vendredi 10 novembre 2017

AU PRINCE / AL PRINCIPE

Si le soleil revient, si le soir descendsi la nuit a un goût de nuits à venir,si un après-midi pluvieux semble revenird’époques trop aimées et jamais entièrement obtenues,je ne suis plus heureux, ni d’en jouir ni d’en souffrir ;je ne sens plus, devant moi, la vie entière…Pour être poètes, il faut avoir beaucoup de temps ;des heures et des heures de solitude sont la seulefaçon pour que quelque chose se forme, force,abandon, vice, liberté, pour donner un style au chaos.Moi je n’ai plus guère de temps : à cause de la mortqui approche, au... [Lire la suite]

lundi 23 octobre 2017

L'HOMME, LA PAIX ET LES LARMES...Extrait

N’oublions pas que les premiers poètes et les premiers imagiers ont été d’instinct les chantres des sources, des gerbes, des faucilles, des charrues et des poteries. Ce n’est point que l’abstraction manquât de leur temps. Non, les richesses inscrites et comme fumantes dans le spectacle des choses leur semblaient suffire à tout emportement de plus haute essence. Aussi ce ne sont ni les peintres ni les poètes qui ont rompu toutes relations avec les simples, mais les ministres, mais ceux qui croient que la conception, les spirales de la... [Lire la suite]
dimanche 11 juin 2017

DE L'AVANTAGE D'ÊTRE EN VIE...

À écouter les esprits chagrins, tout serait insignifiant, l’amour une erreur réciproque, la noblesse une imposture, la volupté un fastidieux moment de charcuterie, l’avenir du passé en pire. Selon eux, l’existence devrait débuter avec ressentiment et se terminer dans les regrets. Rien ne leur paraît plus incommodant que l’illuminé qui affirme aimer la vie, qui affirme la vie même. « Pour qui se prend-il celui-là ? » Tandis que le démoralisé délayant les inconvénients d’être né sera perçu comme un être émouvant de sensibilité... [Lire la suite]
mercredi 31 mai 2017

SOURCIERS

J'aime les sourciers qui percent le secret des mondes, Échappent aux croûtes mortelles, aux rigidités stériles, aux sécheresses exemplaires, À tout ce qui retient la vie Et l'empêche de se transformer. J'aime les sourciers Qui savent prendre des risques, Emprunter des chemins audacieux Pour contourner le poids des murailles Des habitudes et des morales. J'aime les sourciers Qui font voler en éclat les portes du temple, Qui n'ont pas peur d'eux-mêmes Ni du regard inquiet qui les fige. Ils savent trouver passage, Ils connaissent la... [Lire la suite]
samedi 27 mai 2017

CHANT XII, MAINTENANT, LE FEU NOMADE

Mon navire est chargé de mémoire de milliers d'années de signes et de lieux du souvenir d'Ulysse qui refusa l'immortalité des ouvreurs de routes, des déchiffreurs d'univers, de toutes les libertés arrachées. Je salue les bardes, porteurs des mots de la tribu le clair parler françois, ma patrie, les poètes du monde, voleurs d'étoiles, brasseurs de nuages sachant, en tapis volant, remonter le temps Et chanter l'Amour et le souci. Le dernier souffle de la saga leur appartient. Au-delà de tous les désastres et de la mort à chaque... [Lire la suite]
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vendredi 30 septembre 2016

LES MOTS

C’est pas donné aux animaux, pas non plus au premier blaireau Mais quand ça vous colle à la peau, putain qu’est-ce que ça vous tient chaud Écrire et faire vivre les mots, sur la feuille et son blanc manteau Ça vous rend libre comme l’oiseau, ça vous libère de tous les maux, Ça vous libère de tous les maux C’est un don du ciel, une grâce, qui rend la vie moins dégueulasse Qui vous assigne une place, plus près des anges, que des angoisses. Poèmes, chansons, brûlots, vous ouvrent des mondes plus beaux Des horizons toujours... [Lire la suite]
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jeudi 8 septembre 2016

NOUS AVONS NOS NUITS INSOMNIAQUES...Extrait

Les poètes proclament le vrai, ils pourraient être dictateurs et sans doute aussi prophètes, pourquoi devons-nous les écraser contre un mur incandescent ? Et pourtant les poètes sont inoffensifs, L’algèbre douce de notre destin. Ils ont un corps pour tous et une mémoire universelle, pourquoi devons-nous les arracher comme on déracine l’herbe impure ? Nous avons nos nuits insomniaques, les mille calamiteuses ruines et la pâleur des extases du soir, nous avons des poupées de feu comme Coppélia et nous avons des êtres turgescents de mal... [Lire la suite]
mercredi 20 juillet 2016

ON SAIT L'AUTRE...

  "On meurt : on meurt, on est à terre. On écoute les poètes, on écoute leur voix, le temps qui passe par leur souffle, venus de tous pays, marchant vers nulle part, on entend le murmure du monde, la mémoire de l'oubli, un long chant lancinant, et qui s'élève : et nous rehausse. Ils sont tous là, assis par terre, le dos au mur, à faire un feu avec la vie. Ils sont là, tous, à faire des flammes avec leurs mains, mettre des braises avec leur bouche, et nous réchauffer le... [Lire la suite]
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dimanche 26 juin 2016

UNE COLOMBE UNE AUTRE...Extrait

Moineau petit événement moineau qui peux en te posant changer le cours de la planète   moineau en qui Saba voyait la sublimation du reptile moineau pendu de Gombrowicz moineau chinois de Neruda en ton hécatombe terrible   merry sparrow  de William Blake comme échappé d’une aquarelle ou sparrow des Nursery Rhymes qui cherche dans arrow sa rime moineau de Mutis souverain des silences du Mexuar   moineau sautillant dans Catulle moineau malin moineau sublime moineau témoin moineau victime moineau qu’un soir à... [Lire la suite]
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mardi 21 juin 2016

DE KATEB YACINE A REZKI RABIA

L’hymne séducteur du clair de lune évacue les prières sans lumières des passions qui croquent du pain nu entre les actes d’une comédie du bonheur. Quand tout solitaire à la main veuve et vierge est en majesté sous le froc, toute amante désire être aux anges alors que le diable, grelottant d’envie sous les huiles, hue l’humour de se surprendre nu aussi. Quoi qu’en dise, le diable également s’implique de ses farces dans le jeu des proses et le vouloir d’aimer sous les aubes en fuites. Disons, qu’il sait faire causer l’airain sous les... [Lire la suite]