lundi 27 août 2018

OUI, NOUS PARLONS

Nous parlons la démesurenous parlons l’appartenance à un sourire et le dédale de ses secretsnous parlons l’attente tournée vers l’horizonsans possession dissimulée dans la voixsans usage d’un lieu de la parole nous parlons entre le réel inquiet et le mystère de son appelnous parlons depuis les veilles rauques des délaissésnous parlons la mélancolie de l’étendue portant d’escale en demeure l’épreuve de chacunnous parlons l’éclair élucidé du dire vraiquand n’apparaît plus que l’attention de l’horizon au jour nous ouvrons la volière... [Lire la suite]

samedi 21 juillet 2018

AGNES SCHNELL...Extrait

Voici que déjà mon noms’effaceet rompt avec la partitionque j’avais déroulée. Je l’ai jouée à m’y perdrea cappella à l’envers sans répit. Voici que déjà s’amenuisel’espace tel un feu que l’on couvre brusquement,des pattes d’oiseauxsur l’humidité du sable,le fantôme d’un arbreoù le vent reste prisonnier.     .     AGNES SCHNELL     .   Oeuvre Paul Delvaux
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lundi 2 juillet 2018

EN GUISE DE SANG

   Je suis ce sang        qui souvent se love        en véhémences colorées        je suis ce sang        qui bouleverse        les plans d'états-majors        bouscule les lampes        se faufile dans les veines        des... [Lire la suite]
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jeudi 28 juin 2018

AGNES SCHNELL...Extrait

Ta pensée parfoistu la sens qui se froisseet t’échappe. Tu marchessur la pointe de ton âmesur les éclats pillés de ton histoire. Quitte doucement ton fatrasce magma de trop plein de mémoirede trop vif de trop grave. Ne reste pas dans l’inachevéla parole suspenduele non-dit sur tes lèvres scellées.     .     AGNES SCHNELL     .   Oeuvre Antonio Lopez Garcia  
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jeudi 21 juin 2018

JOURNAL DES ARBRES

Prends-moi dans tes bras comme si nous étions le sentiment des vierges tout en haut de cette colline du pardon. Où nous allions dans la vérité simple de l’amour consenti. Le dos contre l’arbre, échangeons un baiser dans cette langue native. Je comprends ton dialecte de femme. L’attente est subtile. Il ne faut rien brusquer. Si tu le veux, je vais explorer la nuance et les creux. Si tu le désires je serai ce jeune homme florentin avec la timidité de celui qui débute dans cette grande maison moirée du sentiment et des aveux. Et si... [Lire la suite]
jeudi 21 juin 2018

AFTER LONG SILENCE

 De nos querelles avec les autres nous faisons de la rhétorique. De nos querelles avec nous mêmes, de la poésie.    ...    Parler, après un long silence : c'est dans l'ordre,   Morts ou enfuis tous nos autres amours,   Et tirés les rideaux sur la nuit hostile   Et voilée de ses franges la lampe hostile,   Qu'ainsi nous dissertions, à n'en plus finir,   Sur ces thèmes suprêmes, l'Art, le Chant.   La décrépitude du corps est... [Lire la suite]

samedi 2 juin 2018

APOPHTEGMES....Extraits

 La connaissance pure, qui naît dans l’intimité de l’être, et l’ouvre et le transcende, « le dialogue de l’âme avec elle-même » qui veut encore être parole, la parole unique, la parole ineffable ; la parole libérée du langage. ... Non seulement le langage, mais toutes les paroles, pour uniques qu’elles paraissent, aussi isolée et inattendue que soit leur apparition, font allusion à une parole perdue...     .     MARIA ZAMBRANO     .      Oeuvre Anselm Kiefer
vendredi 18 mai 2018

APPROCHE DE LA PAROLE...Extrait

Langue natale. Les contraires qui sont battement au cœur du monde, la parole les porte à déchirure. Dans la dislocation que plus rien ne guérit, la ferveur d'une langue dévore son avenir. Fouet d'une phrase sans équivoque. Ici s'est tenue la lumière d'un arbre, là s'est dissoute la venue d'un pas. Dans le buisson des cris le dieu se creuse de mutisme. Quelque flamme que tu portes - si peu cette eau qui s'évapore. Fraîche amertume du sel dans les plis de lumière.     .     LORAND GASPAR   ... [Lire la suite]
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jeudi 17 mai 2018

PAUL CELAN...Extrait

Parle, toi aussiparle le dernier à parlerDis ton dire. Parle. Cependant ne sépare pas du Ouile Non.Donne à ta parole aussi le sens lui donnant l'ombre.Donne-lui assez d'ombre,donne-lui autant d'ombrequ'autour de toitu en sais répandueentre minuit midi minuit. Regarde tout autour,vois comme celà devient vivantà la ronde,dans la mort! Vivant!Dis vrai, qui parle d'ombre. Vois comme se rétrécit le lieu où tu te tiens.Où veux-tu aller, à présent, toi endéfaut d'ombre, où aller?Monte, en tatonnant, monteplus mince, plus... [Lire la suite]
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samedi 5 mai 2018

DANS LE DOUTE ET LA FERVEUR...Extrait

...   Le monde, oui, dans sa beauté cruelle, je ne veux pas le dire Si je me tais, c'est colère et défi, incandescence   Pourtant je pourrais dessiner les dentelles du possible, ombres chinoises sur l'écran du réel, le rêve, suraigu, d'une île de soleils éblouis, sans férocité L'amour, s'il existe, je pourrais le dire L'énigme au coeur du vivre, comme un ver dans le fruit, je pourrais l'approcher   Cette parole surgie de nulle part, brûlante et sauvage Cette parole d'origine, je pourrais la tenter Un... [Lire la suite]