mercredi 22 février 2017

L'EMERAUDE PROMISE

On naît à chaque seconde de l’enfant que nous avons été, du miracle du temps qui ne nous efface, du chant qui s’ouvre comme une écluse délivrée, des eaux descendues d’une vieille mémoire, des mots enfin possible pour nommer le sens de ce que nous croyions dérives et qui n’avait en somme que la forme du chemin. Car il y a une parole pour chaque chose de ce monde, pour chaque acte de nos corps au milieu des fleurs qui poussent et des arbres qui tombent. On naît à chaque heure parce que la mort ne sera jamais que l’affaire des vivants... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,

jeudi 16 février 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...Extrait

J'aurais beaucoup à dire Ce qui remonte de la nuit Ce que le jour te jette à la figure, les traînées rouges du ciel entre les branches Et toi, n'osant bouger pour ne pas déranger cette splendeur fugace J'ai quelquefois si mal de toutes ces ferveurs Que faire de l'absence, qui grandit, qui déploie ses ailes miroitantes imprègne le langage Je pourrais dire la fascination de l'inutile, l'aimantation du vide Je pourrais même dire le besoin de parler, comme on crache, comme on urine et l'âpre nécessité de se taire parce que rien,... [Lire la suite]
mercredi 15 février 2017

IL Y A AU BOUT DU MONDE UNE PAROLE

Alerte Il y a au bout du monde  une parole Qui éclot dans la tendresse Les mots appellent les mots par delà l’océan Et répondent aux chercheurs de trésor D’étranges magiciens maîtres des formules S’emparent de la fleur ouverte des étoiles Le monde s’arrondit au cercle de tes lèvres Ton visage surgit comme l’éclair Il est temps de respirer l’orage au fond de l’auberge Il est temps d’apprivoiser les grains de la beauté Les feuilles se taisent et s’enroulent comme des parchemins Elles ont beau tirer la langue La phrase... [Lire la suite]
samedi 11 février 2017

L'IMPROBABLE...Extrait

Quand nous avons à défier l’absence d’un être, le temps qui nous a dupé, le gouffre qui se creuse au cœur même de la présence, ou de l’entente, que sais-je, c’est à la parole que nous venons comme à un lieu préservé. Le mot est l’âme de ce qu’il nomme, nous semble-t-il, son âme toujours intacte. Et s’il dissipe dans son objet le temps, l’espace, ces catégories de notre dépossession, s’il l’allège de sa matière, c’est sans porter atteinte à son essence précieuse et pour le rendre à notre désir.   .   YVES BONNEFOY  ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
samedi 11 février 2017

TRANSPARENCES

Un matin bruissant froissé de bruits sourds de voix contenues un matin chagrin s’il n’y avait cette ferveur inavouée récurrente ce chant au loin palpitant. Le nom imprononçable s’est replié avec la nuit comme une carapace vide une cuirasse d’insecte craquant sous nos pas. Le nom s’est pulvérisé sur nos lèvres impatientes. Reste le souffle l’élan qui nous porta. Aller au plus saillant de notre légende aller jusqu’à l’ardeur blessante et chercher chercher ranimer l’éparpillé aller au-delà de la voix aimée dans l’absence marquetée... [Lire la suite]
dimanche 5 février 2017

POEMES DE SAMUEL WOOD...Extrait

Tout cela qui fut, qui est l’éclat d’un moment Étrange sans doute comme les métaphores des rêves Offre une vision meilleure du temps Malgré tant de figures réfractaires Qu’en dépit de plus d’un détour La langue échoue à prendre dans ses pièges, Mais bien loin de se tenir à distance Elles rayonnent assez fort pour que s’exerce Au-delà des mots leur hégémonie souveraine Sur l’esprit qui, grâce à elles, y voit plus clair Quand il ne se laisse pas dévoyer par la phrase Avec ses trop beaux accords, son rituel... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,

dimanche 15 janvier 2017

POEME INEDIT ADONIS

Un dieu sumérien m'écoutaiten se lavant les piedsdans les vagues qui relientle Tigre à l'Euphrate.O Dieu ami, est-ce vrai que tu asune fois chuchoté à ton épouse :«dans ce monde, il m'estdifficile d'être Dieu ».Soudain une foule d'angess'abat sur nous et se metà lapider la langue :Si la parole était de feule silence ne seraitqu'un début d'enfer.En vérité, c'est au ciel que poussentles racines de la catastrophe.En vérité, à Bagdad, les pierrespourraient se fendre de honte.À Paris, dans une triste chambre,j'ai voulu asseoir mon payssur... [Lire la suite]
dimanche 4 décembre 2016

JE NE DIRAI PAS TOUT... Extrait

Je ne dirai pas tout. J’aurai passé ma vie à me décortiquer, à me déshabiller, à donner en spectacle à n’importe quel prix ce que j’avais de plus précieux, de plus original, plus vivant que moi-même, au prix de quels efforts, je ne le dirai pas. Je ne dirai pas tout. On passe au beau milieu de ses contemporains et la figuration n’est pas intelligente. Ils ont tous un cerveau fendu par le milieu dont toute une moitié se transforme en silex. Je vais jour après jour, envers et contre tout, vers mon point de départ, cercueil... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
jeudi 24 novembre 2016

MARCHER

Un seul souci... marcher...Dans le noir... marcher... Dans la nuit épaisse de la voûte fraîche l'enclume son métallique approche. Marcher... La procession s'enroule en pelote, et doucement l'air se raréfie, la voix de fer s'alourdit: le marteau frappe et résonne et gémit.Un seul souci...marcher... On débouche : aire faite d'yeux. Yeux aveugles, yeux sillus, yeux clos, yeux diaphanes Yeux éteints, yeux écarquillés, yeux sources trompés par les miracles de l'humain.Un seul souci...marcher... Aire faite de bouches. Bouche qui rit, bouche... [Lire la suite]
mercredi 23 novembre 2016

PENSEE POUR VINCENT- PARIS ETE 1887

La nature remue du négatif au positif, puisque ce qu’en propose d’observer le pinceau libre n’est que trace figée d’un cheminement à deux sens que les tornades de l’intérieur agitent encore. Dans le cadre, qui s’en trouve pour l’œil presque vrillé, voire disparu, oublié dans l’attention extrême, opère de façon sensible, invisiblement, une tension si lourde entre les couleurs et les formes. Comment sa chaise fiévreuse, avec pipe et tabac, ses cyprès affolés, ses oliviers, ses fleurs altières rendent-ils le mal-être face au... [Lire la suite]