samedi 12 novembre 2016

EDMOND JABES...Extrait

Je suis un silencieux. Je me demande, grâce au recul que je prends, maintenant, avec ma vie, si ce goût prononcé pour le silence n’a pas son origine dans la difficulté qui, de tout temps, fut la mienne, de me sentir d’un quelconque lieu. Avant de connaître le désert, je savais qu’il était mon univers. Seul le sable peut accompagner une parole muette jusqu’à l’horizon. Écrire sur le sable, à l’écoute d’une voix d’outre-temps, les limites abolies. Voix violente du vent ou, immobile, de l’air, cette voix vous tient tête. Ce qu’elle... [Lire la suite]

lundi 10 octobre 2016

LE SOLEIL NOUS A BLESSES

L’écorchure a atteint le papier vierge. J’entends battre ton cœur sur le quai de la gare où tu m’attends. Tu flottes comme un chagrin à la recherche d’un câlin réconfortant. Les trains se succèdent dans la pénombre haletante, des bras et des jambes, un corps, un vertige, une matière assemblée et agile. Je ne peux te toucher.Les mots font trop de bruit. Trop de fracas de feuilles dans l’écriture. Je peins le vacarme aux couleurs de mon souffle. Mille étages de couleurs s’effondrent en avançant.Et si nous allions voir la lame qui... [Lire la suite]
jeudi 29 septembre 2016

SOLEIL EN BIAIS...Extrait

Merci pour la découverte Thami...   Front basculédepuis les hautes forges de l'ennuiQuel est ce fouqui ne sait plus attendre le printempsLa joie reviendraPromise à tout regardQui connaît sa lumièreNous subissons le poids de nos propres caressesNous mêlons chaque jour à nos mains jointesle souvenir des régions en frichedévastés par le ventEt nous sourionsparce que nous savons l'hymne du feuléchant les vitresLe moindre geste est l'exercice d'une forcecontre laquelle aucune parole n'a prévaluL'amoureuse peut bien s'ouvrir à la... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 21 septembre 2016

LE SEUIL ET LA DEMEURE...Extrait

Bâtir une maison dans le silencepour que soit très secretl'enfantement du poèmeMais que soit toute porte permiseA la délégation des oiseaux ... Dévêtir l’arbre des écorcesqui travestissent son été.Fouiller de lumière profondeLe mur aveugle du visage.Interroger haute paroleSous l’épaisseur terreuse d’habitude.Toucher au bout de l’aventureL’ange durable sous les ombres. . CARLO MASONI .  
samedi 17 septembre 2016

LES CLARTES MITOYENNES...Extrait

Ce qui façonne la parole  jusqu’au silence  entrouvert soudain transparentavant que l’air ne brasilleLe faîte jusqu’à s’aligner  sur le chemin des sourcesPrésent où se décompose  le plus avant sous les pasqu’environnent pour nousles clartés mitoyennesEt le centre au plus profondoublie la torsion des jours  L’évidence où je dis  surélève toute avanceS’avoue découverte  la parcelle reconquise  dépositaire sans défautdu visage mis à nu .   FERNAND VERHESEN   .   Sculpture... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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jeudi 8 septembre 2016

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

Odeurs de massacre dans les myrtilles écrasées Écume de batailles Partout La meute attaque et gesticule   L'air est plein de carcans Bruits de sang, nuages de cendres L'homme dans sa tanière ne respire plus que le feu La peur, la haine, sont à l'affût, tapies dans nos affiches, nos pirouettes radiophoniques, télégéniques, eugéniques Tumulte et férocité   Comment pourrions-nous, comment transformer l'effroi en espace, les chaînes en envol ?   Quelle place pour la parole qui délivre, les mots... [Lire la suite]

lundi 15 août 2016

COLETTE GIBELIN...Extrait

L’aube n’est pas l’envol, ni l’éveil Elle est errance et brûlure Désillusion L’aube, je ne veux pas la dire Et pourtant je pourrais, je pourrais Mais il faudrait ne pas se laisser traverser par le silence des étoiles Et surtout, il faudrait apprivoiser la foudre, patiemment, dans l’espoir insensé que toute parole recommence le monde   .   COLETTE GIBELIN   .      
jeudi 11 août 2016

LE MENEUR DE LUNE...Extrait

Ma faute serait de croire que ce que je possède m'appartient. Tout ce que je suis m'est donné dans un miroir et est bel et bien tel que je le vois, mais, seul réel, me force à ne toucher de lui qu'une image. C'est que la mort est en moi. Qu'elle m'emporte si je n'accepte pas de l'épouser. Quand je touche un objet, elle abrite mes regards de la main pour me permettre de le voir.   L'être est indivisible. A prétendre qu'un être est, on lui donne pour contenu tout ce dont on conçoit l'existence. Mais comment dire cela de... [Lire la suite]
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mercredi 6 juillet 2016

JEAN LAVOUE

Je fus marqué au feu de déserts inconnusDont les froides arêtes souvent me visitaientJ'eus pour seuls compagnonsD'autres marchants brûlésAux braises de leurs rêvesUne parole au cœurSans hâte ils s’en allaientFraterniser vers d’autres mainsLe bief de la rencontre était en euxUn vide ouvertUne frontière à vifUne épaule offerte aux caresses de la nuitA laquelle nul ne pouvait se dérober.Je reconnus leur chant à l'espace silencieuxQu'ils laissaient derrière euxJe naquis dans leurs yeuxD'une source étonnéeJe les suivis sans hâteEt sans me... [Lire la suite]
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samedi 25 juin 2016

REFAIRE LA NUIT

Il n'y avait que le silence Derrière chaque mot volé La route expirait dans les pierres Entre les murs écroulés Et pourtant le dernier poète Tendait l'oreille vers la mer Et cherchait encore à saisir L'insaisissable oiseau de la parole. .   JEAN ROUSSELOT   . Oeuvre Goxwa
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