes fils ?Tu dois en avoir des jeunes, des solides,De ces gaillards capables de bien plus Que de survenir et d’éteindre la lampe. L’un doit s’allonger auprès de ma peur,Un autre s’agenouiller sur ma nostalgie,Ils doivent avoir tous deux des poings solidesPour que les voisins n’entendent aucun cri. Quelle poudre veux-tu me jeter dans les yeux ?Du sable ? ― Je ris ! ― je peux t’offrir tout un désert pour des yeux pareilsqui déjà s’en contentent. Les miens, tu sais, sont... [Lire la suite]
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jeudi 6 décembre 2018

LE LEGS

Que faire maintenant de tous ces graffiti des adieux encombrants des choses des oiseaux des hasards désormais interdits dans cette cruauté d'horloge   & à l'enfant seul comme une île -à son effroi & à sa soif- quel sésame quel schiboleth quelle chose apaisante & douce quel bienveillant symbole laisser   si l'on n'a plus que l'art de questionner l'écho de voler au reflet ce qu'il sait du parfait aux maisons envolées le secret d'habiter & à la nostalgie la vérité d'ici   comme un... [Lire la suite]
vendredi 9 novembre 2018

A CET INSTANT MÊME

   À cet instant même, j’enfile cette aiguilleavec le fil d’un propos que je tais et je me mets à ravauder.Aucun des miracles qu’annonçaient les très éminents prophètesn’est advenu et les années défilent vite.Du néant à si peu, toujours face au vent, quel long chemin d’angoisse et de silences. Et nous en sommes là: mieux vaut le savoir et le dire,les pieds bien sur terre et nous proclamer les héritiers d’un temps de douteset de renoncements où les bruits étouffent les paroleset la vie en miroirs déformés.Plaintes et... [Lire la suite]