mardi 18 juillet 2017

UN CHEMIN VERS LA LUMIERE...Extrait

« Le chemin vers la lumière c’est à quoi tend le poème quand il existe. Et réaliser que le poème existe est une illumination. Cette réalité n’a plus besoin de se mettre au service d’un projet prométhéen car ce n’est pas Dieu qui est mort mais bien Prométhée dans les villes bombardées jusqu’à Hiroshima, dans les camps de travail ou d’extermination et dans les goulags. Les ténèbres sont partout et les interdits ont seulement changé de sens. Le prophète Albert Camus dans « la chute » dont on parle peu quand on pense au... [Lire la suite]

mercredi 12 juillet 2017

PAR-DELA LES MOTS...Extrait

Recueillir le grain des heures Éteindre l’étincelle Ravir un paysage Absorber l’hiver avec le rire Dissoudre les nœuds du chagrin S’imprégner d’un visage Moissonner à voix basse Flamber pour un mot tendre Embrasser la ville et ses reflux Écouter l’océan en toutes choses Entendre les sierras du silence Transcrire la mémoire des miséricordieux Relire un poème qui avive Saisir chaque maillon d’amitié   .   ANDREE CHEDID « Par-delà les mots »   .   Photograhie Hengki Koentjoro    
lundi 26 juin 2017

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

L’air m’enveloppe, me berce comme l’eau maternelle douce et sauvage au fond du rêve Je suis sans nom Aigle et poisson dans la tentation du vide et le bouillonnement des choses… Pierre dissoute Liquéfiée dans le vent Le solide n’a plus de base Plus de mémoire Éclatement Pierre torche dans le bouillonnement du monde… Le poème est un court-circuit qui porte l’incendie jusqu’au cœur de nos plus lourds sommeils Rapt et ravissement Il fonce, rapace au bec de braise, sur la vie léthargique…   .     ... [Lire la suite]
samedi 24 juin 2017

AUX SILLONS DU LIRE

«Toi qui sais pétrir la «pierre errante» La ciseler au ciel de l’enfance De «la semence de l’eau » surgit Transparence à l’aube des solitudes tues Faut-il attendre la moisson des orages Pour décloisonner éclairs et appels de la mort ? Ceux qui illuminent les ténèbres de l’exil Miroir fugace à la parole risquée Ton verbe tranche la fulgurance mue Afflue la source de l’immuable agonie Le Poème la reflue gravée entre mer et désert Ainsi rayonne une obscure clairvoyance Polyphonique le poème sonate Retrace la... [Lire la suite]
samedi 24 juin 2017

DES ESPOIRS A VIVRE...Extrait

Pardonnez-moi pardonnez-moi si j’écris un poème c’est que je suis comme vous je ne sais où donner du corps du cœur et de la tête si ce qui est fixé sur mes épaules peut encore porter ce nom car ils l’ont pris pour une photo de fichier une photo d’identité un numéro de matricule un montant d’impôt une unité de recensement un ballon pour jouer avec des pieds et des mains c’est pour cela que j’écris pour montrer le henné de ma main avant de monter la largeur de mes épaules et la blancheur de mes talons je veux... [Lire la suite]
mardi 30 mai 2017

LES ECRITS DANS L'ARBRE...Extrait

Si j’écris un vers à même le songe de ta peau. Ce sera pour ton dos. C’est beau la cambrure des mots. Si j’écris un vers qui tombe dans le verbe de tes seins ce sera un poème jumeau et serein. Si j’écris au pied de la cathédrale de ton âme ce sera pour le vitrail de tes yeux et pour la patience de la flamme. Si j’écris un vers pour tes collines de lumière ce sera la frondaison du désir et le vin de résines. Si j’écris un vers à l’oreille des sources ce sera la pente et les frissons. Si j’écris un mot sur tes cuisses ce sera de l’eau... [Lire la suite]

jeudi 18 mai 2017

DE LA NECESSITE DU POEME - DEBUT DE LA PREFACE

Dès mon enfance, Sous le pommier Je promenais mon rêve, Je devenais printemps. On entre en son poème comme en un monastère de mousses et de fougères, d’eaux souterraines et de pluies de lumière qui n’en finissent pas de tapisser nos âmes, si, du moins, nous acceptons d’accueillir en nous ce murmure très bas, d’une assurance inouïe. Entre la feuille et l’arbre réside la Présence. Et c’est à raison qu’elle nous livre, dès lors, sans détour sa profession de foi : Ma vérité est végétale, Mon église, un nénuphar. … et... [Lire la suite]
vendredi 5 mai 2017

L'EROSION DE L'ÂGE

Je m’enfonce à nu dans le précipice sous ce ciel réfractaire mon souffle vagabonde j’interroge l'épitaphe de l'obscure absence en exil je cueille l'érosion de l'âge j'espère l'indulgence de l'éloignement une armée de cris s'est tue dans ma prairie seul je brave l'incendie de l’étrange songe mon ombre enchaînée à son brasier se consume dépourvue de compassion je jure sur le parvis de cette danse avec l’abîme que la valve de mon cœur ne pliera pas devant le sentier paradoxal de la cruauté je vous ai laissé les ossements de ma... [Lire la suite]
jeudi 27 avril 2017

ENFANT NU COMME L'INSTANT AUX RUINES DE LA DUREE

Sur le mur de la maison détruite demeure le papier peint,comme demeure le poème, une fois le cœur démoli.Vert, violet, de gros dessins jolis, ce papier fossilea la fraîcheur des sentiments neufs,comme le poème dévoile son cœur d’enfant, à l’épreuve du temps.Sur le mur de la demeure en ruines, le papier peint s’expose,à la façon du nourrisson, orphelin d’intention,Œdipe, Moïse, Dionysos ou Persée, Gilgamesh…tous ceux-ci qui, humblement, parmi les roseaux,au creux des flots ou bien à flanc de coteau,sur la roche escarpée se pénètrent... [Lire la suite]
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jeudi 27 avril 2017

ANNE MOUNIC...Extrait

Le poème – une parole qui ne peut, ne veut, prétendre coïncider. L’erreur consisterait à vouloir effacer l’omniprésente disjonction au cœur du temps, de la bouche à l’oreille et du présent à sa reprise, mais il s’agit d’une transcendance par-dessous, qui fonde en fusant sans fonder uniformément, et s’éprouve au fluide de l’intuition, puis de la pensée que peu à peu elle engendre, lorsque les bulles à la surface de l’eau se mettent à former des phrases. Ainsi le remuement des mille lèvres de l’instant, entre ces lignes, le grand... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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