dimanche 2 décembre 2018

LES SEPT SOLITUDES....Extrait

  L’année était du temps des souvenirs, Le mois était de la lune des roses, Les cœurs étaient de ceux qu’un rien console. Près de la mer, des chants doux à mourir, Dans le crépuscule aux paupières closes ; Et puis, que sais-je ? Tambourins, paroles. Cris de danse qui ne devaient finir, Touchant désir adolescent qui n’ose Et meurt en finale de barcarolle. — T’en souvient-il, souvient-il, Souvenir ? Au mois vague de la lune des roses. Mais rien n’est resté de ce qui console. Est-ce... [Lire la suite]

dimanche 26 février 2017

LES SEPT SOLITUDES...KAROMAMA

Mes pensées sont à toi, reine Karomama du très vieux temps, Enfant dolente aux jambes trop longues, aux mains si faibles Karomama, fille de Thèbes, Qui buvais du blé rouge et mangeais du blé blanc Comme les justes, dans le soir des tamaris. Petite reine Karomama du temps jadis. Mes pensées sont à toi, reine Karomama Dont le nom oublié chante comme un chœur de plaintes Dans le demi-rire et le demi-sanglot de ma voix; Car il est ridicule et triste d’aimer la reine Karomama Qui vécut environnée d’étranges figures peintes Dans un palais... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

INSOMNIE

Je dis : ma Mère. Et c’est à vous que je pense, ô Maison ! Maison des beaux étés obscurs de mon enfance, à vous Qui n’avez jamais grondé ma mélancolie, à vous Qui saviez si bien me cacher aux regards cruels, ô Complice, douce complice ! Que n’ai-je rencontré Jadis, en ma jeune saison murmurante, une fille À l’âme étrange, ombragée et fraîche comme la vôtre, Aux yeux transparents, amoureux de lointains de cristal, Beaux, consolants à voir dans le demi-jour de l’été ! Ah ! j’ai respiré bien des âmes, mais nulle... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

SYMPHONIE INACHEVEE....Extrait

C’était il y a très longtemps – écoute, amer amour de l’autre monde — C’était très loin, très loin – écoute bien, ma sœur d’ici — Dans le Septentrion natal où des grands nymphéas des lacs Monte une odeur des premiers temps, une vapeur de pommeraies de légende englouties.   Loin de nos archipels de ruines, de lianes, de harpes, Loin de nos montagnes heureuses. — Il y avait la lampe et un bruit de haches dans la brume, Je me souviens,   Et j’étais seul dans la maison que tu n’as pas connue, La maison de l’enfance,... [Lire la suite]
lundi 25 mai 2015

NIHUMIM...Extrait

.... Quarante ans. Je connais peu ma vie. Je ne l’ai jamais vue S’éclairer dans les yeux d’un enfant né de moi. Pourtant j’ai pénétré le secret de mon corps. Ô mon corps ! Toute la joie, toute l’angoisse des bêtes de la solitude Est en toi, esprit de la terre, ô frère du rocher et de l’ortie. Comme les blés et les nuages dans le vent, Comme la pluie et les abeilles dans la lumière, Quarante ans, quarante ans, mon corps, tu as nourri De ton être secret le feu divin du Mouvement: Tu ne passeras pas avant le mouvement de l’univers. Que... [Lire la suite]
dimanche 24 mai 2015

CANTIQUE DE LA CONNAISSANCE

L’enseignement de l’heure ensoleillée des nuits du Divin. À ceux, qui, ayant demandé, ont reçu et savent déjà. À ceux que la prière a conduits à la méditation sur l’origine du langage. Les autres, les voleurs de douleur et de joie, de science et d’amour, n’entendront rien à ces choses. Pour les entendre, il est nécessaire de connaître les objets désignés par certains mots essentiels Tels que pain, sel, sang, soleil, terre, eau, lumière, ténèbres, ainsi que par tous les noms de métaux. Car ces noms ne sont ni les frères, ni les fils,... [Lire la suite]
vendredi 8 juin 2012

SAUL DE TARSE

O Enfance ! ô maison penchée de la solitude ! O saison de la guêpe prodigue ! La vierge folle de l'été Chante dans la chaleur. Nous suivrons les troupeaux aux lieux abandonnés : Là‑bas, dans l'ombre du nuage, au pied de la tour, Le romarin conseille de dormir ; et rien n'est beau Comme l'enfant de la brebis couleur de jour. Un grave et pur nuage est venu d'un royaume obscur, Un silence d'enfance est tombé sur l'or de midi. L'ortie ensommeillée courbe la tête Sous sa belle couronne de reine de Judée. Le temps est venu, pour... [Lire la suite]
mercredi 10 décembre 2008

LE CANTIQUE DU PRINTEMPS

"un silence d'amour est tombé sur l'or de midi L'ortie ensommeillée courbe sa tête mûre ......Déjà, déjà le blé Lève en silence, comme dans les songes des dormeurs.......Nous te cacherons aux soucisIl y a une belle chambre secrèteDans notre maison de repos :Là, les ombres vertes entrent par la fenêtre ouvertesur un jardin de charme, de solitude et d 'eau.Il écoute, il s'arrête...Que le monde est beau, bien-aimée, que le monde est beau !" . OSCAR VLADISLAS DE LUBICZ MILOSZ .