samedi 8 décembre 2012

PROSES DE L'INTERIEUR DU POEME...Extrait

Quand les mots somnambules vont et viennent sur les parvis de la mémoire, dans l’intervalle, l’entre-temps, la césure éblouie, quel au-delà s’avance à leur rencontre avec sa lampe allumée en plein jour, comme l’Hermite des tarots ? À peine ouverte, la fenêtre déverse en nos yeux la fraîcheur des jacinthes d’eau et l’or en fusion de soleil alchimiste. Le temps pensif, sourcilleux, fait son bourdonnement de guêpe prise au piège d’une vitre, seul à durer parmi tant d’éternités en trompe-l’œil. Sur la laisse de mer, à la frange des... [Lire la suite]
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mardi 27 novembre 2012

EXTRAIT DE L'ETUDE PARUE DANS "ARPA" No 83 - JUIN 2004

   Lorsqu'on sent rechercher, avant tout, une présence intime, juste, plénière au monde et à l'autre, à soi aussi, et à ce qui, comme au-dedans ou au revers, nous porte à l'être – comment écrire ?       Tâcher, en poète, de dire l'intense rencontre vécue ou approchée en des moments privilégiés, avec ce qui l'a entourée, ses abords, ses échos, pour en préserver au moins une trace à retrouver et partager avec autrui, risque de faire éprouver l'impuissance du langage, ou, pire, son danger, et... [Lire la suite]
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mercredi 7 novembre 2012

VIVRE

Je suis un barde fou qui naufrage des univers de papier un archéologue de la douleur, un traqueur de rêves  un explorateur d’imagination, un plaisancier de l’inconscient un topographe de la raison.   Je suis l’enfant qui désapprend le mot pour en extraire les frissons du sens et des pleurs de syntaxe le vieillard qui lentement efface les bruissements de son cœur un homme loup qui hurle à la mort des cœurs le voyageur qui sort de sa vie pour aller aux ailleurs essentiels.   Je suis un marcheur de cieux, un pisteur de... [Lire la suite]
dimanche 4 novembre 2012

ANDRE LAUDE

Je n'ai pas d'autre preuve d'existence que cet obscur labeur de mots où je convoque dieux fleurs fleuves femmes animaux bouts de bois rejetés par la mer rythmes de rumba et rhum de bars de malfrats Ainsi séparé je vais mon chemin solitaire j'ai froid en été et j'ai la fièvre en hiver je ne dors que d'un œil je mange sur le pouce je me tiens aux aguets je me déguise en poussière, en cailloux je ne fais guère plus qu'une rumeur d'eau douce Habitant du verbe je dors en plein désert fusillé par les étoiles : pourtant j'aime la... [Lire la suite]
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dimanche 21 octobre 2012

GASTON BACHELARD

La flamme est un monde pour l'homme seul. Alors, si le rêveur de flamme parle à la flamme, il parle à soi-même, le voici poète. En agrandissant le monde, le destin du monde, en méditant sur le destin de la flamme, le rêveur agrandit le langage puisqu'il exprime une beauté du monde. Par une telle expression pancalisante, le psychisme lui-même s'agrandit, s'élève. La méditation de la flamme a donné au psychisme du rêveur une nourriture de verticalité, un aliment verticalisant. Une nourriture aérienne, allant à l'opposé de toutes les «... [Lire la suite]
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jeudi 4 octobre 2012

LE MENEUR DE LUNE...Extrait

Quand il connut sa vocation il comprit qu'il était poète, pour penser aussitôt qu'il n'avait plus l'âge de la poésie. (….) «  Je ne suis pas l'enfant, se dit-il, je suis le frère de ce qui est, je suis l'incarnation d'une fatalité dont la vie est la forme sensible... » Le poète n'a pas d'âge; il naît... Voix des mers dans une nuit si claire qu'il n'est de bonheur qu'en ce qui dit souviens-toi ! Roucoulements dans le clair de lune dressé sur les pierres, face à l'étang, face à la mer plus loin, face aux yeux clairs du... [Lire la suite]
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jeudi 20 septembre 2012

JE CONTINUE MA LENTE MARCHE...Extrait

Je continue ma lente marche de poète à travers les forêts de ta nuit province d’ombre peuplée d’aphones   Qui ose rire dans le noir ? Nous n’avons plus de bouche pour parler Quel chœur obscène chante dans l’ombre cette chanson dans mon sommeil cette chanson des grands marrons marquant le rythme au ras des lèvres   Qui ose rire dans le noir ? Nous n’avons plus de bouche pour parler Les mots usuels sont arrondis collants du miel de la résignation et la parole feutrée de peur s’enroule dans nos cerveaux... [Lire la suite]
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vendredi 7 septembre 2012

LA TERRE ARRÊTEE...Extrait

Cette fleur qui multiplie les évidencesemprunte à l'eau son nomà la mer son corps lent;le temps rejettera des mots sur le rivageet le silence des décombresbien plus beau qu'un enfant qui meurt Il y a je le sais cette fleur et la terretes yeux comme une phrase d'où partent les naviresla mémoire s'endort dans les greniers liquidescar cette fleur et le poèteont une même histoire de violente écriturepreuve que la pensée n'est pas ce que l'on ditmais sur la plaine un exact incendie. .. NADIA... [Lire la suite]
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dimanche 2 septembre 2012

OISEAUX

Oiseaux fous, oiseaux ivres, Fuyant par milliers Le vacarme des cités tendues, Prêtes à exploser. Oiseaux fous, Oiseaux ivres, Portant haut Le vaste drapeau déchiré Du ciel, Vos cris se perdent Sur les océans migrateurs, Vos plumes se mêlent À leurs pleurs Et rougissent Les pages du monde. Nuit d'encre Où se noient Les rêves de l'albatros. Poète , Marche, Vole ! Les hommes Riront toujours de toi ! Tailler les jours Entailler l'os, La marée épaisse Des rêves écorchés. Ôter à l'oiseau Le droit de voler Ôter à l'humain Toute volonté,... [Lire la suite]
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mercredi 15 août 2012

PREFACE ...extrait

…La méditation du poète n’est qu’abandon, désappropriation. C’est ce qui fait si peur à tousces petits et grands bourgeois de la vie que nous sommes. Tellement attachés à notre lopin, à notremagot, à nos idoles. À ces belles images pieuses, si patiemment coloriées, que nous nous sommesdonnées du monde et de nous-mêmes. La méditation du poète est sans demeure, sans consolation.L’homme de foi y est aussi démuni que l’homme de doute. L’homme de Dieu y est aussi perduque l’homme du monde. Que dire, que faire, lorsqu’il n’y a plus que... [Lire la suite]
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