dimanche 22 mai 2016

CE QUI FUT SANS LUMIERE...Extrait

Peintre, Dès que je t'ai connu je t'ai fait confiance, Car tu as beau rêver tes yeux sont ouverts Et risques-tu ta pensée dans l'image Comme on trempe la main dans l'eau, tu prends le fruit  De la couleur, de la forme brisées, Tu le poses réel parmi les choses dites. Peintre, J'honore tes journées, qui ne sont rien  Que la tâche terrestre, délivrée Des hâtes qui l'aveuglent. Rien que la route Mais plus lente là-bas dans la poussière. Rien que la cime Des montagnes d'ici mais dégagée, Un instant, de l'espace. Rien que le bleu... [Lire la suite]
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samedi 7 mai 2016

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

L'amour, dis-tu, ce sont des mots. Tu fais des phrases: tu mourras en faisant des phrases.Tu parles comme tu respires. Tu fabriques des paroles avec l'air même que tu respires. Mais tu voudrais savoir pourquoi. Quels chemins suit la langue de la pensée jusqu'à la voix ? Les noms les plus chers ne sont- ils dans la tête qu'une substance chimique ? La phrase une électricité ? Qui donc y mélange ces pigments qui te font le bleu entre toutes les couleurs ? As- tu des bords de mer, des villes énormes et des montagnes derrière les yeux ?... [Lire la suite]
mercredi 20 avril 2016

BRUNO ODILE

L’incertitude de ce qui advient, malgré la détermination que nous avons à empoigner le réel pour le domestiquer, trahit les promesses d’existence à jamais perdues. L’impossibilité pour l’agir humain de plier le réel à ses seules volontés, nous contraint aux rêves et aux fantasmes. Quasiment jamais maître des événements, nous ne sommes plus propriétaires des aventures que nous vivons mais seulement du sens que nous leur donnons. Alors, nous apprenons, avec plus ou moins de réussite, à modifier nos désirs plutôt que l’ordre du monde.... [Lire la suite]
dimanche 6 mars 2016

IL Y A UN VIDE

A côté de chaque ligne, il y a un vide. Est-ce l’ombre que la ligne projette ou le modèle qu’elle copie? De toute manière, qu’est-ce qui soutient la ligne et comment ne se perd-elle pas dans le vide? Sous chaque couleur, il y a un vide. Chaque couleur est-elle la naissance d’un abîme ou seulement sa surface habitable ? De toute façon, que dit ainsi la couleur et que dirait-elle s’il n’y avait pas de vide? Dans chaque corps, il y a un vide. Le corps est-il un refuge du néant ou seulement un malentendu entre ses cavités? Mais alors... [Lire la suite]
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samedi 27 février 2016

VERHAEREN

Lassé des mots, lassé des livres,Qui tiédissent la volonté,Je cherche, au fond de ma fierté,L'acte qui sauve et qui délivre.La vie, elle est là-bas, violente et féconde,Qui mord, à galops fous, les grands chemins du monde.Dans le tumulte et la poussière,Les forts se sont pendus à sa crinièreEt, soulevés par elle et par ses bonds,De prodige en prodige,Ils ont gravi, à travers pluie et vent, les montsDes audaces et des vertiges.L'action !J'en sais qui la dressent dans l'airTragiquement, sur ciel d'orage,Avec des bras en sang et des... [Lire la suite]
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mercredi 17 février 2016

LA PRISON DU CIEL

N'être pas mêmetrace de sa pensée− ce désespoir d'avoirdépensé son dernier nuage − Seulementle sujet d'une biographieentre fable & aveucherchant un verbe de passageune occasion d'appareillerpour aller fonder l'Acropolede quelques volées de vocables& d'oiseaux mangeurs de soleils * Naître en prenant le temps l'espacecomme on prend un train pour ailleurspour des vergers comme des pagesd'abeilles butinant le blancquand l'allégresse des enfantssurgit de la légende fraîchedu linge qui gifle le vent * Le sens de quel... [Lire la suite]

lundi 1 février 2016

LA MORT A DISTANCE

Il me faudra partir, je le sais, avec dans les yeux de la mémoire, les images presque effacées de ceux qui ne sont plus. Déjà leurs gestes, leurs visages, si je n'y prends garde, se brouillent lentement, se confondent. Je prête à l'un le sourire de l'autre, j'oublie la chaleur de ce bras, le parfum de cette chevelure. J'oublie, mais rien ne s'éloigne. Je suis seul, et je suis cerné par les ombres. Je marche, entouré de rumeurs. Ce qui devait se perdre sous la terre, ce qui demeurait pris dans sa minute ultime et son lieu, a regagné le... [Lire la suite]
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samedi 23 janvier 2016

MAINS

Quel contact étonnant, vieil homme, établissent tes mains avec les nôtres !Que les siècles de mort sont vains devant tes mains...L’artiste sans nom comme toi les a surprises dans un mouvement de prisedont on ne sait s’il vibre encore ou s’il vient de s’éteindre,Les veines battent, ce sont des vieilles veines durcies par le chant du sang,ah, que prennent-elles, tes mains de vigueur finissante,s’agrippent-elles à la terre, s’agrippent-elles à la chair,la dernière ou l’avant-dernière fois,ramassent-elles le cristal qui contient la... [Lire la suite]
lundi 23 novembre 2015

LECON DE CHOSES

La pensée brève et le cœur en chemin s’exercent à voir, à entendre, à toucher… Nos pas s’étonnent des bavardages du gravier, des bourgeons découverts à l’ombre d’un rosier, des notes volatiles qui fusent du buisson, d’un silence sans cesse à éclore dont les profonds gisements sous-tendent notre marche, tandis que ton nom berce les fibres de nos êtres, les recouvre de sa tendresse, aime en nous ce qui ne peut comprendre, ce qui ne se dispose qu’à goûter…   .   BERNARD PERROY   .   Photographie Joanna... [Lire la suite]
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mercredi 11 novembre 2015

JOSEPH DELTEIL

Aucune partie du monde ne me semble médiocre, aucune cellule animale ou végétale ne me semble indigne de l’art. Au point de vue vital, une fleur qui fleurit, c’est aussi beau et mystérieux qu’un Bergson qui pense. La matière est une, et je tâche de trouver les harmonies nécessaires, les justes correspondances, entre un grain de sable et un cœur de femme. .   JOSEPH DELTEIL . Oeuvre Nathalie Magrez
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