jeudi 22 juin 2017

OSCAR VICENTE CONDE...Extrait

Je ne vais pas laisser la nuit entrer par dessous la porte pour me voler le rêve Mais lorsque l'insomnie se met à hurler elle dépose sur moi sa nudité.   No voy a dejar que la noche entre por debajo de la puerta para robarme el sueño y cuando el insomnio grite ella deposite sobre mí su desnudez     .     OSCAR VICENTE CONDE Traduction André Chenet   .   Photographie Nolan Lester          

vendredi 16 juin 2017

HYMNE A LA NUIT...Extrait

"Un jour que je laissais couler des larmes amères, que mon espérance, décomposée, s’anéantissait en douleur et que je me tenais solitaire près du tertre aride qui dérobait en son étroite et sombre dimension la Figure de ma vie - solitaire comme nul solitaire encore ne le fut, étreint par une angoisse indicible - sans force, n’étant plus qu’une pensée de détresse. - Comme je cherchais une aide des yeux, que je ne pouvais ni avancer ni reculer, et que je m’agrippais avec un regret infini à la vie fuyante qui s’éteignait : - alors... [Lire la suite]
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lundi 17 avril 2017

VOYAGE A TRAVERS UNE NEBULEUSE

 Je ne peux remettre l’amour à un autre siècle je ne peux pas même si le cri s’étrangle dans ma gorge même si la haine éclate crépite brûle sous des montagnes grises et des montagnes grises Je ne peux ajourner cette étreinte qui est une arme au double tranchant d’amour et de haine Je ne peux rien ajourner même si la nuit pèse des siècles sur mes épaules même si tarde l’aurore indécise Je ne peux remettre ma vie à un autre siècle ni mon amour ni mon cri de libération Non je ne peux ajourner le cœur.     .   ... [Lire la suite]
vendredi 14 avril 2017

LES MOTS SONT DES CHIENS D'AVEUGLE...Extrait

Voici l'arbreroyal et solitaireen son ultime déploiementde fin du jour Le vent qui le traversey fait trembler les yeuxd'une lumière de larmes L'été s'y jette à corps perdul'été rayonne comme un paonEt l'arbre dit que tant de cielsans pesanteurne saurait être quel'analogie de Dieu Je caresse son écorceSous mes doigts une fourmilièrecharrie sa crasse de cadavres A mes pieds une pie ouvertelaisse voir son cœurnoir et racorni Et l'arbre dit que nous sommes les frèresdu rat de la mouche de l'hyène du scorpion Vienne la nuit qui n'est... [Lire la suite]
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mercredi 5 avril 2017

ALBERT AYGUESPARSE...Extrait

Rien ne grandit ici qui n’ait le poids de l’ombre.La nuit même se cueille avec des gants de suieEt son bouquet se fane entre les mains des pluiesEt l’on dit que son cœur est plein de graines sombres.Le monde surprenant des bêtes endormiesGlisse dans les chemins et laisse un long remousDe sueur et de lait à la robe des loups.Les pieds dans les cailloux, je t'attends, mon amie.Car sans toi ma journée est perdue et s’en va,Comme tant de journées, se mêler à l’oubli,Si tu lèves le bras, les murailles d’ortiesN’arrêtent plus le sang de... [Lire la suite]
mardi 14 mars 2017

BERNARD PERROY...Extrait

Bien-sûr le temps demeure un lieude course folle ou d'immobilité,de courses poursuitesentre nos élans et nos peurs,nos belles heures et les plus sombres,nos promenades, nos marches forcées,nos territoires gagnés ou perdus,nos flammes de vaste envoléeou celle trébuchante à chaque seconde,mais sûre abri en son indéchiffrable beautédont la lumière s'élève dans la nuit de nos cœurscomme le tremblement obstiné de l'étoile….   BERNARD PERROY   .          
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dimanche 12 mars 2017

VIVANTE PIERRE FRICHES no 71...Extrait

Nuit de Sisyphe, sans halte, sans recours Il n’y a pas d’aurore éclatante et fragile Juste cette fatigue et l’habitude du naufrage Mais l’étincelle, la sauvage, la brusque, nous la portons en nous, malgré nous, plus tenace que les désastres Envole-toi, Sisyphe, Un feu déjà se prépare La nuit, la nuit éclatera comme une graine prête à de nouveaux départs   .   COLETTE GIBELIN   .     Photographie Laureos  
dimanche 19 février 2017

SYMPHONIE INACHEVEE....Extrait

C’était il y a très longtemps – écoute, amer amour de l’autre monde — C’était très loin, très loin – écoute bien, ma sœur d’ici — Dans le Septentrion natal où des grands nymphéas des lacs Monte une odeur des premiers temps, une vapeur de pommeraies de légende englouties.   Loin de nos archipels de ruines, de lianes, de harpes, Loin de nos montagnes heureuses. — Il y avait la lampe et un bruit de haches dans la brume, Je me souviens,   Et j’étais seul dans la maison que tu n’as pas connue, La maison de l’enfance,... [Lire la suite]
jeudi 16 février 2017

JEAN LAVOUE...Extrait

Aux forces qui divisent Aux branches qui se lézardent Aux écorces mortes qui de partout craquèlent Saurons-nous opposer avec calme Cette poussée de sève Dans la nuit de l'arbre Ce surgissement de bourgeons Ce bruissement de rameaux et de tiges Ce remuement de terre Ce soulèvement par milliers Des crocus de l'aube Cette fine poussée en gloire D'un printemps qui n'a que faire De nos vieilles rancœurs De nos peurs attisées De nos calculs sans joie De nos slogans futiles De nos amertumes dérisoires ?   .   JEAN LAVOUE ... [Lire la suite]
jeudi 16 février 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...Extrait

J'aurais beaucoup à dire Ce qui remonte de la nuit Ce que le jour te jette à la figure, les traînées rouges du ciel entre les branches Et toi, n'osant bouger pour ne pas déranger cette splendeur fugace J'ai quelquefois si mal de toutes ces ferveurs Que faire de l'absence, qui grandit, qui déploie ses ailes miroitantes imprègne le langage Je pourrais dire la fascination de l'inutile, l'aimantation du vide Je pourrais même dire le besoin de parler, comme on crache, comme on urine et l'âpre nécessité de se taire parce que rien,... [Lire la suite]