dimanche 9 juillet 2017

ECLAT D'UNE POETIQUE DE L'INACCOMPLI, LIVRE 5...Extrait

No siempre se puede tocar el alma profunda. — Robarte de tus labios un beso abrasador. * S.V. . Nous avons traversé des orages, des tempêtes, les hautes solitudes, les profondes douleurs. Ne fût-ce que cela la vie ? La mort, n'était-ce que cela. — Vers l'haut-delà ? Des joies, — l'éclair, du bonheur, — l'éblouissement. — Or, j'avance somnambule, entre rêve et réel. Et j'ai outrepassé le visible, — le cap vers l'inconnu, — l'invisible. Nous serions donc passés, comme des fantômes pressés. Pourquoi ce brouillard, ce perpétuel... [Lire la suite]

lundi 12 juin 2017

CHANTS NOUVEAUX

Le soir a dit : Je suis altéré d’ombre ! La lune a dit : Moi, d’étoiles brillantes. La source cristalline veut des lèvres Et des soupirs le vent. Mais moi, j’ai soif de parfums et de rires, J’ai soif de chants nouveaux Sans lunes et sans lys Et sans amours défuntes, Soif d’un chant matinal qui troublerait Les eaux dormantes De l’avenir, emplissant d’espérance Leurs ondes et leurs fanges. Il serait lumineux et pacifié, Plein de riches pensées, Virginal dans sa mélancolie, Son angoisse et ses rêves. Exempt de pesanteur, il... [Lire la suite]
mardi 14 mars 2017

GIGUE

La guerre, on la dansait dans la cour de l’écoleBardés de cheveux fous et de tabliers noirsOn sentait l’encre amère, un peu la confiture,Une mouche d’été dormait sur nos devoirs.L’institutrice était une jeune bergèreQui avait entendu la voix de Michelet.Ses yeux fleurs préféraient le rêve à la lectureSes seins n’avaient jamais bourgeonné dans des doigts.Parfois, les jeudis clairs, elle allait en voitureAcheter à la ville un coupon de satin.Son fiancé, était – disait-on – mort en guerreC’est un très grand malheur quand on n’en compte... [Lire la suite]
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vendredi 24 février 2017

GENÈSE DE MES MAINS

Je voudrais t’offrir un collier d’escarboucles : quelques gouttes d’aiguail sur un fil de la vierge ; une rose trémière au jardin des douceurs ; des glèbes déchaumées sans foison de poussière. Je voudrais extirper notre ciel du néant, sauver de désaveu le fruit ouvert violine dans l’ombre du figuier – brève beauté, à jamais décisive – en dehors des mirements pudibonds et tartuffes. Tu sais d’un goût très sûr que, floraison tardive, la reinette d’Amboulne est succulente variété de garde ; pomme monde, haut parfum sur claie de bois.... [Lire la suite]
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lundi 26 décembre 2016

LA GARRIGUE

Sur la colline où s’enfièvrentMille milliers de grillonsMûrit le profond genièvreDans ses brasiers d’aiguillonsCroquant la rocaille en flamme,Sauge, aspic et lavandinForment un craquant jardinQui ne fournit que de l’âmeJ’y vais, la chaleur tombée,Faire des fagots subtilsPour inspirer mes flambésSous la broche et sous le grilJ’y cueille le thym brûlantEt des fleurs qui se surviventPour enchanter mes lessivesEt les nuits de nos draps blancsÀ moi fille des pâturesQuel vieux parentage grecA légué le goût du secEt des plantes à la dure?À... [Lire la suite]
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jeudi 24 novembre 2016

MARCHER

Un seul souci... marcher...Dans le noir... marcher... Dans la nuit épaisse de la voûte fraîche l'enclume son métallique approche. Marcher... La procession s'enroule en pelote, et doucement l'air se raréfie, la voix de fer s'alourdit: le marteau frappe et résonne et gémit.Un seul souci...marcher... On débouche : aire faite d'yeux. Yeux aveugles, yeux sillus, yeux clos, yeux diaphanes Yeux éteints, yeux écarquillés, yeux sources trompés par les miracles de l'humain.Un seul souci...marcher... Aire faite de bouches. Bouche qui rit, bouche... [Lire la suite]

jeudi 24 novembre 2016

GERARD CLERY...Extrait

... je rêve les rives enflamméesles pétales étonnéspar le saccage doux qui les tourmenteje rêve la rivière qui sanglotetes parfums qui musiquent la pluie qui suppliele coeur quand il déploieses ailes dans ton ventreje rêve la vagueaux odeurs fémininesà la rosée d'étoilesau goût de selqui asperge mes dentsje rêve aux fleurs roussesà la barque de nacrequi recueille le cielà ta gueule de loupà ta fenêtre ouverteau dessus de ton îledeux oiseaux qui frémissentils sont mon ordalieet je rêve aux confins de ton îleà ta peau lenteà ton... [Lire la suite]
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samedi 3 septembre 2016

LES FEUILLETS DE LA MINOTAURE...Extrait

                              De Ghjottani, marine, ce matin   " Noire la plage étrillée écume blanche                blanchesles striures de la montagne        creux de neige inviolésgris le Dorsoduro de la Balagne mer argent mêlée de froideur et de... [Lire la suite]
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dimanche 20 décembre 2015

LE MURMURE DES CHÂTAIGNIERS

je dirai ce matin est encore plus curieux que la rosée du verbe j'éteindrai ma lumière mon fourneau ma voix je porterai ma plume mon crayon et mes feuilles j'irai à travers les chemins cueillir un semblant d’arôme des cépages l'odeur des braises fiévreuses la nuit venant le murmure des châtaigniers sédatifs j'écouterai le bruissement d'un rêve courant les champs je fredonnerai la chanson des labours d'hiver sur mon chemin un oiseau sifflera l'air du festin des vergers le soir venu j'irai saluer mon cheval au ruisseau des... [Lire la suite]
vendredi 11 avril 2014

LA NUIT COMME LE JOUR....Extrait

L’armoire s’ouvre,et la fenêtre à deux battants.Il entre dans la pièceun léger coulis d’airaux notes blanches,et la lavande dans l’armoiredistribue ses parfumsqui se laissent rejoindrepar le parfum des fleurset des plantes sauvages,dehors,tandis qu’à l’intérieur,les yeux de la solitudese laissent laverpar tant d’accords.   .   BERNARD PERROY   .   Oeuvre Michel Charrier  
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