vendredi 8 mai 2015

PREFACE DE LA POSTERITE DU SOLEIL

Pourquoi ce chemin plutôt que cet autre ? Où mène-t-il pour me solliciter si fort ? Quels arbres et quels amis sont vivants derrière l’horizon de ces pierres, dans le lointain miracle de la chaleur ? Nous sommes venus jusqu’ici car là où nous étions ce n’était plus possible. On nous tourmentait et on allait nous asservir. Le monde, de nos jours, est hostile aux Transparents. Une fois de plus, il a fallu partir … Et ce chemin, qui ressemblait à un long squelette, nous a conduit à un pays qui n’avait que son souffle pour escalader... [Lire la suite]
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vendredi 6 février 2015

APOLLINAIRE

Remuer le silence jusqu'à ce qu'il bascule dans un vacarme assourdissant et me perdre dans la tendresse de ton repos quand les vagues de bombes s'apprêtent à calmer définitivement nos rages de dents quand les prisonniers fabriquent des cordes pour se pendre sous le dernier rire d'un lever de soleil quand les enfants sont prêts à être programmés dans les fichiers d'une invraisemblable justice scientifique quand des humains parmi d'autres humains sont emmurés dans le coma éthylique de la solitude absolue quand les êtres humains sont... [Lire la suite]
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samedi 20 décembre 2014

CONFUSION

Mon coeur,ou le tien ?Qui reflète mes pensées ?Qui me prêtecette passionsans racines ?Pourquoi mon habit change-t-ilde couleur ?Tout est carrefour!Pourquoi vois-tu dans la fangetant d’étoiles ?Frère, est-ce toiou moi ?Et ces mains si froides sont-ellescelles d’un autre ?Je me vois parmi les couchants,et une fourmilière de genscircule dans mon coeur.     FEDERICO GARCIA LORCA        
jeudi 11 décembre 2014

THE GAZA BOX...Extrait

J’ai lu ton livre sur les mythes - et toi ? J’ai testé le miroir pour ton visage - et toi ? J’ai passé les ruines en revue et celles, plus vastes, dans ton coeur - et toi ? j’ai gardé en mémoire la forme des fumées noires et le ciel orange dans les plus infimes cadavres – et toi ? j’ai vérifié si la solitude était ce que devient le corps quand la mort est son seul bien – et toi ? As-tu songé à ta femme le soir où tu tuas la mienne ? Et de manière inopinée, l’image de ton fils traversera ton esprit, tu te... [Lire la suite]
dimanche 7 décembre 2014

L'OPERATION D'AMOUR...Extrait

allons-nous faire un? m’es-tu? te suis-je dans cette nuit célébrée comme feu qui tourne? flétries tombent-elles les distances craquent-elles comme feuilles écrasées par l’automne? distances de toi à moi de toi à toi comme des eaux secrètes où je flotte rameau à la dérive de toi? mer qui fouille mon front mon palais mon oubli mes petits os houle qui chante au milieu de toi? fleur qui regarde? route où est passée la peine à pied? ou comme un enfant dans mes bras endormi? vie nouvelle dans tes bras parfumés comme toi?     ... [Lire la suite]
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mardi 28 octobre 2014

DEMAIN SANS MOI...Extrait

Suis-je moi, suis-je vous ? Un être est-il composé de mille êtres ? Je me divise afin de me multiplier. Je suis la foule : trop de bras, trop de jambes, trop de crânes qui s’ouvrent je ne sais sur combien d’insectes noirs. Je suis aussi la solitude, jusqu’à me fondre dans la nuit. Je suis l’absence et le néant, que la perversité m’oblige à recouvrir de mots. L’identité me pèse et c’est pourquoi je prends la vôtre. Qui êtes-vous ? Epargnez-vous la peine de mentir vous êtes moi, puisque j’ai décidé de n’être plus personne. .   ... [Lire la suite]
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samedi 25 octobre 2014

ANIMAL DE LUMIERE

Je suis, dans cet illimité sans solitude, un animal de lumière traqué par ses erreurs, par son feuillage : vaste est la forêt : ici mes semblables pullulent, reculent, trafiquent tandis que je m’isole avec pour toute compagnie l’escorte que le temps désigne : les vagues de la mer, les étoiles nocturnes. C’est peu, c’est vaste, c’est mince et c’est tout. Mes yeux ont vu tant d’autres yeux et ma bouche a reçu tant de baisers et avalé tant de fumée de ces trains disparus - ô vieilles gares inclémentes! -, elle a humé tant de poussière... [Lire la suite]
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samedi 4 octobre 2014

L'INCURIE INCREMENTEE A LA SEVE DU JOUR

Crier à bout de souffle revient à déchirer les derniers copeaux d’ombre qui éclaboussent mes landes dévastées. Hurler sa rage clôture l’étouffement des griefs portés en bandoulière comme la nonchalance de son amour-propre. L’espérance prodiguée par la perte, n’est-elle pas sans conditions ? Je veux dire, l’espoir n’est-il pas fondé à partir du moment où il rivalise avec la réalité qui nous opprime ?   Consentir à quoi, à qui ? Je ne souscris pas forcément à mon ressenti. Comment se percevoir soi-même et de... [Lire la suite]
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lundi 23 juin 2014

JE SUIS UN BUVARD POUR LE CAFE DU JOUR

Être un homme et ne pas le savoir ; être vivant et toujours en douter ; être mort et encore dans le couloir de la lumière. Je décèle au-delà de mon souffle, la rossée qui déroute mes envies. Je m’éteins devant le miroir chaotique d’une balance mécanique sans jamais avoir le goût de rompre. La nuit tombée, je redécouvre l’esprit bancal qui flotte dans un noyau de plumes. Mon radeau enchaîne les cascades qui torpillent le calme apparent. Le plaisir des sens est tantôt une ivresse, tantôt une frustration de pardons réflexifs et... [Lire la suite]
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samedi 7 juin 2014

ROBERTO JUARROZ

Si nous connaissions le point où quelque chose va se rompre, où le fil des baisers sera coupé, où un regard cessera de rencontrer un autre regard, où le cœur ailleurs s'élancera, nous pourrions mettre sur ce point un autre point ou du moins l'accompagner quand il cède. Si nous connaissions le point où une chose va se fondre avec une autre, où le désert rencontrera la pluie, où l'étreinte atteindra la vie, où ma mort s'approchera de la tienne, nous pourrions dérouler ce point comme un serpentin ou du moins le chanter jusqu'à mourir. ... [Lire la suite]