samedi 17 février 2018

SYBILLE PERSE...Extrait

  O villes d'Orient, Ninive aux jardins suspendus, Babylone drapée de pourpre, Ecbatane superbe, Persépolis éblouissante de marbres, toutes je vous connus quand j'errais dans la plaine entre les deux fleuves, voyant les péchés de vos rois et lisant dans le ciel le châtiment qui devait s'ensuivre . Mais ce ciel était si cristallin qu'en le contemplant, en dépit de tant de signes à l'évidence néfastes, je ne me sentais pas inquiète . L'avenir me paraissait déjà comme un lointain passé, une douleur fanée... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

mardi 13 février 2018

AU TEMPS DU POEME

II y eut autrefois des choses sans musiquedes pays qui fondaient comme un fruit dans la bouchedes étés haletantsdes silences plus frais que neigedes êtres qui entraient en nous et qui sortaientsans qu'on s'en rendît compte,nourritures, paresses savantes, jus d'oiseauxidiomes heureux, échanges,de sorte qu'on était ce qui entrait en nousparfois un cil, parfois un angeparfois un baobab où la hache faisaitdes blessures délicieuseset quand, souvent, des femmes ou des sangsues rosesse collaient à nos corpson éprouvait soudain la joie d'être... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
lundi 18 décembre 2017

UNE FEMME M'ATTEND

C'est moi, femme, je vois mon chemin ; Je suis austère, âpre, immense, inébranlable, mais je t'aime ;Allons, je ne te blesse pas plus qu'il ne te faut, Je verse l'essence qui engendrera des garçons et des filles dignes de ces Etats-Unis ; j'y vais d'un muscle rude et attentionné,Et je m'enlace bien efficacement, et je n'écoute nulles supplications, Et je ne puis me retirer avant d'avoir déposé ce qui s'est accumulé si longuement en moi, A travers toi je lâche les fleuves endigués de mon être,En toi je dépose un millier... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
lundi 27 novembre 2017

LE PAYS PERDU...Extrait

Ne laisse pas le Passé blesser de son poids mort les ailes de l'instant ne déchire pas le pacte de sa page blanche ne renie pas son envol même si un ange devait forcer ton passage vers le rêve aboli. Ne laisse pas le Passé briser sous son poids neutre les chances de l'instant ne déchire pas le pacte de son envol vivant ne détourne pas son envol même si un ange devait empêcher son passage vers le pays oublié.   .   ALAIN SUIED   . Photographie © Anne Wipf
Posté par emmila à 10:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
dimanche 10 septembre 2017

PUISQUE BEAUTE IL Y A....Extrait

...   nous disent les arbres   ce que la terrecontient de passéet ce peu de futur   dans l'embrasuredu sinistre   il n'y a plusde musiqueà nos fenêtres   des moustiquesdans l'embrasement des trilles   les grincements des invectivesdes plissements dde pierrede mon gosier d'oiseauj'écris    ...   Notre aventure, de ne vivre pas autre chose que nous maintenir, accepter, puis traverser, et faire en sorte à ne pas perdre pied, se tenir entre les sombres parfums et les ombres... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
lundi 7 août 2017

VENT D'EST

Chante mon coeur le chant du sable et de la pierreDu vent, de la pluie et de la vie qui passeDès l'aube, du désert, au chant des chameliersMonte la poussière d'un siècle qui s'effacePour partir...Et nos songes d'Orient bercés de caravanesEnfantés par les voeux mystiques des marchandsMontent vers toi, Soleil, pour dire la pavaneDes oiseaux qui saignent de trop pousser leur chantPour mourir...Chante mon coeur un air d'or et de turquoiseEnfanté par la voix des prêtres et des guerriersDans la plaine naviguent des âmes par milliersA... [Lire la suite]

mercredi 26 juillet 2017

TOUTE PERSONNE QUI TOMBE A DES AILES...Extrait

Mes doutes, amers et inassouvis,s'écoulent dans les profondeurs du soir.La fatigue chante à mon oreille.J'écoute...Ce n'était pourtant qu'hier!Cela vient et toujours repart!Je connais les chemins du sommeil jusqu'aux contrées  les plus tendres.Je ne veux jamais plus y aller.Je ne sais pas encore où le lac sombreaccomplira mon tourment.Il y aurait là-bas un miroir,clair et impénétrable,désireux de nous montrer,étincelants de douleur,le fond et la raison des choses.   .     INGEBORG BACHMANN     . ... [Lire la suite]
samedi 15 juillet 2017

TANT DE CORPS ET TANT D'ÂME

Captifs de l'étrange machine Qui nous mène de vie à trépas En quel lieu de ce corps en fonction De ce sang qui déambule Se fixe l'être Bâti d'élans de songes de regards Qui parle les langues du silence Qui devance mots et pensées? Qui prononce notre mort Qui instaure notre vie Qui présence ou absence Dans la mêlée des vallées et des gouffres Nous prodigue Cette sarabande de rixes et de roses Nous assigne Ce pêle-mêle de discordes et d'harmonies? Qui tissant ensemble tant de corps et tant d'âme Nous imprègne de passé Nous génère... [Lire la suite]
vendredi 16 juin 2017

HYMNE A LA NUIT...Extrait

"Un jour que je laissais couler des larmes amères, que mon espérance, décomposée, s’anéantissait en douleur et que je me tenais solitaire près du tertre aride qui dérobait en son étroite et sombre dimension la Figure de ma vie - solitaire comme nul solitaire encore ne le fut, étreint par une angoisse indicible - sans force, n’étant plus qu’une pensée de détresse. - Comme je cherchais une aide des yeux, que je ne pouvais ni avancer ni reculer, et que je m’agrippais avec un regret infini à la vie fuyante qui s’éteignait : - alors... [Lire la suite]
Posté par emmila à 00:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,
mardi 13 juin 2017

ANDRE LAUDE...Extrait

... Le paysage de l’enfance morte s’étend devant nos yeux En pure perte nous cherchons le visage du père, le visage de la mère Cette solitude n’a pas de nom, Rien qu’un immense désert ossifié. Nous avions vécu, par instants miraculeux, d’herbes folles, de fruits sauvages, acides Puis vînt le temps de la grande famine Alors nous entrâmes dans les villes avec l’allure superbe de ces lions aux ongles coupés aux crocs limés. Tout meurt sous les paupières des rêveurs obstinés, Y compris la mort. ... . ANDRE... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,