dimanche 25 mars 2018

LE RÊVE DE GRAMSCI...Extrait

Perdre notion de la douceur de l'amande écale éclatée Perdre notion de ce lexique où se prirent tous mes oiseaux quand faseillaient les feuilles quand chaque arbre était singulier dans sa façon de ciseler l'espace & sasser la lumière Oh les mots de ma préhistoire Oh cette cécité loin du livre initial J'ai laissé tous mes gestes dans la conscience d'hommes maigres & secs de pauvres traversant le plus clair des jours pour échanger des grains des mots ou pour prendre le thé le temps de ne rien dire écouter... [Lire la suite]

mercredi 21 mars 2018

CHANSON

Toi, à qui je ne confie pas mes longues nuits sans repos, Toi qui me rends si tendrement las, me berçant comme un berceau ; Toi qui me caches tes insomnies, dis, si nous supportions cette soif qui nous magnifie, sans abandon ? Car rappelle-toi les amants, comme le mensonge les surprend à l'heure des confessions.   Toi seule, tu fais partie de ma solitude pure. Tu te transformes en tout : tu es ce murmure ou ce parfum aérien. Entre mes bras : quel abîme qui s'abreuve de pertes. ils ne t'ont point retenue, et c'est... [Lire la suite]
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lundi 21 août 2017

DES HEURES FROIDES...Extrait

Pays bleu qu’on lisait à la chaleur du poêle À bûches cassées par les cantonniers. On savait lire en vrai. Le bleu N’avait pas un nuage. Si bleu si nôtre qu’on n’avait pas d’âge. Pas encore piétiné la sciure des doutes. Les années étaient nues Sans robe noire. Maintenant Où sont les mots inséparables Pays bleu ? Déjà perdus ?     .     MARCEL MIGOZZI     .   Oeuvre Raoul Dufy
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jeudi 13 juillet 2017

NOTES SUR LA MELODIE DES CHOSES...Extrait

L'un entend plus, l'autre moins, de la puissante mélodie de l'arrière-fond. Beaucoup ne l'entendent plus du tout. Eux sont comme des arbres qui ont oublié leurs racines. Beaucoup n'ont pas le temps de l'écouter. Ce sont des pauvres sans patrie, Qui ont perdu le sens de l'existence. Ils tapent sur les touches des jours Et jouent toujours la même monotone note diminuée. Il faut avoir démêlé la ligne vivante qui porte les autres. Il faut avoir oublié le beaucoup pour l'amour de l'important. Une fois qu'on a découvert la mélodie de... [Lire la suite]
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vendredi 26 mai 2017

GENS SERIEUX S'ABSTENIR...Extrait

A Maya...     C'est un chat mourant qui m'observe il me demande guéris-moi toi l'homme à qui j'accorde foi il ne suffit pas de m'aimer à ta façon un peu distraite tu devrais pouvoir me soigner si tu étais ce dieu des bêtes que certains disent que tu es et je lui parle doucement maintenant au-delà des ans il est compagnon de mes veilles il est présent quand je m'éveille et je suis certain qu'il m'attend quelque part dans un creux du temps . . . . JEAN-CLAUDE PIROTTE . . . . .
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mercredi 19 avril 2017

ETAT DES LIEUX

Maintenant Je laisse ma vie fuir son cours Les heures filer dans mes doigts le sable s’entasser sous mes dents le vent Vide façonner mes dunes y bâtir des escaliers à dévaler revenir Aux sources du mal en avaler les boues Dosant habilement les vins aux goût de bois Les drogues licites des pharmacies leurs bulles opiacées leurs benzos Car je sens qu’il ne vaut mieux pas que je reprenne conscience Tout à fait Ni que la colère flambe ni qu’elle prenne une perfection de symphonie Giclant d’un seul envol de violons et de bois Ni que je... [Lire la suite]

vendredi 14 avril 2017

SERGE WELLENS...Extrait

Du fond d'un trou de mémoireje regarde passer le cieloù rien ne se passe vraimentqu'un léger très léger frémissementpareil au rêve inhabitéd'une eau dormanteJe cherche désespérémentle visage d'un mot nécessairequi se défaisant me défaitIl me reste la lenteurobstinée de son refus d'êtrePour un peu de temps encorele sillage d'une trace.   .   SERGE WELLENS   .    
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jeudi 2 février 2017

PAUL AUSTER ...Extrait

De la perte. Et d’une perte telle qu’elle pille l’esprit – jusqu’à la perte même de l’esprit. Commencer avec cette pensée : sans rime ni raison. Et puis simplement attendre. Comme si le premier mot venait seulement après le dernier, après une vie d’attente du mot qui était perdu. Ne pas dire plus que la stricte vérité : les hommes meurent, le monde déçoit, les mots n’ont aucun sens. Et par conséquent ne rien demander que les mots. Mur de pierre. Coeur de pierre. Chair et sang. Autant que tout ceci. Plus.   . ... [Lire la suite]
samedi 26 novembre 2016

PIERRE BERGOUNIOUX...Extrait

Nous avons perdu la félicité indistincte qu'on voit aux bêtes, aux poissons enchâssés dans l'eau cristalline, aux bêtes des bois couleur de feuilles mortes, aux oiseaux ivres d'air. Nous sommes devenus pensifs et, par­tant, étrangers, frêles, frileux, vulnérables. Il nous faut une table, un toit, du feu, une maison. Nous nous souvenons parfois d'avoir été au monde pleinement, sans états d'âme, d'un très lointain commencement. Je rêve, pour finir, d'une lande ouverte à tous les vents où l'on verrait ce qu'il en est de nous et de tout... [Lire la suite]
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mardi 8 décembre 2015

POEME A CRIER...Extrait V

Une pensée pour Agnès . ... Tu as bercé tant de fruitsles tiens ou d’autrestrop grands parfois pour tes mains,trop exigeants.De nouveau si prochecette brûlure de l’absoluinvasion fulguranteespéréequi te grandit et te portequi mène ta mainvers des calligraphies inconnuesque tu ne voulais pas voir.Tu te replies vers ton silencevers tes secretsc’est là que tu habites le mieux.A vif toujours et encoreà vif      à découvert,dénudée.Le chemin se traînaitdans la lumière perduele chemin s’égarait et tu... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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