jeudi 8 février 2018

POURTANT, UN JOUR...

Quand le ciel est raide, dénué de la générosité qu’il offre au crépuscule pour couvrir le jour quand il décline, quand son bleu se lénifie à devenir le mauve parme que produit la blessure ; quand l’aube peine à étaler sa blancheur véloce à refuser aux sourires l’extase de creuser les fossettes ; quand la nuit s’écrase sur les massifs des nostalgies sans douceur, sans courtoisie ; quand les étoiles sont fuyantes, quand elles s’éteignent subitement après leur apparition augurant de nouvelles surprises dures à porter ; quand les cœurs... [Lire la suite]

vendredi 2 février 2018

MYSTIQUE SYNTHESE

Par le chemin qu'il obombrel'arbre se rappelle en la caressant à l'histoire de la rivière D'entre la canopéeles plus hautes futaies la solitude des mornes plaineset le vergerla frondaison renaît à son chant plurielau comble du cantiquecomme il élèvesolennel les racines au ciel Jamais muet jamais figé qui n'enténèbre ni le jour ni la halte et rafraîchit pour un temps précieux le pèlerin le repos du ramierAuprès de lui mélope un filet de sourceclaire un faune prélude ... [Lire la suite]
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mardi 30 janvier 2018

CELLE DES YEUX OUVERTS

la vie joue dans le jardin avec l'être que je ne fus jamaiset je suis làdanse penséesur la corde de mon sourireet tous disent ça s'est passé et se passeça va passerça va passermon cœurouvre la fenêtrevieje suis làma viemon sang seul et transipercute contre le mondemais je veux me savoir vivantemais je ne veux pas parlerde la mortni de ses mains étranges.     .     ALEJANDRA PIZARNIK     .      
vendredi 29 décembre 2017

LA VOIX DE PERSONNE...Extrait

J'écoute la rumeur qui monte des choses. La pensée vide, j'entre en résonance. La parole peut jaillir d'une simple motte de terre ou d'un reflet dans la vitre. Ce ne seraient d'abord que des murmures épars, des chuchotements qui lentement se rassembleraient et finiraient par former un début de phrase encore balbutiante. Puis, de ruisseau, la petite voix deviendrait rivière et fleuve. Chargée d'alluvions, peut-être de pépites, la phrase prendrait de l'ampleur, se laisserait porter par le courant jusqu'à la haute mer. Dans les... [Lire la suite]
vendredi 8 décembre 2017

UN GOÛT DE FRUIT MÛR...Extrait

Pensées vers Agnès  . Crois-tu que le bleu de l'encre couvrira les cris ? Crois-tu que l'encre couvrira le gris ?   C'est dire qui fait mal. C'est mettre en mots cette longue nécessité cette respiration hachée jamais apaisée.     C'est dire les angles morts les poussées   les passages de travers l'encore informe qui fait mal.     C'est crever les ombres éprouver les figures enfanter le chant supporter la lenteur du silence.     C'est s'abandonner à la... [Lire la suite]
samedi 4 novembre 2017

LA TRANSFIGURATION DE L'HOMME...Extrait

Il faudrait pouvoir restituer au mot « philosophie » sa signification originelle : la philosophie —- l'« amour de la sagesse » — est la science de tous les principes fondamentaux ; cette science opère avec l'intuition, qui « perçoit », et non avec la seule raison, qui « conclut ». Subjectivement parlant, l'essence de la philosophie est la certitude ; pour les modernes au contraire, l'essence de la philosophie est le doute : le philosophe est censé raisonner sans aucune prémisse (voraussetzungsloses Denken), comme si cette condition... [Lire la suite]

samedi 4 novembre 2017

LA ROUE COSMIQUE VI

Merci Adélita...   Il y a la beauté que nous pouvons voir, Ou bien entendre — que ce soit dans la nature Où en tant qu’art ; puis dans l’espace de la pensée : Au pays de la poésie, sur la trace des dieux. Chaque mode de conscience spirituelle a Un élément de beauté que nous percevons ; Puisse la bénédiction qui rayonne de l’Esprit Jouer sur les cordes de harpe de notre âme.   .     FRITHJOF SCHUON   .       Oeuvre Gérald Bloncourt www.bloncourtblog.net       ... [Lire la suite]
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lundi 30 octobre 2017

MA VIE GRAPILLE DE CI DE LA

Au bout de l’heure tragique, j’ai perdu le contrôle de ma vitesse intérieure. Je me suis abandonné à l’hégémonie du souffle et il m’a percuté de sa lame tranchante.  La différence n’est pas toujours là où on le croit. Etonnant ce corps qui vieilli et dont on conserve la sensation d’avoir toujours vingt ans. Sans doute, pour tous ceux qui ont connu l’handicap dès la première heure, la notion de différence n’égale pas celle de la comparaison. Le déchirement de nos pensées et de l’estime que l’on se porte peut nous être fatal.... [Lire la suite]
samedi 30 septembre 2017

PHILOSOPHIE ET POESIE...Extrait

... La pleine actualisation de ce que nous sommes n'est possible qu'au regard d'autre chose, d'une autre présence, d'un autre être qui aurait la vertu de nous mettre en mouvement. Car il nous faut sortir de nous-mêmes ; mais comment, à cause de qui, si nous ne sommes pas amoureux? Saint Jean de la Croix écrit : «  Mon âme est employée / ainsi que tout mon bien à son service » Pour que nous soyons pleinement nous-même, il faut que quelque chose ait rendu présent notre trésor, que ce qu'on appelle le « fond de... [Lire la suite]
samedi 23 septembre 2017

AU CLOU ROUILLE DU SOIR

Lumièreà la vie brève, comme l’est un jour de décembre, aux heures sans douceur, à moins qu’elles fussent de neige et de silence tamisé,où toute branche délestée d’oiseau ne tremble que du poids sans couleur de l’attente dans laquelle s’infiltre et remonte la crue inexorable de la nuit.On observe cette heure dont on ne sut que faire, dont les fleurs de givre s’accrochent aux barbelés des mots et aux ronces de la mémoire, essayant de comprendre en quoi ce qui finit allège de sa solitude tout ce qui a déjà échu. Ces coulisses d’un temps... [Lire la suite]
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