vendredi 14 avril 2017

COLETTE GIBELIN...Extrait

Nous cherchons ce lieu de vertige où les rumeurs de la vie s’irisent de lumière, ce lieu de nulle part, oiseau fulgurant et avide, étrange et mauve, aux ailes déployées vers l’absence et le rêve. Chasseurs entêtés de l’ailleurs, nous flottons, îles de solitude au-dessus des grands fonds où grouillent tant de présences que le regard évite. Ici, le monde est plein. Le monde craque, éclate, pourrit. Le monde étincelle et jaillit. Ici. Le silence nous lance le cri des fontaines. Ici. Nous ne l’entendons pas,insensés que nous sommes,... [Lire la suite]

jeudi 23 mars 2017

LEON PAUL FARGUE...Extrait

Souvenirs d’un passé qui dort dans une ombre si transparente... Des intimités insaisissables qu’on se croit bien seul à connaître et dont on voudrait enchanter les autres... Certains regards. La voix d’un être cher. La gaucherie d’une âme ardente.. Une inflexion familière très douce et bien humaine...Des yeux qu’on revoit parmi vingt ans de souvenirs, dans une rue grise, un jour de promenade. Du soleil sur un peu de paille, devant la porte d’un malade... Un regret sobre. Une parole d’un chagrin vague... Un nom touchant qu’on n’arrive... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
lundi 20 mars 2017

LES FLEURS ET LES SAISONS...Extrait

Le vrai porteur de joie, c'est cet homme sur la colline de mars ou d'avril, au coeur d'un pays immense à peine éveillé de l'hiver, avec le tait bleu des neiges mortes au revers des forêts et des haies, les villages humides aux replis de l'herbe d'étoupe, roses comme un buisson de bois-gentil. (...) Comme l'odeur de la première violette, comme cette perce-neige dans le verger ouverte sans tige au ras du sol effacent en nous d'un seul coup le souvenir des jardins de septembre épanouis, toute l'opulence d'une saison mûre et condamnée,... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
lundi 27 février 2017

CENDRES...Extrait

Tout un peuple défunt secouait son linceul;Tu seras dans ton lit de schisteAu pied du figuier tordu.Ils viendront par le Val de MortMontant lentement la collineLe cimetière est à main gauche,Tu ne t'en souviendras déjà plus.Quand je cherche ma voix, j'entends vos lèvres closesVotre terrible voix d'au-delà de la nuit...Qui portera vos voix vivantes dans mes chants ?Voix de la mort, pétrie du silence éternelDe mes absents plus présents d'être mortsEn moi créés, en moi vêtus de rayons noirsTu roules dans ton flot les fruits purs de la... [Lire la suite]
dimanche 12 février 2017

UN CAHIER DANS MA POCHE

Il neige comme un lait renversé. Un cahier dans ma poche me sert de fenêtre. Quand je le sors et l'ouvre, je vois la mer et les oiseaux, le bleu du ciel qui surnage, des pages pleines de cerfs-volants. Ça sent la résine entre les mots, le sapinage entre les lignes, l'espoir en bout de page. J'y ramasse avec les yeux la terre des forêts. Les mots d'amour ne sont jamais perdus. Ils rejoignent ce fleuve qui nous maintient en vie. C'est par les yeux que j'entre dans le monde, par les mots que j'en sors. Quand on perd son enfance, adulte,... [Lire la suite]
dimanche 5 février 2017

POEMES DE SAMUEL WOOD...Extrait

Tout cela qui fut, qui est l’éclat d’un moment Étrange sans doute comme les métaphores des rêves Offre une vision meilleure du temps Malgré tant de figures réfractaires Qu’en dépit de plus d’un détour La langue échoue à prendre dans ses pièges, Mais bien loin de se tenir à distance Elles rayonnent assez fort pour que s’exerce Au-delà des mots leur hégémonie souveraine Sur l’esprit qui, grâce à elles, y voit plus clair Quand il ne se laisse pas dévoyer par la phrase Avec ses trop beaux accords, son rituel... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,

dimanche 18 décembre 2016

GHYSLAINE LELOUP

Ils ont tant de fois tentéDe broyer mon corps et d’effacer ma mémoireEn habits d’infamie, ployant sous l’anathèmeLeurs mots lacéraient ma chair autant que leurs pierresJe sais les deuxL’obscurité du temps n’y fera rienPas plus que leurs souilluresUne lumière d’un autre ordreBrûleIntacte dans ma chair peuplée de voixJ’ai trois mille ansMariée sans amant sur une faille d’encensJe hurle la prophétie de dieux affolésLes hommes m’exilent loin des vivantsVenant d’en bas les crisToujours les crisJ’ai deux mille ansÉpouse répudiée aux aubes... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
mardi 18 octobre 2016

SI NOUS ALLIONS VERS LES PLAGES....Extrait

 Ne te retourne pas Le souvenir est devant toi Car ce printemps est advenuComme d'une étoile écorchée Dans la grande allée du royaumeÀ jamais perdu retrouvé                Douceur des larmes dans la chairEnfance aiguë   .   HELENE CADOU   .  
Posté par emmila à 14:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
dimanche 16 octobre 2016

L'ARIDE DES JOURS...Extrait

Bouche ouverte au silence inépuisable Seul fracas: les montagnes dévalant leur à-pic. J'avoue ma chair périssable, et ma langue déglutit le passé dénommé. De mon corps au paysage, toujours l'espace désertique des mots Il pleut à travers mes os.   .   JEAN-CLAUDE IZZO   .   Oeuvre Serge Fiorio sergefiorio.canalblog.com  
Posté par emmila à 13:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
vendredi 14 octobre 2016

TERRITOIRES SANS NOM

Dans la maison déshabillée de la routine des armoires j’ai rayé la chambre aux poupées d’un trait d’oubli sur le miroir. D’un mot j’ai tranché la guirlande des jours unis par le passé en m’esquivant du champ de mon adolescence et des caprices de l’été. Entre ces murs d’où je me chasse flotte un sourire de ma mère comme un fil de la vierge accroché à la treille comme un pollen tombé de l’aile d’une abeille. Flotte la fumée dérisoire d’un espoir mort à petit feu et la chance prise aux cheveux de me soustraire au jeu de ma mémoire. ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,