lundi 31 décembre 2018

SOLITUDE

Homme égaré dans les siècles,Ne trouveras-tu jamais un contemporain?Et celui-là qui s'avance derrière de hauts cactusIl n'a pas l'âge de ton sang qui dévale de ses montagnes,Il ne connaît pas les rivières où se trempe ton regardEt comment savoir le chiffre de sa tête recéleuse?Ah! tu aurais tant aimé les hommes de ton époqueEt tenir dans tes bras un enfant rieur de ce temps-là!Mais sur ce versant de l'EspaceTous les visages t'échappent comme l'eau et le sableTu ignores ce que connaissent même les insectes, les gouttes d'eau,Ils... [Lire la suite]

dimanche 30 décembre 2018

LA GRANDE FUGUE...HOMMAGE A UNE AMIE DISPARUE EN 2018...GHYSLAINE LELOUP

  Pas de faste dans les ombelles portées hautPas d’exubérance dans l’éparpillement des fleursVéronique, narcisses, œillets et asphodèlesDu blanc du rose du bleu du jauneComme on dit le pain et le vinSans nuances pour blesser leur candeur   C’est de l’origine parcourant tes recoinsUn cri brusquement doréQui se cogne aux paroisPuis s’éteint dans des mots élimésIl faudrait des paroles semblables aux fleursAvec leurs principes avec leurs parfums   Le vent prend corps dans l’herbe hauteMais nousQui nous consolera de la... [Lire la suite]
jeudi 1 novembre 2018

LE CORPS DU DELIT

Je veux traîner le monde derrière mes yeux, toucher avec ses mains le corps du délit. On ne comprend pas le désert sans manger la poussière. On ne sait pas l’assiette sans façonner l’argile. Mon chemin passe par les jardins, le silence, l’odeur de terre. Il rejoint par le vent le sillage des oiseaux. Il dort quelque fois à l’auberge des brouillards. Il s’éveille entre les lignes d’un poème. Il fait fondre la neige avec sa main de feu. Il court avec la biche sans écraser les mûres. Il traverse les murs. Il repère les portes. Il emporte... [Lire la suite]
samedi 18 août 2018

TA JOYEUSE TENDRESSE

Ta joyeuse tendresse M’a troublé et surpris. À quoi bon les discours, Leur tristesse, Quand les yeux comme des bougies Brûlent en plein jour ?   Au beau milieu du jour … Et une larme reste – Souvenir de la rencontre – Suspendue au loin; Et les épaules qui tombent Sont relevés par la tendresse.   .     OSSIP MANDELSTAM     .   Oeuvre Goxwa Borg
dimanche 5 août 2018

BRIGITTE BROC...Extrait

Ce soir d’été,Epicé jusqu’à la moindre ramure,Dégouline, ivre et lourd,Dans la gorge Des dernières roses. L’allée, solitaire,Caracole entre les cyprèsEt va se perdre,De l’autre côté du mur,Là où la merInvente ses vagues. Aller au cœur de la Vieille nuit,Douce et fidèle compagne,La saisir à pleine peau,Fouiller son bois,Jusqu’à l’aubier. A force d’entêtement,De ciel blessé parD’impossibles paroles,De tout ce bleu quiNe demande qu’à déborder, Elle est venue. Devant les cris tombésAu seuil de la maison, Elle s’est mise... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

LE BATEAU DE TERRE CUITE...Extrait

Ombres minuscules sur la blancheur du mur labyrinthe éphémère de l’instant nous avons besoin de la mer non pour laver nos oreilles mais pour plonger dans les confins des profondeurs les yeux fermés sous l’eau de notre soif au milieu du bleu le corps dressé par l’éphémère le regard aiguisé par le lointain nous avons besoin de la mer pour renaître sur la plage à l’ombre d’un murmure en fleur la matière de nos paroles est la lumière la matière... [Lire la suite]

vendredi 15 juin 2018

JOURNAL...Extrait

En moi un immense silence, qui ne cesse de croître.Tout autour, un flux de paroles qui vous épuisent parce qu’elles n’expriment rien.Il faut être toujours plus économe de paroles insignifiantes pour trouver les quelques mots dont on a besoin.Le silence doit nourrir de nouvelles possibilités d’expression…Les pétales de rose jonchent mes livres.Une des roses jaunes est épanouie à ses dernières limites et me regarde, béante, de son grand œil…Je suis si reconnaissante de ces quelques heures,et aussi de la concentration qui ne cesse de... [Lire la suite]
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mardi 15 mai 2018

SOUS LE FEU LA CENDRE ...Extrait

L’heure vient peu à peuParmi les heures toutes pareillesL’heure unique, l’instantLe Pont imperceptible entre le Temps et l'ÉternitéParmi les Sœurs qui passent devant toiSi transparentes, pareillement silencieuse A quoi la reconnaîtras-tu,Quel signe dans ses yeux vers tes yeux dirigé… Quand ton enfant sera devenu lui-mêmeTu ne reconnaîtras pas ton enfant Quand mon poème sera devenu lui- mêmeTu ne reconnaîtras pas mon poème Tu chercheras dans ses yeux étrangerstous les regards que tu avais semés,dans ses larmes celles que tu... [Lire la suite]
jeudi 19 octobre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Tels des naufragés de haute mer certains souvenirs s'arrachent à l'oubli par vagues folles aux crocs d'écume, gueules hurlantes d'incendie Longtemps après, je les retrouve parmi les coquillages sur le sable brûlé, paroles exténuées, paroles nues -- lavées de tout. Un chant de femme très doux, la lyre d'une ancienne muse, le vent peut-être...     .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .        
mardi 5 septembre 2017

UNE VIE BOULEVERSEE...Extrait

... En moi un immense silence, qui ne cesse de croître. Tout autour, un flux de paroles qui vous épuisent parce qu'elles n'expriment rien. Il faut être toujours plus économe de paroles insignifiantes pour trouver les quelques mots dont on a besoin. Le silence doit nourrir de nouvelles possibilités d'expression. ...   .   ETTY HILLESUM     .
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