mardi 14 mars 2017

GILLES DELEUZE...Extrait

"La bêtise est une structure de la pensée comme telle : elle n'est pas une manière de se tromper, elle exprime en droit le non-sens dans la pensée. La bêtise n'est pas une erreur, ni un tissu d'erreurs. On connaît des pensées imbéciles, des discours imbéciles qui sont faits tout entiers de vérités ; mais ces vérités sont basses, sont celles d'une âme basse, lourde et de plomb. ... Lorsque quelqu'un demande à quoi sert la philosophie, la réponse doit être agressive, puisque la question se veut ironique et mordante. La philosophie ne... [Lire la suite]
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jeudi 2 mars 2017

MARIA ZAMBRANO...Extrait

Ce n'est pas lui-même que cherche le poète, c'est tous et chacun. Son être n'est qu'un véhicule, n'est qu'un moyen pour qu'une telle communication se réalise. Une médiation, l'amour qui lie et délie, qui crée. La médiation de l'amour qui détruit, qui consume et se consume, de l'amour qui s'arrache la vie. Pourra-t-il venir le jour bienheureux où la poésie recueillera tout le savoir de la philosophie, tout ce que la distance et le doute lui ont appris, afin de donner forme avec lucidité et pour tous à son rêve?   .   ... [Lire la suite]
dimanche 26 février 2017

L'AIR ET LES SONGES...Extrait

« Partout, l’âme du monde renouvelée dans l’inspiration du poète a une individualité profonde. La rafale est sauvage et pure. Elle meurt et renaît. Et le poète suit la vie même du souffle cosmique. Dans le vent d’Ouest il respire une âme océanique, une âme vierge de toute atteinte terrestre. Et la vie est si grande que l’automne lui-même a un avenir. »   . GASTON BACHELARD   .                    
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jeudi 2 février 2017

LA POETIQUE DE L'ESPACE...Extrait

Et tous les espaces de nos solitudes passées, les espaces où nous avons souffert de la solitude, joui de la solitude, désiré la solitude, compromis la solitude sont en nous ineffaçables. Et très précisément, l'être ne veut pas les effacer. Il sait d'instinct que ces espaces de sa solitude sont constitutifs. Même lorsque ces espaces sont à jamais rayés du présent, étrangers désormais à toutes les promesses d'avenir, même lorsqu'on n'a plus de grenier, même lorsqu'on a perdu la mansarde, il restera toujours qu'on a aimé un grenier,... [Lire la suite]
lundi 30 janvier 2017

CARNETS - CAHIER I...Extrait

« On mène une vie difficile à vivre. On n'arrive pas toujours à ajuster ses actes à la vision qu'on a des choses. (Et la couleur de mon destin, alors que je crois l'entrevoir, la voici qui fuit devant mon regard.) On peine et lutte pour reconquérir sa solitude. Mais un jour la terre a son sourire primitif et naïf. Alors c'est comme si luttes et vie en nous sont d'un seul coup gommées. Des millions d'yeux ont contemplé ce paysage, et pour moi il est comme le premier sourire du monde . Il me met hors de moi au sens profond du mot. Il... [Lire la suite]
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lundi 30 janvier 2017

CARNETS - CAHIER I

Ne pas se séparer du monde. On ne rate pas sa vie lorsqu'on la met dans la lumière. Tout mon effort, dans toutes les positions, les malheurs, les désillusions, c'est de retrouver les contacts. Et même dans cette tristesse en moi quel désir d'aimer et quelle ivresse à la seule vue d'une colline dans l'air du soir. Contacts avec le vrai, la nature d'abord, et puis l'art de ceux qui ont compris, et mon art si j'en suis capable. Sinon, la lumière et l'eau et l'ivresse sont encore devant moi, et les lèvres humides du désir. Désespoir... [Lire la suite]

mardi 13 décembre 2016

HEIDEGGER

Chemins, chemins de la pensée ; ils vont d’eux-mêmes, ils s’échappent. Quand donc amorcent-ils à nouveau le tournant, dégageant la vue sur quoi ? Chemins allant d’eux-mêmes, jadis ouverts, soudain refermés, plus tard. Montrant de l’antérieur, jamais atteint, voué au non-dit – relâchant les pas à partir de l’accord d’un fiable destin. Et à nouveau presse une ombre incertaine dans la lumière qui tarde.       MARTIN HEIDEGGER       Oeuvre Soon Young Lee
samedi 19 novembre 2016

QUID ?

Nous sommes dans cet ailleurs hors espace et hors du temps où ne nous est consentie aucune place réelle ; que point ne soit d’amour sans le vœu de se transformer, à de minces esprits paraît chose inintelligible, laisse au-devant des affres notre conscience éveillée, montrant à tous l’importance sans borne de notre tâche d’ouvreurs de neuves étoiles, tueurs du Mythe ancien. Nous n’œuvrons pas, depuis le re façonnage de l’homme, à sa désintégration ou son éparpillement, conscrits du point d’honneur à jaillir du commun silence,... [Lire la suite]
jeudi 17 novembre 2016

ECCE HOMO...Extrait de PREFACE

« Je ne suis nullement, par exemple, un croquemitaine, un monstre moral, - je suis même, de par nature, à l'antipode du genre d'hommes qu'on a vénérés jusqu'ici comme vertueux. Il me semble, entre nous, que c'est justement ce qui me fait honneur. Je suis un disciple du philosophe Dionysos ; j'aimerais mieux, à la rigueur, être un satyre qu'être un saint. Mais on n'a qu'à lire cet écrit. Peut-être ai-je réussi à y exprimer cette opposition de façon sereine et philanthropique, peut-être n'a-t-il pas d'autre but. « Améliorer » l'humanité... [Lire la suite]
samedi 22 octobre 2016

CRITIQUE DE LA RAISON PRATIQUE ... Extrait

« Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s'incline, que je le veuille ou non, et si haut que j'élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité. Pourquoi cela? C'est que son exemple me présente une loi qui rabaisse ma présomption, quand je la compare avec ma conduite, c'est qu'il m'est prouvé par le fait que l'on peut obéir à cette loi, et par conséquent la pratiquer. Or, je puis être... [Lire la suite]