mardi 26 mai 2020

TU COURS

J’ai épousseté les perles du rire trois larmes bleues dans le cristal des mers tu cours carnassière des aubes rouges dégaine tes dents d’ocre bleue je sais l’odeur du miel mon amour et l’aube futile qui t’emporte dans sa course l’accident du rire et le cri qui meurt et la joie qui part toi tu cours d’un horizon de bleu au sable émietté du futur tes larmes le vent l’oubli par trois fois, le chagrin m’a tué.     .     JEAN-MICHEL SANANESchevalfou.over-blog.net/     .
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vendredi 13 mars 2020

ON NE VOIT PAS LE TEMPS PASSER

On se marie tôt à vingt ans Et l'on n'attend pas des annéesPour faire trois ou quatre enfantsQui vous occupent vos journéesEntre les courses la vaisselle Entre ménage et déjeunerLe monde peut battre de l'aileOn n'a pas le temps d'y penserFaut-il pleurer, faut-il en rireFait-elle envie ou bien pitiéJe n'ai pas le cœur à le direOn ne voit pas le temps passerUne odeur de café qui fumeEt voilà tout son universLes enfants jouent, le mari fumeLes jours s'écoulent à l'enversA peine voit-on ses enfants naîtreQu'il faut déjà les embrasserEt... [Lire la suite]
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mardi 18 février 2020

UN CHANT AUX PAS D'OISEAU

  Faut-il se dépouiller jusqu'à ce rien, cette racine nue,Ce trait de l'aube où le soleil se lève ?Mais ce sera de nuit,Les eaux du fleuve n'auront pas fini de nous dérouterQuand, soudain, quelques mots, à peine un souffle :Nous nous reconnaîtrons de ce paysDont le nom est hissé au faîte du silence. L'instant d'avant, tout était noir : l'ombre, l'oubli ;Mais déjà se dessinaient de grands signes inconnus dans les paumes de l'attente ;Le poème faisait provision de nocturnes lueurs, de bruissements d'ailes,D'instants fragiles... [Lire la suite]
lundi 23 décembre 2019

COMIQUE

  Je me ridiculiserai clown désenchanté meFaisant botter sur la sciure du cirque le cul parDe pâles poupées de celluloïd figéQui crient quand on les couche, juste après Mon Dieu et Maman :« Je veux être girly ! », comme si tu les en empêchais,Des femmes à la joie de plastique aux bonheursD’ors de foire pour qui tu tires les bouchonsAu stand des carabines où l’on a faussé la mireHistoire d’exhiber la peau de l’ours et ta peau,Ta gueule ouverte ne mordant plus que la poussièreFemmes de peu, filles de rien,Babillant, balbutieuses,... [Lire la suite]
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vendredi 1 novembre 2019

ANNA MARIA CARULINA CELLI

J'ai oublié la cruche d'eau claireJ'ai oublié la tranche de pain lourdLes noix et les châtaignesAu bord de la fenêtreJ'ai même oublié les prièresEt ce matin il pleutNoyés sous la brumeLes oiseaux n'ont pas chantéPour apaiser mon réveilJ'ai oublié de nourrir mes mortsVergogne à moi !J'irai frotter mes pieds nus sur les rochesJ'irai verser mon sang sur les autels de pierreJ'irai mendier la pitié de l'aigle silencieuxJe frôlerai la lisière des ravinsDe grâce, que la mort ne m'attrape pas!J'étais rentrée de la merLes doigts pleins de... [Lire la suite]
lundi 28 octobre 2019

BRUNO RUIZ...Extrait

Nous aurons essayé. Beaucoup trop douté de nos actes. Nous n’aurons pas toujours su choisir pour ne blesser personne. Peut-être aurions-nous pu, peut-être aurait-il fallu. Mais ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui notre route est là, faites de tout ce que nous fûmes. Qui peut en être juge sans être sûr de ne pas se tromper ? Et si nous n’étions que cette somme vacillante d’invisibles ferveurs, d’obscures capitulations, d’improbables résultats ? Et si nous n’étions même pas une somme mais la soustraction lente d’un infini qui nous... [Lire la suite]
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vendredi 26 avril 2019

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Au bleu des rives tes rêves dérivent entrelacés de nuits blanches.Parfois leurs ailes se ferment, deux petits pieds d'enfants se posentsur le sable brûlant du passé --à petits pas rapacesle silencieux ravage du souvenir.D'autres fois, c'est l'oubli : une déchirure rouge au visage du ciel -- rire claquant de mouettesur la vague.     .     ANNE MARGUERITE MILLELIRI     .    
mercredi 20 février 2019

AVEC LA MORT, QUARTIER D'ORANGE ENTRE LES DENTS...Extraits

Oui, le temps se desquame nous brûlons nos passeports trompeurs, nos photographies, nous prenons possession du passage. Sommes-nous seulement nos contemporains ?   Rebrousser jusqu’à l’orque et l’algue, s’attendre à passer hors limites, supposer la réversibilité des organismes… Nous nous citons à comparaître, au péril de l’échange.   ...    L'oubli est sourd, l'oubli des voix de disparus qui nous aimaient l'oubli des vents qui délivrèrent les prisonniers d'étroites villes. L'oubli est nu comme du... [Lire la suite]
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mercredi 21 novembre 2018

MATINALES...Extrait

"Ecrire c'est entrer en silence, parler à voix basse pour quelques-uns qui entrent en silence avec vous parce qu'ils reconnaissent une voix qui monte du fond d'eux-mêmes. Il existe une race d'hommes, voyez-vous, qui vous est accordée. L'un est écrivain, l'autre lecteur, qu'importe ! Ils sont branchés sur le même courant, par-delà les idées et opinions. Si tant d'êtres humains vivent selon les apparences et s'épuisent au théâtre, c'est afin de fermer le puits des abîmes. Car si la voix immémoriale murmurait encore ils ne pourraient... [Lire la suite]
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dimanche 4 novembre 2018

MAIS AVEC TANT D’OUBLI

  Mais avec tant d'oubli comment faire une rose, Avec tant de départs comment faire un retour? Mille oiseaux qui s'enfuient n'en font un qui se pose Et tant d'obscurité simule mal le jour.   Ecoutez, rapprochez-moi cette pauvre joue, Sans crainte libérez l'aile de votre coeur Et que dans l'ombre enfin notre mémoire joue, Nous redonnant le monde aux actives couleurs.   Le chêne redevient l'arbre et les ombres, plaine, Et voici donc ce lac sous nos yeux agrandis? Que jusqu'à l'horizon la terre se souvienne ... [Lire la suite]