mardi 16 juillet 2019

L'OBSCUR VERTIGE DES VIVANTS...Extrait

"La science n'étouffe pas le chant de l'océan dans les coquillages.Savoir qu'on y entend les vibrations de sa propre oreille ne réfute pas les vagues qui roulent en nous leur nostalgie. Les chiffres forent des puits comme les mots écoutent le monde : dans la fascination de sa beauté.Ainsi, révélée ronde, la Terre enfanta encore des aventuriers au coeur plus vaste, à qui le vertige continua de fouetter le sang.Le réel ne condamne pas la poésie. Il l'appelle, comme le vent la voile lui donnant force, le savant la formule qui creuse... [Lire la suite]

dimanche 7 juillet 2019

GENEVIEVE CLANCY...Extrait

  ...  Il y a cette coupe de temps où l’avenir se suspend pour laisser voir le Tout. Puis le poids revient sur l’éveil nous rendant à la nostalgie.Est-ce la présence ?Il y a cet appel mélancolique qui monte de la beauté, écho de nos peurs à briser les attaches des rêves qui ont perdu la mémoire du vol.Est-ce la présence ? (…)La présence, passeur traversant les formes pour délivrer les profondeurs qu’elles retiennent… "     . GENEVIEVE CLANCY .    
samedi 13 avril 2019

CHRISTINE LAVANT...Extrait

  Vieux sommeil, où sont tes fils ?Tu dois en avoir des jeunes, des solides,De ces gaillards capables de bien plus Que de survenir et d’éteindre la lampe. L’un doit s’allonger auprès de ma peur,Un autre s’agenouiller sur ma nostalgie,Ils doivent avoir tous deux des poings solidesPour que les voisins n’entendent aucun cri. Quelle poudre veux-tu me jeter dans les yeux ?Du sable ? ― Je ris ! ― je peux t’offrir tout un désert pour des yeux pareilsqui déjà s’en contentent. Les miens, tu sais, sont... [Lire la suite]
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jeudi 6 décembre 2018

LE LEGS

Que faire maintenant de tous ces graffiti des adieux encombrants des choses des oiseaux des hasards désormais interdits dans cette cruauté d'horloge   & à l'enfant seul comme une île -à son effroi & à sa soif- quel sésame quel schiboleth quelle chose apaisante & douce quel bienveillant symbole laisser   si l'on n'a plus que l'art de questionner l'écho de voler au reflet ce qu'il sait du parfait aux maisons envolées le secret d'habiter & à la nostalgie la vérité d'ici   comme un... [Lire la suite]
vendredi 9 novembre 2018

A CET INSTANT MÊME

   À cet instant même, j’enfile cette aiguilleavec le fil d’un propos que je tais et je me mets à ravauder.Aucun des miracles qu’annonçaient les très éminents prophètesn’est advenu et les années défilent vite.Du néant à si peu, toujours face au vent, quel long chemin d’angoisse et de silences. Et nous en sommes là: mieux vaut le savoir et le dire,les pieds bien sur terre et nous proclamer les héritiers d’un temps de douteset de renoncements où les bruits étouffent les paroleset la vie en miroirs déformés.Plaintes et... [Lire la suite]
mardi 2 octobre 2018

LA RETRAITE SENTIMENTALE...Extrait

"Une tombe, ce n’est rien qu’un coffre vide. Celui que j’aime tient tout entier dans mon souvenir, dans un mouchoir encore parfumé que je déplie, dans une intonation que je me rappelle soudain et que j’écoute un long instant, la tête penchée… Il est dans un court billet tendre dont l’écriture pâlira, dans un livre usé que flattèrent ses yeux, et sa forme est assise à jamais, pour moi, mais pour moi seule – sur ce banc d’où il regardait, pensif, bleuir dans le crépuscule la Montagne aux Cailles… "     .     ... [Lire la suite]
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dimanche 19 août 2018

VRAIE LUMIERE NEE DE VRAIE NUIT

Âme soeurEntends-tu ce quiVient de l’heure, ce quiVient du coeur,à l’heureDe l’abandon, à l’heureDu crève-coeur,Ce battementdepuisLa naissanceLes entrailles maternelles,Déchirantl’écorceTerrestre, ce battementQui cherche à se dire,Qui chercheà se faireEntendre, entends-tuÂme sœurCe cri d’avant- vie, pleinD’une étrangère nostalgieDe ce qui avait étéRêvé et comme àjamaisVécu, matin de brumeD’un fleuve, nuageSe découvrantfeuillage,Midi de feu d’un pré, pierreSe dévoilant pivoine, touteLa terre embrasée, toutLe ciel incandescentEn une... [Lire la suite]
samedi 18 août 2018

TA JOYEUSE TENDRESSE

Ta joyeuse tendresse M’a troublé et surpris. À quoi bon les discours, Leur tristesse, Quand les yeux comme des bougies Brûlent en plein jour ?   Au beau milieu du jour … Et une larme reste – Souvenir de la rencontre – Suspendue au loin; Et les épaules qui tombent Sont relevés par la tendresse.   .     OSSIP MANDELSTAM     .   Oeuvre Goxwa Borg
jeudi 16 août 2018

L'ARBRE PARLE...Extrait

Écoute-moi comme on entend la pluieni attentive ni distraite,les pas légers de la bruine,l’eau dissoute en air, l’air tissé de temps,le jour n’en finit pas de s’en aller,la nuit n’est pas vraiment venue,figurations du brouillardà l’ angle de la rue,figurations du tempsau tournant de cette pause,écoute-moi comme on entend la pluie,sans écouter, écoute-moi parlerles yeux ouverts sur l’intérieur,assoupie, chaque sens en éveil,il pleut, des pas légers, rumeurs de syllabes,l’air et l’eau, paroles qui ne pèsent :ce que nous étions, ce que... [Lire la suite]
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lundi 30 juillet 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Cette main doucement posée sur ton épaule,ces pas dans l'escalier,les craquements du plancher,ce bol vide sur la table du matin, ces bribes du passé, ces miettes au festin des oiseaux ; La fenêtre fermée, la porte qui grince, le froid à l'intérieur. Le soleil n'entre pas, hésite au seuil du silence.Il connaissait une chanson, le vent l'a perdue loin ; La marjolaine et le genêt, l'été absent.La vieille pendule à plus d'heure, comme toisans sommeil. Ta maison, ce cœur en arrêt.     .    ... [Lire la suite]