samedi 18 août 2018

TA JOYEUSE TENDRESSE

Ta joyeuse tendresse M’a troublé et surpris. À quoi bon les discours, Leur tristesse, Quand les yeux comme des bougies Brûlent en plein jour ?   Au beau milieu du jour … Et une larme reste – Souvenir de la rencontre – Suspendue au loin; Et les épaules qui tombent Sont relevés par la tendresse.   .     OSSIP MANDELSTAM     .   Oeuvre Goxwa Borg

mercredi 29 juin 2016

ARMENIE, VOYAGE EN ARMENIE & POEMES...Extrait

.... Emmaillote ta main dans un foulard Et sans craindre les épines de celluloïd Dans le diadème des roses sauvages Plonge-le jusqu’au craquement sec. Point de ciseaux pour l’églantine ! Prends garde cependant, un rien la défeuille – Copeaux de rose – mousseline – pétales de Salomon, Sauvageonne impropre au sorbet, sans essence, sans parfum ...   Azur et argile, argile et azur, Que te faut-il de plus ? Pareil au shah myope Qui scrute sa bague turquoise, plisse plutôt les yeux Pour mieux voir le livre des argiles... [Lire la suite]
vendredi 31 janvier 2014

LE COQUILLAGE

Peut-être te suis-je inutile,Nuit; de l’abîme universelJe suis sur ta rive jetéComme un coquillage sans perleTa vague indifférente bat,Et tu chantes, inconciliable;Mais tu aimeras, tu apprécierasLe mensonge de l’inutile coquillage.Tu vas revêtir ta chasuble,T’étendre sur le sable auprès de lui,Y nouer avec des liens indissolublesLa cloche énorme des roulis.Et les parois du frêle coquillage,Tu vas les emplir d’un murmure d’écume,Comme la maison d’un coeur inhabité,Et de vent, et de pluie, et de brume. .   OSSIP MANDELSTAM ... [Lire la suite]
mercredi 29 février 2012

LENINGRAD...Extrait

Pour les siècles futurs et pour leur gloire altière, Pour l'altière tribu des hommes, J'ai dû renoncer  ma coupe au festin de mes pères.  A ma joie et  mon honneur.   Sur mes épaules le siècle loup-garou s'élance, Mais je ne suis pas un loup par le sang de mes veines. Enfouis-moi plutôt comme une toque dans la manche De la brûlante pelisse des steppes sibériennes.   Que je ne voie ni le poltron, ni la fange malléable, Ni sur la roue les os ensanglantés, Mais que toute la nuit brillent les renards... [Lire la suite]
vendredi 17 février 2012

MANDELSTAM

Sur la terre vide clochant malgré elle D’une démarche irrégulière et douce, Elle va, devançant un petit peu Sa rapide compagne et l’ami plus âgé à peine. Ce qui l’entraîne est la légère entrave De cette infirmité qui vivifie, Et l’on dirait que voudrait s’attarder Dans sa démarche le soupçon lucide Que cette journée de temps printanier Nous est l’aïeule de la voûte du tombeau Et que tout commence éternellement.   Il est des femmes proches de la terre humide, Et chacun de leur pas est un sanglot sourd. Leur... [Lire la suite]
vendredi 17 février 2012

CAHIER DE VORONEJ...Extrait

(...) «En me privant des mers, de l’élan, de l’envol, Pour donner à mon pied l’appui forcé du sol, Quel brillant résultat avez-vous obtenu, Vous ne m’avez pas pris ces lèvres qui remuent.» (...) "En me persécutant, Monde, que retires-tu ? Où est l’offense puisque j’essaie seulement   De mettre des beautés dans mon intelligence      Plutôt que mon intelligence dans les beautés. " (...) .
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vendredi 17 février 2012

EPIGRAMME SUR STALINE...

“Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds A dix pas personne ne discerne nos paroles.                            On entend seulement le montagnard du Kremlin,     Le bourreau et l’assassin de moujiks.    Ses doigts sont gras comme des vers,  Des mots de plomb tombent de ses lèvres. Sa moustache de cafard nargue, Et la peau de ses bottes luit. Autour, une... [Lire la suite]
lundi 18 juillet 2011

LA PIERRE

(...) Un corps me fut donné – pour quelles fins ? - Ce corps qui est un seul, tellement mien   Ce bonheur serein, vivre et respirer, Qui, dites-moi, dois-je en remercier ?   Je suis le jardinier, la fleur aussi, Au cachot du monde point seul ne suis   Mon souffle, ma chaleur ont embué Déjà la vitre de l’éternité .Si du dessin s’y incrustent les traits, L’instant d’après nul ne les reconnaît .Que de l’instant s’écoule la buée ! La chère esquisse n’en sera brouillée . OSSIP MANDELSTAM .  
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mardi 15 février 2011

MANDELSTAM

Schubert sur l’eau, Mozart avec l’oiseau s’égosillant, Et Goethe sifflant sur le sinueux sentier, Hamlet, ses pas craintifs tenant lieu de pensée, Avaient pris le pouls de la foule, à la foule s’étaient confiés — Qui sait — avant les lèvres le murmure a pris naissance, Les feuilles tournoyaient dans l’absente forêt, Et ceux à qui nous dédions l’expérience Avant l’expérience avaient acquis leurs traits. .. . OSSIP MANDELSTAM . . .  
samedi 27 février 2010

TRISTIA ET AUTRES POEMES...Extrait

Peut-être te suis-je inutile,Nuit ; de l'abîme universelJe suis sur ta rive jetéComme un coquillage sans perle. Ta vague indifférente bat,Et tu chantes, inconciliable ;Mais tu aimeras, tu apprécierasLe mensonge de l'inutile coquillage..Tu vas revêtir ta chasuble,t'étendre sur la sable auprès de lui,Y nouer avec des liens indissolublesLa cloche énorme des roulis.Et les parois du frêle coquillage,Tu vas les emplir d'un murmure d'écume,Comme la maison d'un cœur inhabité,Et de vent, et de pluie, et de brume..OSSIP  MANDELSTAM .