jeudi 17 janvier 2019

FICTION D'UN DEUIL...Extrait

"Meknès... Mon père portait le nom du plus puissant de tes sultans... Celui qui t’a bâtie palais et mausolées, mosquées et minarets sur les ruines des kasbah, t’a ceinte, dieu jaloux de ses propres miracles ou amant suspicieux jugulant les oracles que tes charmes surfaits et de ses mains fardés lui promettaient ardentes honteuses trahisons, d’une muraille plâtrée courroie de chasteté dont il ne reste plus aujourd’hui que les portes, closes, cent, dérisoires cadenas, plantés là dans la terre massives solitudes où Dieu même a... [Lire la suite]
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samedi 22 décembre 2018

FILS DE LUMIERE

  des fils aux pèresnous avons étéqui ils serontavons-nous comprisqu'il restera du noirà la lumièreplus loin que nousmaintenant c'est toiqui me fais signepour creuserun ciel perduet fleurir un autresoleil         MICHEL EKHARD ELIAL         Oeuvre Salvador Dali  
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samedi 22 septembre 2018

FICTION D'UN DEUIL

Hommage à mon père... pour ses marguerites et ses coquelicots, qu'on admirait sans jamais les cueillir   . L’innocence, je l’ai toujours vue accrochée à ton regard comme un voile d’eau qui danse les lumières du monde, enveloppe et sublime chaque chose du monde  Les chevelures folles des enfantsLa nacre des coquillages aux teintes indécidablesSculptésAux croisées des vents et des marées Un chapelet de beignets enfilés dans une feuille de palmierLes marchands ambulantsLes figues fraîches et le maïs grillé sur les... [Lire la suite]
jeudi 26 juillet 2018

ANACHRONIQUE...Extrait

Quand j'ouvre l’Odyssée pour t'en lire une page ne me demande pas à moi qui fus déjà Hamlet & Gulliver -tant d'autres personnages- d'être celui que j'ai cherché avec les yeux de Télémaque     Toi l'enfant de six ans & moi le vieux marin de siècles de littérature qui durant sa vie affréta tant de contes corsaires nous voici une fois de plus embarqués tous les deux sur la même émotion sur le même poème     Il nous faudra contourner des charmes sournois & sauver de philtres... [Lire la suite]
mercredi 1 novembre 2017

ANECDOTES

En ce jour saint comme en d'autres je pense à Simon Paul et Léontine, mes chers père et mère - Henri-Louis Pallen . Mon père parlait aux grives, aux merles, aux moineaux et il avait une main droite qui savait tout faire, des objets petits ou grands, avec ingéniosité. Bricoler, comme susciter le chant d’une guitare. Ma mère aimait le café bien frais, c’est-à-dire chaud qu’elle sucrait rarement, avec du miel de lavande, ses yeux s’émerveillaient devant les roses du jardin. Elle avait des robes élégantes, elle était... [Lire la suite]
mardi 13 juin 2017

ANDRE LAUDE...Extrait

... Le paysage de l’enfance morte s’étend devant nos yeux En pure perte nous cherchons le visage du père, le visage de la mère Cette solitude n’a pas de nom, Rien qu’un immense désert ossifié. Nous avions vécu, par instants miraculeux, d’herbes folles, de fruits sauvages, acides Puis vînt le temps de la grande famine Alors nous entrâmes dans les villes avec l’allure superbe de ces lions aux ongles coupés aux crocs limés. Tout meurt sous les paupières des rêveurs obstinés, Y compris la mort. ... . ANDRE... [Lire la suite]
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vendredi 20 janvier 2017

LA CARCASSE

L’eau elle aussi quitte le portun reflet attend en lignespour partiret là je suisce petit ce petit enfantenfin seul avec l’énorme navireElle doit porter le nom de silencecette baleine de ferendormie sur le flancdans le port retenant son souffleun nom rouillé sortid’une langue inconnueinconnueEt personne ne viendrame donner à moi un nomle bout des cordages semble d’eaules parois sont couchées sur le doscorps saupoudrés de lumièreje peux voguer si nous voguonsje peux errer pour toujoursà travers les couloirs qui rouillentavec ma peur... [Lire la suite]
samedi 28 novembre 2015

A LA RECHERCHE DU RAT TROMPETTE...Extrait

Aujourd'hui, décès du poète Jean Joubert . Les bergers ne devaient pas être loin, et, comme la lumière commençait à baisser, ils finiraient bien par revenir. Nous nous sommes donc assis sur l'herbe, mon père a allumé sa pipe, et, d'un air bienheureux, il a fait quelques ronds de fumée. Moi, je mâchais un brin d'herbe, et je regardais le soleil s'enfoncer derrière les crêtes en décochant dans le ciel quelques jolis rayons dorés. L'ombre peu à peu gagnait les pâtures, où crissaient les grillons. Mon père avait tiré l'anthologie de son... [Lire la suite]
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samedi 2 mai 2015

TRACES

J’aurai mis du temps, Fès, à venir jusqu’à toi. Je me suis perdue dans les rues de Tinga, le visage raturé d’un inconnu qui ne me quitte plus, les ruelles bleutées de Chaouen, les montagnes du Rif qui chutent dans la mer. J’ai délaissé les trains pour des cars penchés comme la tour de Pise, et qui allaient pare-brise éclaté et poulets caquetant parmi les passagers. J’aurai mis du temps à venir jusqu’à toi, tout fait pour retarder le moment redouté de l’étreinte à mimer dans la traque des traces d’une absence insensée que j’avais peur... [Lire la suite]
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vendredi 14 février 2014

JOURS DE GRIS...Extrait

On passe quelques mois Quelques années sur la terre Sans comprendre vraiment Ni ses parents ni ses enfants. On passe son temps à traverser la rue Tout en récitant des prières Pour finir par comprendre Que le ciel est désolé ou désert. Les Dieux sont des icônes de poussière Au fond du jardin de son père Comme le fatras de l’enfance dans les bassines Les repas de famille sur les chaises du silence familier Comme la brouette dans son nid d’étoiles oubliées La mémoire est un désordre de locataire Comme tout ce qui semble perdu Comme tout... [Lire la suite]