jeudi 18 mai 2017

DE LA NECESSITE DU POEME - DEBUT DE LA PREFACE

Dès mon enfance, Sous le pommier Je promenais mon rêve, Je devenais printemps. On entre en son poème comme en un monastère de mousses et de fougères, d’eaux souterraines et de pluies de lumière qui n’en finissent pas de tapisser nos âmes, si, du moins, nous acceptons d’accueillir en nous ce murmure très bas, d’une assurance inouïe. Entre la feuille et l’arbre réside la Présence. Et c’est à raison qu’elle nous livre, dès lors, sans détour sa profession de foi : Ma vérité est végétale, Mon église, un nénuphar. … et... [Lire la suite]

lundi 8 mai 2017

PATRICK CHEMIN...Extrait

Si tu es convié Au festin Par le petit vent d’iris De la naissance Si tu vas sur la terre Dans l’innocence De tout ce qui commence Puisses-tu illuminer De ta présence La marge étroite de la beauté Si tu es convié Au festin des années A la vérité de l’amour Qui naît à chaque fois Que tu te rencontres Dans un sentiment Plus grand que toi Si tu vas dans la pluie des corps L’argile mauve des apogées Puisses-tu apporter En présent La pierre précieuse De l’humilité Dans le jardin en marge De la beauté Si la vie te reprend La conscience Le... [Lire la suite]
mardi 11 avril 2017

CHRISTIANE SINGER...Extrait

Quand je parle d'un a-théisme aimant,Le "a" privatif interdit toute représentation...Ce n’est pas un contenu que j’ai à transmettre :Chaque âme est d’une telle richesse !Il faut que cette richesse soit réveillée…La vie est tellement généreuse : on ne peut pas passer à côté.On ne peut pas passer à côté de l’automne, de la neige quand elle tombe…Tout reflète de la PrésenceNous sommes dans une société qui nous distrait en permanence de l’essentiel.Nous sommes hors de nous !Nous ne sommes pas mis en relation avec cette profondeur en... [Lire la suite]
mercredi 7 décembre 2016

ATTENDEZ...

Attendez, je n’ai pas dit mon dernier mot ni déchiré tous mes livres, il me reste un cœur fugitif qui chevauche une langue inespérée, un verbe escaladé au petit jour, des secousses d’images dans ma nuit végétale. Attendez, je n’ai pas salué tous les hiboux silencieux de mes forêts, ni bu le sang bleui de mes vampires, l’or de ma mémoire scintillant sur la lande endormie. Non je n’ai pas épuisé toutes mes barques du désir ni bu l’alcool de chaque vigne, je n’ai pas exploré toute l’exactitude des heures ni relevé tous les axes du... [Lire la suite]
samedi 12 novembre 2016

EDMOND JABES...Extrait

Je suis un silencieux. Je me demande, grâce au recul que je prends, maintenant, avec ma vie, si ce goût prononcé pour le silence n’a pas son origine dans la difficulté qui, de tout temps, fut la mienne, de me sentir d’un quelconque lieu. Avant de connaître le désert, je savais qu’il était mon univers. Seul le sable peut accompagner une parole muette jusqu’à l’horizon. Écrire sur le sable, à l’écoute d’une voix d’outre-temps, les limites abolies. Voix violente du vent ou, immobile, de l’air, cette voix vous tient tête. Ce qu’elle... [Lire la suite]
vendredi 21 octobre 2016

LOUISA PAULIN

Quelqu’un d’un doigt léger m’a touchée à l’épaule. Je me suis retournée mais il s’était enfui : Peut-être es-tu celui que je n’espérais plus Et dont le souvenir confus Trouble encore quelquefois le miroir de mes songes ? Ou bien L’ange gardien de mon âme d’enfant Alors que résonnait aux jardins du Printemps Le doux éclat de nos deux rires ? Je froissais quelquefois tes ailes dans nos jeux, Blanches ailes au reflet bleu Comme l’enfantine journée. Viens-tu comme autrefois, poser mes pieds lassés Sur la divine échelle où palpitaient les... [Lire la suite]
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samedi 15 octobre 2016

JE ME SUIS HABITUE

Je me suis habitué à cette terreur lente, À la défaite acceptée, au profit de la mort. Dans ma voix se dessinent des îles, Mais les amis ne savent pas que je converse avec les morts. Heureux d'une journée, d'une rencontre au bord des routes Avec le cantonnier, ou, appuyé sur un bâton, Avec quelqu'un qui est déjà plus qu'un berger... La chair a une odeur de soufre. Mon poids s'est augmenté de ma fatigue et de sagesse. Il y a des portes dans les aires naufragés Et nous marchons, serrant au poignet Cette paresse, cette présence, une... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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lundi 10 octobre 2016

LE SOLEIL NOUS A BLESSES

L’écorchure a atteint le papier vierge. J’entends battre ton cœur sur le quai de la gare où tu m’attends. Tu flottes comme un chagrin à la recherche d’un câlin réconfortant. Les trains se succèdent dans la pénombre haletante, des bras et des jambes, un corps, un vertige, une matière assemblée et agile. Je ne peux te toucher.Les mots font trop de bruit. Trop de fracas de feuilles dans l’écriture. Je peins le vacarme aux couleurs de mon souffle. Mille étages de couleurs s’effondrent en avançant.Et si nous allions voir la lame qui... [Lire la suite]
jeudi 6 octobre 2016

LA RETRAITE SENTIMENTALE....Extrait

« ... quelle amertume d’abord – mais quel apaisement ensuite ! – de découvrir – un jour où le printemps tremble encore de froid, de malaise et d’espoir – que rien n’a changé, ni l’odeur de la terre, ni le frisson du ruisseau, ni la forme, en boutons de roses, des bourgeons du marronnier... Se pencher, étonnée, sur la petite coupe filigranée des anémones sauvages, vers le tapis innombrables des violettes – sont-elles mauves, sont-elles bleues ? –, caresser du regard la forme inoubliée des montagnes, boire d’un soupir qui hésite le vin... [Lire la suite]
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dimanche 18 septembre 2016

OSSELETS D'AMOUR

mes amis mortstellement vivantstellement présentsje ne pense jamais à vousvous vous imposezen venant là où je me hanten'importe oùce grain de solitudepar lequel votre voix-la mienne aussi- se délestes'élève entre rêve réalitéhors des formes furieusesoù s'esquisse une humanitési peureuse si frileusemes enfants mes parentsje vous vois nuageuxparmi les méandres du soleilvous venez vous abriterles jours d'oragedans les alvéoles de ma chairà l'abris de mes paupièresnous ne nous perdons jamais de vueen dépit d'une impossible distancenous... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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