mardi 22 août 2017

GUISANE...Extrait

La lumière délimite notre présence au monde Sombres, nous sommes pourtant lumineux Ecrire à peine juste pour frôler la peine Sinon la tristesse finirait par se prendre Définitivement au sérieux Comme la truite qui rejoint les eaux profondes Que nous pensions tenir dans nos mains Pêcheurs du poème     .     PATRICK CHEMIN     .     Photographie Bernard Liegeois  
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jeudi 3 août 2017

PERSONNE NE ME CONSOLE PLUS

 Personne ne me console plus, ma mère. Ton cri n’arrive pas jusqu’à moi même en songe. Il n’arrive pas une plume de ton nid sur cette rive.   Les soirs bleus, est-ce toi qui attends les mulets à la porte, les mains cachées dans les plis de ta robe ? Lis-tu dans le feu les combats qui dispersent tes fils aux abords des villes ?   Un abîme entre nous, un flot nous sépare qui coule entre les digues d’où s’élève de la fumée. Ces étoiles sont-elles tiennes ? Ce vent, celui de la terre ? Est-il notre... [Lire la suite]
lundi 27 février 2017

HOMMAGE A LA VIE

C’est beau d’avoir éluDomicile vivantEt de loger le tempsDans un coeur continu,Et d’avoir vu ses mainsSe poser sur le mondeComme sur une pommeDans un petit jardin,D’avoir aimé la terre,La lune et le soleil,Comme des familiersQui n’ont pas leurs pareils,Et d’avoir confiéLe monde à sa mémoireComme un clair cavalierA sa monture noire,D’avoir donné visageÀ ces mots : femme, enfants,Et servi de rivageÀ d’errants continents,Et d’avoir atteint l’âmeÀ petits coups de ramePour ne l’effaroucherD’une brusque approchée.C’est beau d’avoir... [Lire la suite]
lundi 6 février 2017

DEUX PRELUDES

 Goût d’étrange, saveur d’inconnu, soif brûlante d’ailleurs, ce ciel nouveau qui t’obsède et tourmente t’offrira-t-il, parmi la paix des palmeraies, les délices des yeux et des sens ignorées que l’art habile et vain des villes te refuse ? Quelle, parmi le flot de lumières diffuses, au cœur d’une nature encore inviolée, quelle tente de vent libre et calme gonflée, – immobile steamer chargé de ta fortune, conque de lys fragile où s’annonce la lune, – berçant ton rêve au seul rythme du pur silence qui se confronte... [Lire la suite]
dimanche 9 octobre 2016

GUISANE...Extrait

La lumière délimite notre présence au monde Sombres, nous sommes pourtant lumineux Ecrire à peine juste pour frôler la peine Sinon la tristesse finirait par se prendre Définitivement au sérieux Comme la truite qui rejoint les eaux profondes Que nous pensions tenir dans nos mains Pêcheurs du poème   .   PATRICK CHEMIN   .     L'Aiguillette, vallée de la Guisane au Lauzet
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mardi 27 septembre 2016

ALGER

Dans ma larme s’étend l’injuste addition que m’impose l’éloignement et que je règle de mes pleurs d’apatride à l’émotivité déchue. Ma larme renferme la broche kabyle de ma mère, le henné qui fleurait sa main et une pierre de ma maison criblée des traces de mes rires et de mes chroniques d’enfant cédées à la confiance close de mon pacte avec de tristes avantages. J’ai dans ma larme quelques gouttes de la pluie qui tombe sur Alger et un peu des soupirs des justes râlants sur la hampe de son drapeau brûlé. J’ouvre ma larme comme on ouvre... [Lire la suite]

vendredi 16 septembre 2016

LETTRE D'ANTOINE DE ST EXUPERY A NATHALIE ...Extrait

 ... A Nathalie . "Mais je ne puis pas ne pas connaître que je viens d'être pris par la main. Pour la première fois depuis bien longtemps je ferme les yeux. Sur la paix de mon cœur. Je n'ai plus à chercher mon chemin. On ne peut pas m'empêcher de fermer les yeux si je suis heureux. Un peu comme les portes ou les fenêtres des granges. On les ferme une fois qu'elles sont pleines. Tu es en moi comme une provision merveilleuse. Bien sûr je te ferai mal. Bien sûr tu me feras mal. Bien sûr nous aurons mal. Mais ça, c'est la... [Lire la suite]
vendredi 19 août 2016

LE POEME DE PAPIER

Le poète distribuait des poèmes de papier avec des mots d'encre dessus et de la joie, et de la peine dedans les mots du désespoir, des espoirs des questions, de la colère jamais de réponse mais des doutes Il y avait du passé dedans et des errances et du vivant Il voulait que ses mots ouvrent des chemins que ses poèmes soient des clefs dans la serrure des cerveaux en faire des grenades de soleil Dégoupiller le soleil et BOUM sur les frontières Mais c'est un poème de papier qu'un passant a jeté par terre après avoir... [Lire la suite]
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lundi 6 juin 2016

PRIERE D'UN DESOEUVRE

Père,descends des cieux, j'ai oubliéles prières que la grand mère m'a enseigné,la pauvre, elle repose en paix à présent,elle n'a plus à laver, nettoyer, elle n'aplus à se tracasser toute la journée à propos de vêtements,elle n'a plus à veiller la nuit, de peine en peine,à prier, à t'implorer des choses, à regimber doucement.Descends des cieux; si tu y es, alors oui descends,car je me meurs de faim dans mon recoin,car je ne sais pas de quoi sert que je sois né,car je vois mes mains rejetées,je n'ai pas de travail, je n'ai rien,baisse... [Lire la suite]
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vendredi 1 avril 2016

ANACHRONIQUE...Extrait

Puis-je te demanderde fonder pour moid'un seul motle ciel de l'ancienne douceurde me rendrel'usage des larmespour qu'apparaisseau bord d'un cilclair et parfaitl'infime alphad'une peine de mon enfanceque mon coeurloin très loindans les saisons du sangbat comme une peine étrangèrePuis-je te demanderde mentir pour moide nouveaucomme savent mentir les fablesde lire comme avantô dernière sibylled'illisibles messagesdans le vol des oiseauxet de traduire en transparencesous tes paupières closesle dialecte de ceuxqui ont oublié qu'ils sont... [Lire la suite]