vendredi 10 novembre 2017

AU PRINCE / AL PRINCIPE

Si le soleil revient, si le soir descendsi la nuit a un goût de nuits à venir,si un après-midi pluvieux semble revenird’époques trop aimées et jamais entièrement obtenues,je ne suis plus heureux, ni d’en jouir ni d’en souffrir ;je ne sens plus, devant moi, la vie entière…Pour être poètes, il faut avoir beaucoup de temps ;des heures et des heures de solitude sont la seulefaçon pour que quelque chose se forme, force,abandon, vice, liberté, pour donner un style au chaos.Moi je n’ai plus guère de temps : à cause de la mortqui approche, au... [Lire la suite]

dimanche 11 juin 2017

POESIES 1943-1970...Extrait

Déjà brûlant, le soleil neuf chauffe les crépis, la poussière – et gaine les plantes d’ardent et tranquille éblouissement. Elles s’éveillent dans la lumière qui supprimant le vert leur donne une autre forme dans la violente clarté, dans le tiède silence qui précède la vieille touffeur – et cette lumière qui les vêt semble être leur existence même, une vie identique à la vie humaine, mais combien plus heureuse dans sa fraîche extase de soleil. J’attends que parlent les plantes – prises par le profond sourire qui s’exhale de la terre... [Lire la suite]
jeudi 17 janvier 2013

POESIE EN FORME DE ROSE...Extrait

L'intelligence n'aura jamais de poids, jamaisdans les jugements de cette opinion publique.Pas même sur le sang des camps d'extermination, tu n'obtiendrasde la part de l'une des millions d'âmes de notre nation,un jugement net, pleinement indigné :irréelle est chaque idée, chaque passionde ce peuple désormais dissociédepuis des siècles, et dont la douce sagessel'aide à vivre, et pas à être libre.Exhiber mon visage, ma maigreur –faire entendre ma voix solitaire et puérile –cela n'a plus de sens : la lâcheté habitueà voir mourir de la... [Lire la suite]
lundi 19 mars 2012

PIER PAOLO PASOLINI

Chaque jour est le dernier dans l’étonnement de la touffeur matinale, des fraîches voix : et à quoi sert d’être clair, au-dedans de soi-même, pour l’éprouver dans l’extension complète de son temps si l’heure de la vie est toujours la dernière ? L’avoir trop éprouvée, et ainsi consommée : voilà pourquoi je vis dans le miracle de la voir encore intacte. Personne ne sait plus que moi la goûter avec autant d’enfantin et féminin abandon, mais personne ne ressent plus que moi cette joie vierge comme un sacrilège. ... [Lire la suite]
vendredi 17 juin 2011

POEMES FRIOULANS...Extrait

« Lointaine avec ta peauBlanchie par les roses,Tu es une rose qui vit et ne parle point.Lorsqu’au fond de ta poitrineTe naîtra une voix,Muette, toi aussi,Tu porteras ma croix.Muette sur le dallage du grenier, sur les marches,Sur la terre du potager,Dans la poussière des étables…Muette au foyer,Avec des mots serrésDans ton cœur, désormaisPerdu dans un sentier de silence. » . PIER  PAOLO PASOLINI . Oeuvre Anne-Marie Zilberman.  « Lontàn, cu la to pièlsblanciada da li rosis,i ti sos una rosach’a vif e a no... [Lire la suite]