samedi 14 octobre 2017

BRANCHES BASSES

 Instant qui veut durer mais sans savoir Tirer éternité des branches basses Qui protègent la table où clairs et ombres Jouent, sur ma page blanche de ce matin.   Autour de ces deux arbres d’abord l’herbe, Puis la maison, puis le temps, puis demain Pour ouvrir à l’oubli, qui déjà dissipe Ces fruits d’hier tombés près de la table.   Là-bas est loin. Toutefois, c’est surtout Ici et maintenant qui sont inaccessibles, Plus simple est de rentrer dans l’avenir   Avec, pour tout à l’heure, quelque peu De ce... [Lire la suite]

vendredi 29 septembre 2017

L'ORANGERIE

L'idée me vient que je suis pur et je demeure Dans la haute maison dont je m'étais enfui. Oh pour que tout soit simple aux rives où je meure resserre entre mes doigts le seul livre et le prix. Lisse-moi, farde-moi. Colore mon absence. Désoeuvre ce regard qui méconnaît la nuit. Couche sur moi les plis d'un durable silence, Eteins avec la lampe une terre d'oubli. .   .   . YVES BONNEFOY .   .   .  
Posté par emmila à 10:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
samedi 23 septembre 2017

CE JARDIN D'ENCRE...Extrait

…   un jour peut-être exista-t-il entre les deux une coïncidence le temps tout au plus d’un cri de joie qui n’a pas su ce qu’il était que peut ensuite un cri jeté dans l’ignorance de son sens  rien sinon se retourner contre la bouche ayant craché l’oubli ruiné dans le corps même l’élan vers la seule évidence on écoute une rumeur dans l’arrière-pays de la voix  parfois cela résonne comme une promesse parfois ce n’est qu’un bruit qu’attendez-vous dit la raison puisque rien jamais n’arrive par là mais chacun... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,
mercredi 13 septembre 2017

JOËLLE GARDES...HOMMAGE

Parfois une vitre invisible la coupe du monde et des autres la sépare de ses émotions Si elle cherche à rassembler les événements de sa vie elle ne trouve que des étiquettes sur des boîtes vides Glacée figée derrière la vitre du désespoir elle ne perçoit ni les battements de son cœur ni le sang dans ses veines ni l’obstination de la pensée Invisible le travail du vieillissement la chute des images dans l’oubli inaudible Séparée des autres dévorée goutte de temps après goutte de temps Elle se redresse et rassemble ses forces contre... [Lire la suite]
Posté par emmila à 08:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,
mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

LA CHUTE...Extrait

Les hommes ne sont convaincus de vos raisons, de votre sincérité, et de la gravité de vos peines, que par votre mort. Tant que vous êtes en vie, votre cas est douteux, vous n'avez droit qu'à leur scepticisme. Alors, s'il y avait une seule certitude qu'on puisse jouir du spectacle, cela vaudrait la peine de leur prouver ce qu'ils ne veulent pas croire, et de les étonner. Mais vous vous tuez et qu'importe qu'ils vous croient ou non : vous n'êtes pas là pour recueillir leur étonnement et leur contrition, d'ailleurs fugace, pour assister... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

samedi 12 août 2017

PIERRE-ALBERT JOURDAN...Extrait

Ne cherche pas, oublie tout ce fatras. Approche-toi seulement de cette touffe de thym. Il y a tant à oublier. La démesure de l’action, la plaie de l’action. Réduis tes gestes. Reste là, proche de ce balancement des herbes à hauteur de ton visage. Enfonce-toi. Accède à ce seul rythme. ...   .     PIERRE-ALBERT JOURDAN     .          
jeudi 13 juillet 2017

NOTES SUR LA MELODIE DES CHOSES...Extrait

L'un entend plus, l'autre moins, de la puissante mélodie de l'arrière-fond. Beaucoup ne l'entendent plus du tout. Eux sont comme des arbres qui ont oublié leurs racines. Beaucoup n'ont pas le temps de l'écouter. Ce sont des pauvres sans patrie, Qui ont perdu le sens de l'existence. Ils tapent sur les touches des jours Et jouent toujours la même monotone note diminuée. Il faut avoir démêlé la ligne vivante qui porte les autres. Il faut avoir oublié le beaucoup pour l'amour de l'important. Une fois qu'on a découvert la mélodie de... [Lire la suite]
Posté par emmila à 08:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
vendredi 16 juin 2017

JE COURS LES MAINS VIDES

J’ai l’intention de toucher à la larme des fleurs, à l’épaisseur du moindre souffle empoté comme une confiture de muguet. Certains creusent, d’autres amassent la terre du trou. La terre, notre terre est à chacun. Je glisse sur le dos du monde et mon corps avance tout seul. L’enfance que je n’ai pas eue se cache dans le foulard de son anniversaire. Je tiens la vie comme une culbute, comme une dégringolade du vertige que le chaos embrassait. Je porte en moi l’immense récipient de la foudre et des feuilles mouillées. Dans le parfum du... [Lire la suite]
jeudi 8 juin 2017

J'OUBLIE

J'oublie Gaza la Tchétchénie Guantanamo. J'oublie les écoles incendiées et les enfants brûlés vifs les parents aux yeux éteints - d'où toute lumière a soudain disparu. J'oublie les enfants bourrés de résidus chimiques ceux qui à chaque instant frappent à la frontière d'une vie inconnue. Mais personne ne leur ouvre. J'oublie le fanatisme des matches de football l'éternelle bousculade les braillements des spectateurs qui veulent leur mamelle. J'oublie ceux qui luttent pour davantage de vacances davantage de temps sans les... [Lire la suite]