lundi 27 novembre 2017

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

.... Il y a une parole confiée au silence, que l'ombre nous transmet. Une parole d'effacement qui est parole de tendresse. Peut-être pourrions-nous aussi parler de bonté. Lavis d'ombre sans que soit raturée cette lumineuse coulée qui la contient. Mais plus proche de notre dénuement. Je crois à cette parole d'ombre. Elle n'est pas jeu de lumière ou de solitude mais ce que nous pouvons comprendre d'un dialogue qui se fait, qui se défait en nous. A chaque instant. Car nous ne pouvons comprendre que l'ombre. La brisure de l'éclat. ... [Lire la suite]

vendredi 24 novembre 2017

L'OUVERTURE DU MIROIR ET AUTRES...Extrait

Le désespoir même s’est lassé désormais de rejouer la partie que je perds toujours où il m’attend sans surprise embusqué au bord du chemin pour m’offrir un moment sa compagnie glacée et s’éloigne laissant entre nous la distance de son ombre qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide dans l’abîme des rêves sans lumière que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube tremblant au fond du chemin.   .   DELPHINE POPOVIC   .   Photographie Bernard Liégeois
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samedi 14 octobre 2017

BRANCHES BASSES

 Instant qui veut durer mais sans savoir Tirer éternité des branches basses Qui protègent la table où clairs et ombres Jouent, sur ma page blanche de ce matin.   Autour de ces deux arbres d’abord l’herbe, Puis la maison, puis le temps, puis demain Pour ouvrir à l’oubli, qui déjà dissipe Ces fruits d’hier tombés près de la table.   Là-bas est loin. Toutefois, c’est surtout Ici et maintenant qui sont inaccessibles, Plus simple est de rentrer dans l’avenir   Avec, pour tout à l’heure, quelque peu De ce... [Lire la suite]
mercredi 11 octobre 2017

PERMIS DE SEJOUR...Extrait

IL est devant la porte ou devant la fenêtre. Mais l'a-t-on reconnu ? Il est venu peut-être Pour entendre nos voix et regarder nos yeux. Ces routes de la nuit mènent vers ses grands yeux. Il voudrait nous parler aussi; mais nulle larme Ne lui est de secours. La mer brûle ses armes Et ses navires, ses aurores, ses couchants. Nous sommes là plusieurs à écouter son chant Et son souffle pareil aux orages de sable. Et tout devient plus beau. Nul contour haïssable, Nulle faim, nulle soif, pour tenir son amour. D'où revient-il ? Du Nord ?... [Lire la suite]
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vendredi 4 août 2017

DANS L"INACCESSIBLE PRESENCE...Extraits

Nuit trop lucide La vie bat sous l’écorce des heures Elle bat simple à fleur de temps et s’use lentement s’éloigne à pas de neige La mémoire est une chemise froissée longtemps portée et qui encore le sera jusqu’à la déchirure Mais voilà la nuit qui s’écarte un peu pour nous laisser passer nous laisser retrouver la première étoile du jour et le chemin de l’aube Quand la rumeur du monde nous rejoint nous regardons monter la flamme du soleil et nous étonnons d’être encore   ...   Tous ces mots la plupart inutiles ... [Lire la suite]
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lundi 10 juillet 2017

INDECISO

Nousvoyageursà l'amble imprévisiblenous nageursluttant contre l'ombred'un ciel absentnous errantsdans l'éloignementn'avons que nos chimèrespour nous haler...Une flammeaussitôt cendreet ces mains toujours lassesd'un corps embrasé.On craignait l'arythmiede cet autrequi incendiait nos mots.Sur la morsurede longs échos reviennentdéformésgrimaçantsOn craignait son regardd'écorchéson ignitionet sa bouchedans l'impostured'un sourire crissant.Le rêve closnous laisse nusle coeur naufragé.   .   AGNES SCHNELL  Mezza Voce,... [Lire la suite]

samedi 8 juillet 2017

ALBERT AYGUESPARSE...Extrait

La lumière de midi fait éclater les fronts.Elle peint de résine les masques insensésQue les puissants ont pris pour traverser la villeOù les bûchers croulants grillent le ciel géant.Elle bouge avec l’ombre décapitée des mursEt recouvre de chaux les cris des premiers morts.Ses doigts d’encre ont tracé les couloirs de la peur,Ne me demande pas ce que font ces fantômes.Ils arrachent le coeur des colombes blesséesEt vendent des colliers d’amulettes sonoresPour conjurer la foudre et sauver les damnés,Mais l’enfer n’entend pas ce doux bruit... [Lire la suite]
mardi 27 juin 2017

LUIS CERNUDA...Extrait

J'étais étendu et j'avais dans mes bras un corps comme de la soie. Je lui baisai les lèvres, car le fleuve passait au-dessous. Alors il se moqua de mon amour. Ses épaules semblaient deux ailes repliées. Je lui baisai les épaules, car l'eau bruissait au-dessous de nous. Alors il pleura en sentant la brûlure de mes lèvres. C'était un corps si merveilleux qu'il s'évanouit entre mes bras. Je baisai sa trace: mes larmes l'effacèrent. Comme l'eau continuait à couler, j'y laissai tomber un poignard, une aile et une ombre.   .   ... [Lire la suite]
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lundi 12 juin 2017

LE TEXTE NATAL

Ne désespère pas d’enfin trouver la métaphore de ce qui apparaît sans naître et n’ose vraiment apparaître : vie de plume, vie de vent, vie soufflée, vie rêvée, en filigrane ou murmurée et quand la séquence s’efface dans les brumes d’et caetera, fatigué de ces tropes qui le tirent vers le Sensible, retourne vers son lieu, texte flou, texte trouble, son texte d’origine, traduit de ce qui pourrait être une langue ou un idiolecte d’un âge présymbolique, linéaire B d’une enfance qui cherche vainement son sens dans les yeux éteints d’un... [Lire la suite]
lundi 12 juin 2017

CHANTS NOUVEAUX

Le soir a dit : Je suis altéré d’ombre ! La lune a dit : Moi, d’étoiles brillantes. La source cristalline veut des lèvres Et des soupirs le vent. Mais moi, j’ai soif de parfums et de rires, J’ai soif de chants nouveaux Sans lunes et sans lys Et sans amours défuntes, Soif d’un chant matinal qui troublerait Les eaux dormantes De l’avenir, emplissant d’espérance Leurs ondes et leurs fanges. Il serait lumineux et pacifié, Plein de riches pensées, Virginal dans sa mélancolie, Son angoisse et ses rêves. Exempt de pesanteur, il... [Lire la suite]