dimanche 18 septembre 2016

PROSES ANDALOUSES...Extrait

... Je te porte en moi, Grenade, ma blessure. Je t’investis de mémoire et de songe Quand luit, sous le feuillage des paupières, Ta lente parabole. Je te confère une évidence de pierre Dans la profuse exaltation des myrtes, Et tes créneaux lacèrent une légende Où vont rêvant d’indicibles sultanes Je te porte en moi, ma blessure, Grenade Couronné d’ombre et de fontaines, J’écoute Dieu s’épandre Dans l’or obscur des arabesques Tandis qu’un pas envoûte l’Albaïcin Entre des fronts de neige dure Et monte aux grottes où... [Lire la suite]

dimanche 31 juillet 2016

LE TRES BAS...Extrait

« Écoutons les bruits du monde à la fenêtre. Le bruit de l’or, le bruit de l’épée, le bruit des prières. Ceux qui comptent leurs sous derrière un rideau lourd. Ceux qui cuvent leur vin au fond de leur château. Ceux qui marmonnent sous la dentelle des anges. Le marchand, le guerrier et le prêtre. Ces trois-là se partagent le treizième siècle. Et puis il y a une autre classe. Elle est dans l’ombre, trop retirée en elle-même pour qu’aucune lumière puisse jamais l’y chercher. Elle est comme la matière première des trois autres. Les... [Lire la suite]
dimanche 31 juillet 2016

JOEL GRENIER...Extrait

Du jardin des secrets, les portes s'ouvrent sans faire de bruit, comme un aveu qui perce les murs du silence.Sans doute était-il temps de partager la lumière, la confidence des ombres pour ouvrir les allées aux fleurs.C'est un murmure du ciel qui lézarde au soleil, une envie de lierre qui rampe jusqu'aux demains où les feuilles vierges se lisent pour le plaisir de se vriller aux cœurs.Entrez, les herbes folles ! Il n'y a plus d'hellébore pour vous soigner ! Il n'est plus que la rose de noël pour entendre l'appel des petites boules... [Lire la suite]
mercredi 27 juillet 2016

TEMPS DE L'ARBRE

Ce n’était pas l’arbre. Mais la brise, oui, et l’oiseau et la prière de l’oiseau; et la doctrine du fruit, le rituel des papillons jaunes. Ce n’était pas l’arbre. Mais le campanile, oui, des corolles et la terre pour la descente des fleurs et la racine des pluies et la broderie des ombres et le  bras vert dans la bruine. Ce n’était pas l’arbre. Mais le nuage, oui, et le vent et la voix, le corps et l’âme du vent et les membres pour la soif de l’eau et les entrailles pour le désir de soleil et le chemin aux ailes... [Lire la suite]
mardi 7 juin 2016

SINGULIER, JE LE SUIS PAR DEFAILLANCE

La terre est fourbue de catastrophes, de famines, de guerres, de dominations très injustes, de mœurs sanguinaires, de répressions injustifiées, d’atrocités sans noms, et de quelques autres acraties belliqueuses.      Des moments de grandes lassitudes augmentent ma générosité à l’égard du vide. Des moments où je caresse l’idée affreuse de l’anonymat de mes propres souffles. Des tempos où tout n’est pas rose et où la joie a du souci à se faire.      Tout est surfait dans ce monde en panique.... [Lire la suite]
samedi 19 décembre 2015

SUR LE SEUIL INVISIBLE...Extrait

Dans la vie, dans le mystère limpidetu peux avanceret même au pays des ombrestu peux avancerou retrouver la mélodiebrisée            du vivant.Cela parle au fond de toicomme une source, cela chante.Il faut écouter.Il ne faut pas forcer l'écouteCela écoute aussi.Le poème du vivant.Eclat de lumière.Souffle de voix.Il vibre au diapason de... [Lire la suite]
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dimanche 27 septembre 2015

REFLUX

Quand le sourire éclatant des façades déchire le décor fragile du matin ; quand l'horizon est encore plein du sommeil qui s'attarde, les rêves murmurant dans les ruisseaux des haies ; quand la nuit rassemble ses haillons pendus aux basses branches, je sors, je me prépare, je suis plus pâle et plus tremblant que cette page où aucun mot du sort n'était encore inscrit. Toute la distance de vous à moi - de la vie qui tressaille à la surface de la main au sourire mortel de l'amour sur sa fin - chancelle, déchirée. La... [Lire la suite]
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samedi 19 septembre 2015

BELLES SAISONS OBSCURES

Nous n'oublions rien des moissons lourdes Des plaines brûlées du long désir Noué aux vignes des sarments rouges De la chair des pollens de lumière Autour des épaules des visages Tendus vers une crête invisible Nous sommes la mémoire du vent Qui s'épuise au chevet de l'hiver Quand vous ne songez plus qu'au silence Où disparaissent même les noms Des plus aimés de leurs plus beaux songes Même cette paume sur la nuque A la croisée des routes les peurs Et leurs aveux débordant les ombres.   .   GERARD BOCHOLIER ... [Lire la suite]
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jeudi 9 mai 2013

L'ELOIGNEMENT DU MONDE...Extrait

Aujourd’hui mon amour je suis trop fatigué pour t’écrire. Tu trouveras dans ton cœur une lettre de plusieurs pages, remplie de silence. Lis-la lentement. La lumière de ce jour l’a écrite en mon nom. Il n’y est question que de toi et de ce repos qui me vient chaque fois que je tourne mon visage vers ton visage, là-bas, à plusieurs centaines de kilomètres. Il faudrait accomplir toutes choses et même les plus ordinaires, surtout les plus ordinaires – ouvrir une porte, écrire une lettre, tendre une main – avec le plus grand soin et... [Lire la suite]
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vendredi 3 mai 2013

1er MAI

Au pique-nique du diable, pour voler plus haut, les corbeaux s’habillent chouettes. Au festin des vautours, les grands becs volent à la tire et repartent, notre avenir sous le bras. Le chacal et le cobra s’accusent, mais chacun chez soi ! La soie pour les uns et la dèche pour les autres. Dans sa toile, Marine tricote au point de croix. Au tire, tire, sur le fil c’est l’avenir qui se défile. Un point à l’endroit, un point à l’envers et tous en enfer. Les grands argentiers font école, ils distribuent les A+ les A-, les bons points... [Lire la suite]
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