mercredi 7 novembre 2018

LA FÊTE DE L'EAU

  L’on chante une rivière mal chantée car trop chantéecomme un mantra qui de tout l’affirmerait victorieuse,car ce n’est plus par réflexe qu’il faut nous y pencher : plutôt rompre la mécanique des automatismes,penser son cours comme notre propre réseau sanguin irriguant les tissus les plus essentiels de notre être ; autour les sources sont sèches, l’aridité ruisselleen un pays d’illusions comme de réalitéoù le mistral abrite les foulques et l’éphémère ; l’on chante la rivière aux factionnaires disparusdans un... [Lire la suite]

dimanche 21 octobre 2018

LE JOUR, NI L'HEURE...Extrait

L’oiseau de Braque d’un cri raye l’espacede la fenêtreje voisj’écrisj’essaie de figer dans le tremblement des mots le pur éclairde son    passage  Mais comment dire le perpétuel ailleurs de cet oiseau mentalqui traverse le tempspar la trame déchiquetée du hasard ?   .     JEAN-CLAUDE XUEREB     .  
Posté par emmila à 17:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
vendredi 28 septembre 2018

INGEBORG BACHMANN...Extrait

Mon oiseau Quoiqu’il advienne – le monde dévasté revient s’enfoncer dans le crépuscule ; les forêts lui préparent quelque boisson pour s’endormir, et du haut de la tour que le veilleur a quittée, tombe, tranquille et fixe, le regard de la chouette. Quoiqu’il advienne – tu connais ton heure, mon oiseau, tu prends ton voile et tu t’envoles, à travers le brouillard, vers moi.     .     INGEBORG BACHMANN     . Oeuvre Susan Hall 
mercredi 29 août 2018

BABIL DU SONGER...Extrait

Un oiseau passe éclair de plumesDans le courrier du crépusculeVa vole et dis-leur ! Dis leur que tu viens d’un paysFormé dans une poignée de mainsUn pays simple comme bonjourOù les nuits chantentPour conjurer la peur des lendemains Dis-leurQue nous sommes une bouchéeRépartie sur sept îlesComme les sept couleurs de la semaineMais que jamais ne vientLe dimanche de nous-mêmes Dis leur que les maréesOuvrent la serrure de nos mémoiresQue parfois le passé soufflePour attiser nos flammesCar un peuple qui oublieNe connaît plus la couleur... [Lire la suite]
vendredi 24 août 2018

C'EST A DIRE...Extrait

Ainsi me suis-je mis à aimer ce qui était propulsédans ce mondehors de l’écritureLe petit jour dans les îlesUn simple oiseau revenu transfiguré de sa migration.Il suffisait d’une barqueIl suffisait de ça.   ...   sivasteétait le mystère de la viesiprofondel’anxiétéqu’ellevéhiculaitquepresque sans raisonnous demeurions émotifssans raison ai-je ditsimplementcomme des âmes singulièresdoutant de toutsurtout d’elles-mêmesainsi se faufilaient les anssi profond étant notre étrange désir de vivre   ...   . ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,
vendredi 24 août 2018

UNE FOI POUR TOUTES

A Jean Bastien   Mon cœurveine ou déveineaura des ailesdans les montagnes et dans la plainedes hommes meurent pour la liberté L’oiseau parle une langue inconnueil n’a jamais pensé à la chancemais la chance est pour luidans les chansons mêmes de la peurla vie n’est qu’un signepour ceux qui meurent dans la nuittrahis par la clarté lunairepar les regards obstinés du soleil Il y parfois un homme qui vient d’Albanieil parle de la liberté comme d’un sein de marbreil y a des hommes qui viennent des villages perdusils... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,

mercredi 22 août 2018

PHILIPPE TANCELIN...Extrait

Sur ta rose d’engagementl’histoire prend cette altitudede légendequi entre dans la clarté de peuples futurs Comme s’invente sur l’aire de révoltel’intarissableprésence à cueillir son mystèretu es cette branche qui tend à l’oiseauson libre vol    .   .  PHILIPPE TANCELIN       .          Oeuvre Federico Infante       
dimanche 5 août 2018

LA VENUE...Extrait

J'aime les jardins quand ils sont silencieux,Éventuellement décorés d'une roseOu d'un merle en dessous du laurier ; quand les hêtresDeviennent roux et les bouleaux dorés. Ne ditesPas ce qu'à vos yeux sont la nature et l'esprit ;Écoutez le silence où se fait la musiqueSans prétendre y figurer vos impressions.Entre nous et le ciel il y a les nuages,La plume de ceux qui volent sous les étoilesSe nourrissant des saisons du soleil. Nos pasNe laissent pas d'empreinte où nous posons le pied,Tel est le propos des muses qui ont... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,
mercredi 13 juin 2018

PASSANT DE LA LUMIERE - PASSAGE DU PASSEREAU

Le passereau est un passer-moineau, un petit oiseau de l’ordre de ceux qui passent et traversent, fuselés, la vie précaire. Le passereau est éphémère, il est passe-fleur, passiflore, passionné comme l’anémone qui vibre en plein vent d’étincelles. Ses poumons sont d’oiseau éphémère, les bronchioles se ramifient dans le tissu pulmonaire, le traversent et se prolongent par des sacs aériens qui sont tissus d’or et de songes dans le souffle des nuages. Le passereau passe le souffle dans le syrinx de son chant comme message d’un ciel si... [Lire la suite]
Posté par emmila à 02:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,
mardi 29 mai 2018

CARNETS DE MARCHE...Extraits

  Je suis arbre. Arbre-sensation. Mon corps s’enracine. Mes pieds cherchent appui dans la terre humide et s’enfoncent par-delà les premières couchesencore visibles au-dessus du sol. Mes doigts se mêlent aux doigts du chêne,filaments et souches, tressages de végétaux, lianes et branchages invisibles à l’oeil égaré dans le vide. Je m’enroule à la sombre intimité végétale. Je m’infiltre. Chemin faisant, je creuse canaux et rigoles nécessaires à ma vie souterraine. Je bois à grands traits l’eau qui gonfle le... [Lire la suite]