jeudi 5 juillet 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Ta langue s'est perduedans les méandres de Babel ...Perdus le chant et la comptine et la voix de la mère Et tu cherches tes mots dans l'errance du vent,la cicatrice des larmessèche sur ton visage déserté Enchanteresse, elle l'étaitcomme toute langue d'enfance -- de châteaux en Espagneenchantée, et de sableaux yeux gris-vert --mer océane Te voilà sans mots, dans l'enclos semé de graines à vendre,de fleurs sages : où sont tes ailes ? tes injures ? tes griffes et tes crocs ? De ta langue sauvage,... [Lire la suite]

dimanche 1 juillet 2018

NE PAS FAIRE DE BRUIT...

Et puis, dans la perte et le désenchantement, la récupération de l’étonnement primordial. À «mieux» regarder, tout était déjà là dès le départ, bien avant les questionnements métaphysiques, les maîtres, les voyages, les livres. Que la Présence, sans mobilier. Dans la candeur consciente des ténèbres, la toute-puissance du mystère, la joie sans prétextes. De l’ivresse du jeu, du healing, où chaque endroit est espace, au petit siège du manège. Tous, mains et pieds attachés, le numéro est assigné… prends garde de ne pas faire de bruit… ... [Lire la suite]
lundi 11 juin 2018

PREMICES DU DESERT III...Extrait

Où vas-tu, toi qui dans le vent aride courspar une de ces rues sans saisonsderrière des murs lumineux de laquelleun pas qui vient à retentir excite les chienset éveille l’écho ? Vus de la maisond’où je te regarde, où le corps est vivant,mouvement et quiétude se défont.Je t’invoque pour la nuitqui vient et pour le sommeil ;toi qui souffres, toi seule peut me secourirdans ce passage aveugle du tempsvers le temps, dans cet âpre voyagede celui que je suis à celui que je serai,vivant une vie dans la vie,dormant un sommeil dans le... [Lire la suite]
dimanche 15 avril 2018

RESONNANCES

Il faut revenir exalter la peau mûrie de longues pensées inachevées. Il faut reconstruire la halte dans laquelle on a tout abandonné : l’épreuve et ses ruisseaux de peine, l’échec et ses tourbillons aiguisés comme les bords tranchants d’une falaise. L’innocence ne connaît pas le malaise des jours meurtris. Désarmer, on l’était déjà bien avant l’existence. Une vie entière à écouter en soi les oracles lointains, les troubadours de l’excellence et, si peu de murmures revenus de là-bas. Nulle part l’écho fragile d’un cœur solitaire. Nulle... [Lire la suite]
jeudi 29 mars 2018

POURQUOI LES BÊTES MEURENT-ELLES ?

Pourquoi les bêtes meurent-elles comme les enfants ? Pourquoi mourons-nous en elles ? Est-ce par la loi d’un dieu, sous le poids de son pas sur les choses ? Pourquoi ne distinguons-nous pas les mots ? Pourquoi cette pitié ou cette loi ne sauvent-elles pas ? Pourquoi mourons-nous dans les fleurs dans la lumière du jour nécessaire ? C’est ainsi que je sors dans la lumière pour me soustraire aux ombres où j’écris. tels seront la reddition, le temps : la destruction de tout style la lumière frontale qui nous brûlera tous. ... [Lire la suite]
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samedi 17 février 2018

LE SEUIL

L'âme frissonnante de froid (dehors ce serait le gestede qui se blottit dans son manteau)nous hésitons sur ce seuil vide(faut-il entrer ? faut-il fuir ?)avec la sensation d'être épiés,dès que nous tournons le dospar une oeillade, furtive, décochée depuis un rideau ou un abat-jour,prompte à se retirer comme une lamede canif se refermant en un déclic.Qui nous attend et pourquoi ? Viendra-t-il à notre rencontreen hôte amicalpour nous conduire à son feu à sa table ?Ou jaillira-t-il de l'ombre pour nous saisir aux poignetset... [Lire la suite]

samedi 13 janvier 2018

NAGER A LA RECHERCHE DU COMMENCEMENT DES TEMPS ...Extrait

Quelles profondeurs nous atteignons parfois Dans une conversation banale, Dans une caresse ordinaire Quand on sonde des vérités logées plus profond qu’on ne sait Doucement, sans rien déranger Comme des gens qui se parlent depuis des siècles.   Si je ferme les yeux je peux sentir mon souffle Tandis que la douleur s’atténue, Les mots venant plus aisément, Hésitant, poissons nageant de nuit ; Doucement, sans rien déranger, Des phrases rejoignent le banc d’une pensée inattendue ;   Dans le lac Baïkal il y a des... [Lire la suite]
vendredi 8 décembre 2017

UN GOÛT DE FRUIT MÛR...Extrait

Pensées vers Agnès  . Crois-tu que le bleu de l'encre couvrira les cris ? Crois-tu que l'encre couvrira le gris ?   C'est dire qui fait mal. C'est mettre en mots cette longue nécessité cette respiration hachée jamais apaisée.     C'est dire les angles morts les poussées   les passages de travers l'encore informe qui fait mal.     C'est crever les ombres éprouver les figures enfanter le chant supporter la lenteur du silence.     C'est s'abandonner à la... [Lire la suite]
mardi 14 novembre 2017

LA FIN SE LEVE

La fin se lève. Qui a parlé. Moi, un inconnu, un fantôme. Nous habitons une terre féroce où les « Droits de l’homme » sont au mieux notre misérable butin. Dans la mort qui monte, j’entends tourner les roues maléfiques qui broientvictimes et bourreaux, pêle-mêle.Le flanc percé d’une lance longue et fourbe, l’homme saigne.La lumière a rétréci dans notre regard jusqu’à épouser la dimension de la plus minuscule piécette d’argent.La fin se lève ?Mais  nous  n’avons  pas  encore  donné ... [Lire la suite]
dimanche 29 octobre 2017

LA DEMANDE

 Il est des heures où je demande :   Pourquoi la fragilité des choses la frilosité des êtres   Pourquoi éclore un corps jusque au bout d’un baiser     Pourquoi la transparence l’obscurité de certains langages       La demande a besoin de liberté Non pas d’oser, mais d’une liberté née du profond silence     Comme au bord d’un lac : un lieu où dire n’existe plus que dans le frémissement d’un reflet sur l’eau de nuit Seule la demande l’entend     ... [Lire la suite]