jeudi 18 mai 2017

DE LA NECESSITE DU POEME - DEBUT DE LA PREFACE

Dès mon enfance, Sous le pommier Je promenais mon rêve, Je devenais printemps. On entre en son poème comme en un monastère de mousses et de fougères, d’eaux souterraines et de pluies de lumière qui n’en finissent pas de tapisser nos âmes, si, du moins, nous acceptons d’accueillir en nous ce murmure très bas, d’une assurance inouïe. Entre la feuille et l’arbre réside la Présence. Et c’est à raison qu’elle nous livre, dès lors, sans détour sa profession de foi : Ma vérité est végétale, Mon église, un nénuphar. … et... [Lire la suite]

vendredi 5 mai 2017

L'EROSION DE L'ÂGE

Je m’enfonce à nu dans le précipice sous ce ciel réfractaire mon souffle vagabonde j’interroge l'épitaphe de l'obscure absence en exil je cueille l'érosion de l'âge j'espère l'indulgence de l'éloignement une armée de cris s'est tue dans ma prairie seul je brave l'incendie de l’étrange songe mon ombre enchaînée à son brasier se consume dépourvue de compassion je jure sur le parvis de cette danse avec l’abîme que la valve de mon cœur ne pliera pas devant le sentier paradoxal de la cruauté je vous ai laissé les ossements de ma... [Lire la suite]
jeudi 27 avril 2017

ENFANT NU COMME L'INSTANT AUX RUINES DE LA DUREE

Sur le mur de la maison détruite demeure le papier peint,comme demeure le poème, une fois le cœur démoli.Vert, violet, de gros dessins jolis, ce papier fossilea la fraîcheur des sentiments neufs,comme le poème dévoile son cœur d’enfant, à l’épreuve du temps.Sur le mur de la demeure en ruines, le papier peint s’expose,à la façon du nourrisson, orphelin d’intention,Œdipe, Moïse, Dionysos ou Persée, Gilgamesh…tous ceux-ci qui, humblement, parmi les roseaux,au creux des flots ou bien à flanc de coteau,sur la roche escarpée se pénètrent... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,
jeudi 27 avril 2017

ANNE MOUNIC...Extrait

Le poème – une parole qui ne peut, ne veut, prétendre coïncider. L’erreur consisterait à vouloir effacer l’omniprésente disjonction au cœur du temps, de la bouche à l’oreille et du présent à sa reprise, mais il s’agit d’une transcendance par-dessous, qui fonde en fusant sans fonder uniformément, et s’éprouve au fluide de l’intuition, puis de la pensée que peu à peu elle engendre, lorsque les bulles à la surface de l’eau se mettent à former des phrases. Ainsi le remuement des mille lèvres de l’instant, entre ces lignes, le grand... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 31 mars 2017

ANISE KOLTZ...Extrait

Parfois je ramasse un poème blessé qui meurt entre mes mains Je l’enterre Et ma solitude s’accroît .... Abattez mes branches sciez-moi en morceaux les oiseaux continuent à chanter dans mes racines   .   ANISE KOLTZ   .   Oeuvre Pol Ledent          
Posté par emmila à 10:54 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
samedi 25 mars 2017

HIMOUD BRAHIMI

Si j'avais à choisir parmi les étoiles, pour comparer, le soleil lui-même ne saurait éclipser la lumière du verbe que tu caches aucun lieu sacré, ni aucune capitale ne saurait réunir ce que chaque matin le lever du jour t'offre comme guirlande. Là où le poète dit ce que le coeur enfin fait savoir tout alentour. Là où le poème, comme une miche de pain caresse la faim de l'intelligence. Là où la confession à tendance à se dépasser pour le bien du prochain. Là où la musique enchante le vent et fait danser les vagues et les... [Lire la suite]

dimanche 5 mars 2017

FEU DE VIE

Poème bleu fenêtre, Poème rouge fruit Qui s'envole du rire argenté de la lune Vers nos lèvres assoiffées d'étoiles Et de glissantes caresses infinies, Comme d'un bateau d'amour Et de rêves d'où l'on ne cesse de s'appeler. Poème attentes de jours et de nuits Qui ouvrent le miroir ailé d'un cri, Qui renaît feu d'amour, Feu de toujours, Feu de vie !   .   MOKHTAR EL AMRAOUI " Le souffle des ressacs "   .    
lundi 30 janvier 2017

POCHADE POUR ROBERT MARTEAU

passent les nuages dans un ciel de Poussin puis ma fenêtre disparaît dans un Magritte mal encadré et bourdonne la vie passent les ponts sur l’eau l’eau sous les ponts le vin coulant dans les goulots les gorgotons la vie va et nous allions dans un sonnet disiez-vous la prière est l’abeille de l’abîme c’était enguirlander le vieux néant comme Pollock ou Riopelle et bourdonne la vie Paris où est-ce si je ne sais où nous sommes étions depuis la Butte-aux-Cailles jusqu’en la galerie du Fleuve pendant... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
dimanche 29 janvier 2017

L'ENFANT N'EST PAS MORT...Extrait

Le 21 mars 1960, un massacre eut lieu à Sharpeville. Un vent de violence secoua alors toute l’Afrique du Sud. Au Cap, un bébé noir qui se trouvait dans les bras de sa mère fut tué par des policiers blancs. Ingrid Jonker, indignée, se rendit au commissariat de Philippi pour s’incliner devant le corps ; et écrivit ce poème que le poète Mattheus Uys Krige, son mentor et confident, salua comme « l’un des meilleurs poèmes en vers libres de notre littérature ».  Le 24 mai 1994, lors de son discours d’investiture devant... [Lire la suite]
samedi 21 janvier 2017

DEFENESTRATION DES ANGES ...Extrait

Avant de l'écrire va voir ton poème il t'attend sur le seuil pourquoi es-tu venu il ne le sait pas mets-le en confiance lisez-vous sans hâte face à face ton poème et toi lisez-vous les yeux dans les yeux ainsi font au hasard des puits les gens du désert quand ils se croisent sans avoir marché longtemps qu'il épelle bien chacun de ses mots pour la première lecture car elle est l'inévitable par quoi tu sauras si les yeux de ton poème fuient c'est qu'il est félon égorge-le si au contraire tu sens une grande joie parce que tu as... [Lire la suite]