samedi 12 août 2017

PIERRE-ALBERT JOURDAN...Extrait

Ne cherche pas, oublie tout ce fatras. Approche-toi seulement de cette touffe de thym. Il y a tant à oublier. La démesure de l’action, la plaie de l’action. Réduis tes gestes. Reste là, proche de ce balancement des herbes à hauteur de ton visage. Enfonce-toi. Accède à ce seul rythme. ...   .     PIERRE-ALBERT JOURDAN     .          

jeudi 13 juillet 2017

NOTES SUR LA MELODIE DES CHOSES...Extrait

L'un entend plus, l'autre moins, de la puissante mélodie de l'arrière-fond. Beaucoup ne l'entendent plus du tout. Eux sont comme des arbres qui ont oublié leurs racines. Beaucoup n'ont pas le temps de l'écouter. Ce sont des pauvres sans patrie, Qui ont perdu le sens de l'existence. Ils tapent sur les touches des jours Et jouent toujours la même monotone note diminuée. Il faut avoir démêlé la ligne vivante qui porte les autres. Il faut avoir oublié le beaucoup pour l'amour de l'important. Une fois qu'on a découvert la mélodie de... [Lire la suite]
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vendredi 16 juin 2017

JE COURS LES MAINS VIDES

J’ai l’intention de toucher à la larme des fleurs, à l’épaisseur du moindre souffle empoté comme une confiture de muguet. Certains creusent, d’autres amassent la terre du trou. La terre, notre terre est à chacun. Je glisse sur le dos du monde et mon corps avance tout seul. L’enfance que je n’ai pas eue se cache dans le foulard de son anniversaire. Je tiens la vie comme une culbute, comme une dégringolade du vertige que le chaos embrassait. Je porte en moi l’immense récipient de la foudre et des feuilles mouillées. Dans le parfum du... [Lire la suite]
jeudi 8 juin 2017

J'OUBLIE

J'oublie Gaza la Tchétchénie Guantanamo. J'oublie les écoles incendiées et les enfants brûlés vifs les parents aux yeux éteints - d'où toute lumière a soudain disparu. J'oublie les enfants bourrés de résidus chimiques ceux qui à chaque instant frappent à la frontière d'une vie inconnue. Mais personne ne leur ouvre. J'oublie le fanatisme des matches de football l'éternelle bousculade les braillements des spectateurs qui veulent leur mamelle. J'oublie ceux qui luttent pour davantage de vacances davantage de temps sans les... [Lire la suite]
mercredi 5 avril 2017

ALBERT AYGUESPARSE...Extrait

Rien ne grandit ici qui n’ait le poids de l’ombre.La nuit même se cueille avec des gants de suieEt son bouquet se fane entre les mains des pluiesEt l’on dit que son cœur est plein de graines sombres.Le monde surprenant des bêtes endormiesGlisse dans les chemins et laisse un long remousDe sueur et de lait à la robe des loups.Les pieds dans les cailloux, je t'attends, mon amie.Car sans toi ma journée est perdue et s’en va,Comme tant de journées, se mêler à l’oubli,Si tu lèves le bras, les murailles d’ortiesN’arrêtent plus le sang de... [Lire la suite]
vendredi 10 mars 2017

LA NUIT A LA DERIVE ...Extrait

« Moi, Olga Orozco, du fond de ton cœur je déclare à tous que je meurs.J'aimais la solitude, l'héroïque durée de toute foi, l'oisiveté dans laquelle grandissent d'étranges animaux, des plantes fabuleuses, l'ombre d'une grande époque fluant au milieu des mystères, des hallucinations, et aussi le petit tremblement des bougies à la nuit tombante.Mon histoire est là dans mes mains et dans les mains de ceux qui l'ont tatouée.De mon séjour il reste les magies, les rites, quelques dates usées par le souffle d'un amour inhumain, l'épaisse et... [Lire la suite]

vendredi 10 mars 2017

RAG-TIME...Extrait

On ne refera plus les sapins aussi vertsma sœurNi les cieux aussi cieux, ni les aubes si frêlesni les goudrons fondants des routes de l'éténi les canons de bronze aux jambes des enfants sur la grand-place,à l'ombre insigne des vieux mortsd'autres guerresMa foion ne refera plus la gaieté d'autrefoisma sœurje n'y crois guèrePas plus qu'aux longs comas de nos douillets hiversmon cœurni aux calmes maisons avec leurs demoisellesroses pour vous servir une tasse de théles seins jeunes dessous des corsages bouffantsDe tout cela qui a étéma... [Lire la suite]
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vendredi 17 février 2017

RAPJAZZ...Extrait

Mots et rêves sont mes repères. Mon journal n'a pas de dates. En rapjazz je dis ma ville. Que pourrais-je écrire que l'on ne sache déjà ? Que devrais-je dire que l'on n'ait déjà entendu ? J'écoute ma voix baroque dans le miroir enflé de litanies sauvages. Batteur battant aux appels de ma ville rapeur frappeur à l'ivresse de mes tripes je délire et je tangue au fracas de ma langue à mes roues cycloneuses je dérape aux zigzags de mes mots à dentelles d'ouragan mes paysages écrabouillés au tournoiement du vent coïncidence et... [Lire la suite]
mercredi 15 février 2017

LE LIVRE OUBLIE

Des souris des morts je te sauve ô livre innocent qu’a laissé le fugitif fantôme d’un peuple passager fatigué de ses songes Avec toi tes lettres bouclées ont côtoyé la vérité du pain ont coulé même dans l’haleine lente du cèdre sont devenues passions saveurs de mondes musique dans le registre figé des deuils la théorie des morgues où les morts attendaient leur nom sont devenues silence pour ceux qui apprenaient la cruelle leçon du deuil devant la mère diaphane deviendront procédures d’aurore pour alléger le monde On t’avait oublié... [Lire la suite]
lundi 6 février 2017

DERNIER POEME

 À l’âge de Guérin (14), à l’âge de Deubel (15),un peu plus vieux que toi, Rimbaud (16)anté-néant,parce que cette vie est pour nous trop rebelleet parce que l’abeille a tari tout pollen ; ne plus rien disputer et ne plus rien attendre,et couché sur le sable ou la pierre, sous l’herbe,fixer un regard tendresur tout ce qui deviendra quelque jour des gerbes. Fixer un regard tendre ! Tendresse de l’absence,dans le Néant, Néant auquel je ne crois guère !Mais est-il plus pure présenceque d’être à toi rendu, ô Mère douce, ô... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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