mercredi 20 septembre 2017

REFLETS

Et le théâtre d’ombres, qu’en penses-tu,Juste les silhouettes agrandies de lumière portée,Le noir pour la nuit et le blanc du drapOù tu caches ta peur quand tu ne dors pasLe Montreur que l’on ne montre pasLes fils disparus, dissimulés le long des ondes,Ton téléphone intelligent sonnant le rappel,Quand tu cours, un chien dressé, ventre à terre, etFais tes contes,Ceux du héros Don Quichotte en compas sur sa selle et sa lanceVierge d’ailes, les moulins immobiles sur leurs farines,Le guerrier romain, le navire qui vient du... [Lire la suite]

mardi 15 août 2017

LES PLANCHES COURBES...Extrait

Passant, ce sont des mots. Mais plutôt que lire Je veux que tu écoutes : cette frêle Voix comme en ont les lettres que l'herbe mange. Prête l'oreille, entends d'abord l'heureuse abeille Butiner dans nos noms presque effacés. Elle erre de l'un à l'autre des deux feuillages, Portant le bruit des rayures réelles À celles qui ajourent l'or invisible. Puis sache un bruit plus faible encore, et que ce soit Le murmure sans fin de toutes nos ombres. Il monte, celui-ci, de sous les pierres Pour ne faire qu'une chaleur avec... [Lire la suite]
jeudi 3 août 2017

PERSONNE NE ME CONSOLE PLUS

 Personne ne me console plus, ma mère. Ton cri n’arrive pas jusqu’à moi même en songe. Il n’arrive pas une plume de ton nid sur cette rive.   Les soirs bleus, est-ce toi qui attends les mulets à la porte, les mains cachées dans les plis de ta robe ? Lis-tu dans le feu les combats qui dispersent tes fils aux abords des villes ?   Un abîme entre nous, un flot nous sépare qui coule entre les digues d’où s’élève de la fumée. Ces étoiles sont-elles tiennes ? Ce vent, celui de la terre ? Est-il notre... [Lire la suite]
lundi 24 juillet 2017

PIERRE REVERDY...Extrait

Toute la distance de vous à moi— de la vie qui tressaille à la surface de la main au sourire mortel de l'amour sur sa fin — chancelle, déchirée. La distance parcourue d'une seule traite sans arrêt, dans les jours sans clarté et les nuits sommeil. Et, ce soir, je voudrais, d'un effort surhumain, secouer toute cette épaisseur de rouille—cette rouille affamée qui déforme mon cœur et me ronge les mains. Pourquoi rester si longtemps enseveli sous les décombres des jours et de la nuit, la poussière des ombres. Et pourquoi tant d'amour et... [Lire la suite]
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dimanche 21 mai 2017

ENFIN, LENTEMENT...

Il faut sortir des ombresde l'épaisseur des nuitsdans l'indifférencedes rêves trop étroitsil nous faut sortir du sombre.Pénétrer dans le jourexister simplementdans la trace du gestedans la ligne posée. L'aube tarde.Du bronze de la nuitle vert émergel'espace soudain élargicrée un besoin effrénéd'étreindre.  La branche taciturnel'en allée de l'eauparesseuse et lenterien ne retient celui qui chercheune floraison tardive.Rien    sinon une femmela premièresur une toilefixée. Une femmenourrie de couleurset... [Lire la suite]
samedi 15 avril 2017

L'ÂME INSURGEE...Extrait

« Le poète, je vous l’ai dit, n’a pas la vie facile dans ce monde et ses besoins, pour exister, n’ont rien d’épisodique ou de professionnel. Il est voué à l’essentiel. Donc à la pauvreté matérielle. Une existence entière à préserver dans tous ses lieux, ouverte à ses passions, conquérant son intégrité. L’ampleur indispensable de l’espace et du temps, la solitude, le silence et la continuité. Les questions à poser vraiment ; la réponse à attendre de tout. Un travail où l’on entre une fois pour toutes pour ne plus le... [Lire la suite]

jeudi 30 mars 2017

GALETS...Extrait

...   Peuple d’ombres, mes amis, vous dont les lèvres ne sont plus que des pétales réduits en cendres puis dispersés comme poussière et confondus avec l’humide et froide terre de silence qui vous enserre sous les fleurs et fait de vous quelle pâture stérile et vaine, destinée aux racines ivres de terreau ! Peuple d’ombres, mes amis, vous, les trop aimés des dieux et qu’ils nous ont ravis tandis que vos bras s’unissaient aux nôtres pour ceindre d’amples couronnes le front des Sœurs mélodieuses, ah ! ne... [Lire la suite]
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dimanche 25 décembre 2016

SANS TITRE

On a replié sa vie comme une carte lue à l’envers. On a replié sa vie comme un livre où se terrent les dérapages et les boues. On est telle une vieille horloge obstinée dans le recul taiseuse depuis trop longtemps. On repousse le sommeil on se cogne à l’ombre aux premiers soupirs de la mémoire. Certains guettent le soleil ou la place d’un feu. Quelles bouches diront ton nom ? Quelles bouches diront tes gestes dans l’imprudence et tes méandres inversés par distraction ? Quelles bouches oseront parler du fleuve qui courait en... [Lire la suite]
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dimanche 4 décembre 2016

VENDANGES

Offrir ce que nous fûmes Et ce que nous serons Aux villes de demain Aux vendanges d’hier Et de nos soifs encore Réinventer la mer Qui rabat en riant Son chaperon d’écume Offrir ce que nous fûmes Et étreindre l’instant Et étreindre l’instant Comme on étreint la dune Là-bas sur l’avenue Tout s’agite et se tend La frêle ritournelle De nos cœurs en partance Assaille ça et là Les moyeux du silence Voici l’aube venue Sur les gradins du temps Voici les berges folles Ombrellées d’insouciance Et sur le fleuve en marche Les faisceaux de faïence... [Lire la suite]
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mercredi 21 septembre 2016

LE SEUIL ET LA DEMEURE...Extrait

Bâtir une maison dans le silencepour que soit très secretl'enfantement du poèmeMais que soit toute porte permiseA la délégation des oiseaux ... Dévêtir l’arbre des écorcesqui travestissent son été.Fouiller de lumière profondeLe mur aveugle du visage.Interroger haute paroleSous l’épaisseur terreuse d’habitude.Toucher au bout de l’aventureL’ange durable sous les ombres. . CARLO MASONI .