dimanche 16 octobre 2016

L'ARIDE DES JOURS...Extrait

Bouche ouverte au silence inépuisable Seul fracas: les montagnes dévalant leur à-pic. J'avoue ma chair périssable, et ma langue déglutit le passé dénommé. De mon corps au paysage, toujours l'espace désertique des mots Il pleut à travers mes os.   .   JEAN-CLAUDE IZZO   .   Oeuvre Serge Fiorio sergefiorio.canalblog.com  
Posté par emmila à 13:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

vendredi 14 octobre 2016

TERRITOIRES SANS NOM

Dans la maison déshabillée de la routine des armoires j’ai rayé la chambre aux poupées d’un trait d’oubli sur le miroir. D’un mot j’ai tranché la guirlande des jours unis par le passé en m’esquivant du champ de mon adolescence et des caprices de l’été. Entre ces murs d’où je me chasse flotte un sourire de ma mère comme un fil de la vierge accroché à la treille comme un pollen tombé de l’aile d’une abeille. Flotte la fumée dérisoire d’un espoir mort à petit feu et la chance prise aux cheveux de me soustraire au jeu de ma mémoire. ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
samedi 8 octobre 2016

RAVIR: LES LIEUX...Extrait

Une fenêtre. Presque le mur déjà Comme si l'on avait déplacé la fenêtre, et la fenêtre seule. Les livres se défont, les feuilles se perdent dans l'orbite du ciel -plus aucune couleur et le vent manque soudain. Qu'as-tu gardé des jardins fastes des ombres au petit matin qui venaient s'échouer sur tes lèvres? À l'instant bouge le paysage. L'heure n'est qu'un maigre abri, les arbres déploient cornes et lames. Écoute les années qui résonnent derrière toi l'orage brouille tes yeux, tes mains ne touchent plus que ce passé furieux. Tout... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 19 septembre 2016

LE LIVRE DES QUESTIONS...Extrait

Le passé a la voix de chaque empreinte, de chaque caresse ou blessure laissées par nous au sol et autour ou faites à un être. Une chambre est peuplée de bruits divers qu'ordonne le silence. Tu les écoutes à l'instant où, pareils à un vol de voluptueux phalènes, ils s'approchent de la lampe pour être brûlés. Ton corps, comme le mien, répond de mille marques invisibles dont nous sommes seuls à connaître et à taire l'histoire.   .   EDMOND JABES   .
Posté par emmila à 09:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 22 août 2016

RESPIRER

Au plus creux point de toi,           dans la plus vaste, dans la plus compacte solitude.           ni feu, ni lieu, la maison vide sous le toit           béant. Où la pierre de l'être a basculé, où se dénude           le temps. Passé fossile. Paroi lisse du futur,           et le présent vertigineux. Un pas. Un... [Lire la suite]
Posté par emmila à 22:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,
lundi 15 août 2016

OCTOGONE...Extrait

Le ciel s’était empli de vagues. Les étoiles assuraient l’intelligence des formes. Ce n’était pas seulement l’oubli des origines mais aussi la minceur lente, absorbante, des trajectoires qui demandait cette autre géométrie. Les étoiles contenaient le présent, elles contenaient comme toujours le présent, étant passées par tant de passé ; elles faisaient autorité dans le ciel. Leur progression m’enveloppait et même, à certains moments, aurait pu changer pour moi, à volonté le sens des mondes.   Leurs chemins, alors, ces lignes... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:57 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

samedi 6 août 2016

JOCELYN...Extrait

Mon cœur me l'avait dit : toute âme est sœur d'une âme ; Dieu les créa par couple et les fit homme ou femme ; Le monde peut en vain un temps les séparer, Leur destin tôt ou tard est de se rencontrer ; Et quand ces sœurs du ciel ici-bas se rencontrent, D'invincibles instincts l'une à l'autre les montrent ; Chaque âme de sa force attire sa moitié, Cette rencontre, c'est l'amour ou l'amitié, Seule et même union qu'un mot différent nomme, Selon l'être et le sexe en qui Dieu la consomme, Mais qui n'est que l'éclair qui révèle à chacun... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
vendredi 29 juillet 2016

LIBER

Le mot liber, en latin, désignait la partie vivante de l'écorce. Il a passé sous cette forme, et avec le même sens, en français. Comme cette partie de l'arbre servait à écrire, liber en est venu à s'appliquer au livre. Mais il avait d'autres significations, dans la vieille langue mère : il signifiait socialement libre, affranchi de charges et de servitudes. On l'employait parfois au singulier, pour désigner l'enfant. Enfin, c'était le nom d'une vieille divinité que l'on a confondue, plus tard, avec Bacchus. Horace, dans ses Odes, s'en... [Lire la suite]
jeudi 30 juin 2016

AIME CESAIRE...Extraits

  " Briser la boue. Briser dans l'acceptation humble et patiente d'un long chemin à rempierrer. Briser la boue pour fonder un nouveau ciel et une nouvelle terre si bien qu'on ne pensera plus à ce qui était avant. Homme du oui dans le refus retentissant." ...   C’est quoi une vie d’homme ? c’est le combat de l’ombre et de la lumière… c’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur… je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté. ~   ... [Lire la suite]
samedi 18 juin 2016

ESPACE TEMPS...

« Le temps et l'espace vivent et prospèrent aux dépens l'un de l'autre. Quand le premier s'accroît, le second diminue et réciproquement. Tout corps se prolonge dans le temps aussi bien que dans l'espace ; sa tête baigne dans la durée, ses pieds plongent dans l'étendue. L'espace est du présent visible. Le temps est de l'espace qui s'ébranle et devient avenir ou passé. L'espace, c'est du temps étendu, du temps horizontal ; le temps, c'est de l'espace à pic, de l'espace vertical. L'espace c'est du temps qui dure ; le temps, de l'espace... [Lire la suite]