mardi 14 novembre 2017

NOTA BENE

Je peinsUn tableau noir, très noir,Profond,Rien que noir, suies, brumes, encres, crasses,Pour qu’on y voie mieuxLe contrasteEt je laisse pendue au bout d’une ficelleUne craie blanche pour écrireBonjour ! Ou bien Va t’en !Ce qui vous sert de cri, de façon d’exister,Que vous êtes naïfs à me croire mélancoliqueUne pensive statue plongée dans le regretRésignée qui s’afflige,Si je penche la tête et si je serre mes bras c’estPour serrer plus étroit ce feu que je préserveEt même s’il me dévoreJ’attends, dans ce désordre, une seule parole... [Lire la suite]

lundi 23 octobre 2017

IL Y A DES JOURS COMME CA

... On attend le frissonà nos pulsations agrippéou terré plus loinquand la paroleéchappe.On attend le soufflele balbutiementla note perduela voix vagabondant Il y a des jourscomme çaoù rien ne vient.On attend le poèmele chant puren équilibreentre deux mondes.On attend le silencel’écriture du silenceou son illusion.On aimerait être prochede l'immense.La rage au cœuron attend l’espace étroit.Un rythme alterneforce à s’immobiliserà dériverancrage ratéentre les racines et la terregriffures au-dedansharpon de colèrerouge tapageur... [Lire la suite]
jeudi 19 octobre 2017

DESERT

" On ne sort jamais indemne d'un séjour au désert. On a vécu dans l'invivable et côtoyé la négation de soi. On a connu le plus extrême, le miroir de sable qui brûle les reflets, les éclairs, les ombres, le rien du dehors, les mirages du dedans. On a levé le voile qui retenait le cœur, qui déguisait le néant. La moindre parole parle d'impossible rosée. La poussière se pare d'un halo d'épopée. Il y a des rapts, des cavaliers, des blessures, des baisers qui dansent dans la lumière et sombrent au ras du sol. Un seul pas suffit à brouiller... [Lire la suite]
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samedi 30 septembre 2017

HACIA UN SABER SOBRE EL ALMA...Extrait

 Ecrire, c’est défendre la solitude dans laquelle on se trouve ; c’est une action qui ne surgit que d’un isolement effectif, mais d’un isolement communicable, dans la mesure où, précisément, à cause de l’éloignement de toutes les choses concrètes le dévoilement de leurs relations est rendu possible.             Mais c’est une solitude qui nécessite d’être défendue, ce qui veut dire qu’elle nécessite une justification. L’écrivain défend sa solitude en montrant ce qu’il... [Lire la suite]
mercredi 30 août 2017

BRUNO ODILE...Extrait

Souverain, l’échange naît dans la déchirure de soi, là où dans un renfoncement de l’esprit, le neuf et l’ancien font orage.   Les phrases transportent des fagots aux allures martiales. Un escadron de mots traverse le brouillard des plaines matinales avant de glisser sur des plaies mal refermées. Je sens la matière proche et pénétrable. Des centaines de serments demeurent attachés les uns aux autres dans l’attente d’une libération providentielle.   Il m’aura fallu sarcler, puis labourer encore et encore pour extraire de... [Lire la suite]
mardi 29 août 2017

DIALOGUE AU BOUT DES VAGUES...Extrait

J'ai cru à l'éloquence des feuilles mortes à Erzulie* femme d'amour qui fait bander et rougir les sexes éparpillés J'ai cru à Damballah* le dieu blanc aux rêves de serpents J'ai cru aux vaccines* à résonances nègres de sueur et de danse banda J'ai cru à la justesse des luttes antiracistes au partage à l'amour aux Sources du Vaucluse J'ai cru à l'écartèlement à l'éclatement à l'orage au brasier J'ai cru à la marée aux trêves de l'Histoire J'ai cru aux effluves de fritures de graisse et d'huile chaude J'ai cru au soleil sur nos... [Lire la suite]

lundi 21 août 2017

LES INTUITIONS DE LA MAIN...Extrait

je dis ce que je voisla porteuse de peau au buisson des ardentsmême si dans le rosier le rouge-gorge est en haillons peindre n’a pas de limitescar le peintre a un prochainles formes sont encore nues dans les intuitions de la mainpour en surprendre les limites le corps sera le seul voyageon s’approche ainsi d’un jardin où la nuque se détache d’un oiseau par une pincée d’intuitionsans repères qu’une bouche attelée à une autre boucheet la langue pour faire un vœu. .     MARCEL MIGOZZI     . Oeuvre Fatat... [Lire la suite]
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jeudi 3 août 2017

IL Y A DES MATINS

Il y a des matins en ruineOù les mots trébuchentOù les clefs se dérobentOù le chagrin voudrait s’afficherDes joursOù l’on se suspendraitAu cou du premier passantPour le pain d’une parolePour le son d’un baiserDes soirsOù le cœur s’ensableOù l’espoir se verrouilleFace aux barrières d’un regardDes nuitsOù le rêve buteContre les murailles de l’ombreDes heuresOù les terrassesSont toutesHors de portée.   .     ANDREE CHEDID in « Par-delà les mots ».   .     Photographie Katia Chausheva
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mercredi 26 juillet 2017

LA CLARTE DES HEURES INHIBEES

Tu es présente comme une dérobée aux vestiges du bleu. Je suis friable à la nuit qui m’ensorcelle. Tout ce qui disparaît est une clarté dans de l’eau sèche. Dans ce court-circuit de vide, la parole est une fusillade du langage. Chaque mot devient un projectile vivace. Nos adolescences nous ont chargés des fièvres qui augurent la brûlure. Sac à dos de tourments que nous n’avons pas eu le temps de défaire. Notre enfance commune siffle sur les parois de ma mémoire. Tantôt comme des étourneaux joueurs, tantôt comme des coups de rasoirs... [Lire la suite]
vendredi 21 juillet 2017

L'HEURE PRESENTE...Extrait

Tu regardes vivre le soir. Le ciel, la terreNus, allongés sur leur couche commune.Et lui, rien que nuées,Il se penche sur elle, prend dans ses mainsSa face respectée.Dieu ? Non, mieux que cela. La voixQui se porte, essoufflée, au-devant d'une autreEt riante désire son désir,Anxieuse de donner plus que de prendre.Ne vas-tu pas penser, ce soir encore,Que puissent devenir un même souffleLa matière, l'esprit ? Que de leur étreinteApaisée, desserrée,De la couleur, de l'or retomberait,Quelque débris de verre, taché de boue,Mais à briller,... [Lire la suite]