dimanche 16 avril 2017

RIEN QUE CETTE LUMIERE

Rien que cette lumière que sèment tes mains Rien que cette flamme et tes yeux Ces champs cette moisson sur ta peau Rien que cette chaleur de ta voix Rien que cet incendie Rien que toi Car tu es l’eau qui rêve Et qui persévère L’eau qui creuse et qui éclaire L’eau douce comme l’air L’eau qui chante Celle de tes larmes et de ta joie Solitaire que les chansons poursuivent Heureux du ciel et de la terre Forte et secrète vivante Ressuscitée Voici enfin ton heur   .   PHILIPPE SOUPAULT   .
Posté par emmila à 19:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

vendredi 14 avril 2017

SERGE WELLENS...Extrait

Du fond d'un trou de mémoireje regarde passer le cieloù rien ne se passe vraimentqu'un léger très léger frémissementpareil au rêve inhabitéd'une eau dormanteJe cherche désespérémentle visage d'un mot nécessairequi se défaisant me défaitIl me reste la lenteurobstinée de son refus d'êtrePour un peu de temps encorele sillage d'une trace.   .   SERGE WELLENS   .    
Posté par emmila à 20:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
vendredi 14 avril 2017

COLETTE GIBELIN...Extrait

Nous cherchons ce lieu de vertige où les rumeurs de la vie s’irisent de lumière, ce lieu de nulle part, oiseau fulgurant et avide, étrange et mauve, aux ailes déployées vers l’absence et le rêve. Chasseurs entêtés de l’ailleurs, nous flottons, îles de solitude au-dessus des grands fonds où grouillent tant de présences que le regard évite. Ici, le monde est plein. Le monde craque, éclate, pourrit. Le monde étincelle et jaillit. Ici. Le silence nous lance le cri des fontaines. Ici. Nous ne l’entendons pas,insensés que nous sommes,... [Lire la suite]
mardi 21 mars 2017

LA JOIE N'EST PAS MON METIER...Extrait

 Depuis que les portes closes et le froid ont été créésje tends la main en aveuglecherchant un murou une femme qui puisse me recueillirMais que peut faire la gazelle aveugled'une source viveet le rossignol prisonnierde l'horizon caressant ses barreaux ?   À l'ère de l'atome et des cerveaux électroniquesÀ l'ère du parfum, de la chanson et des lumières tamiséesje lui parlais des sandales des bédouinsdu voyage au désertà dos de chamelleet ses seins m'écoutaientcomme les petits enfants écoutentun récit captivant autour du... [Lire la suite]
mardi 14 mars 2017

GIGUE

La guerre, on la dansait dans la cour de l’écoleBardés de cheveux fous et de tabliers noirsOn sentait l’encre amère, un peu la confiture,Une mouche d’été dormait sur nos devoirs.L’institutrice était une jeune bergèreQui avait entendu la voix de Michelet.Ses yeux fleurs préféraient le rêve à la lectureSes seins n’avaient jamais bourgeonné dans des doigts.Parfois, les jeudis clairs, elle allait en voitureAcheter à la ville un coupon de satin.Son fiancé, était – disait-on – mort en guerreC’est un très grand malheur quand on n’en compte... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
vendredi 10 mars 2017

LA NUIT A LA DERIVE ...Extrait

« Moi, Olga Orozco, du fond de ton cœur je déclare à tous que je meurs.J'aimais la solitude, l'héroïque durée de toute foi, l'oisiveté dans laquelle grandissent d'étranges animaux, des plantes fabuleuses, l'ombre d'une grande époque fluant au milieu des mystères, des hallucinations, et aussi le petit tremblement des bougies à la nuit tombante.Mon histoire est là dans mes mains et dans les mains de ceux qui l'ont tatouée.De mon séjour il reste les magies, les rites, quelques dates usées par le souffle d'un amour inhumain, l'épaisse et... [Lire la suite]

jeudi 9 mars 2017

LA BELLE SAISON

Je regarde d’ici les guerres fatiguées Les mots qui sont des mouches sur les vitres Prisonnières Le poids mort de la pesanteur sur la nuque et ce temps que l’on tue De peur De croiser son regard d’y voir le décompte A rebours et le va et vient qui finira Les mêmes boucles la même fin qui ramène le naufragé Toujours à la même vague quand le sol se dérobe Je pense à Diogène avec sa lampe qui cherchait un homme Quand j’écarte de mon chemin les humains en cherchant la lumière Pourquoi Est-il impossible d’être debout Sans retomber... [Lire la suite]
mercredi 8 mars 2017

LA ROSEE SUR LES MAINS...Extrait

L’automne trempe ses prés dans le rêveet les flammes du paysage se lèvent devant nousà mi-chemin entre les touffes de ronces, les cailloux,les puissances de la solitudedu côté des pommiers en retard sur la nocepressée d’en finiravec cette journée qui remue sous l’empoisune journée de grand ventnue et sèche au milieu des prairies et des fièvresquand passent dans la campagne une haleine de batailleune lumière d’orage qui met tout à l’enversle cœur de la mariée sous le voile couvert de baisersles tristes lessives de la semainel’équilibre... [Lire la suite]
vendredi 3 mars 2017

LA ROSEE SUR LES MAINS...Extrait

Quand il se renverse dans le cielles bras pleins de rumeursnoués au-dessus du rire des graminées,ton beau visage tourné vers les puissances du rêveles joues rougies par l’églantine du plaisirbrille sous la fraîcheur du matin.Une mer respire derrière ton frontnue et tranquille dans l’eau des larmesluisant de l’éclat poudreux d’un trésorle ruissellement de lait de ta gorgece torrent invisible qui meurt sous ta peauet le goût de l’infini humecte tes lèvresglissant d’un mouvement légerpar les chemins du sanggagne avec un bruit d’ailesla... [Lire la suite]
jeudi 2 mars 2017

MARIA ZAMBRANO...Extrait

Ce n'est pas lui-même que cherche le poète, c'est tous et chacun. Son être n'est qu'un véhicule, n'est qu'un moyen pour qu'une telle communication se réalise. Une médiation, l'amour qui lie et délie, qui crée. La médiation de l'amour qui détruit, qui consume et se consume, de l'amour qui s'arrache la vie. Pourra-t-il venir le jour bienheureux où la poésie recueillera tout le savoir de la philosophie, tout ce que la distance et le doute lui ont appris, afin de donner forme avec lucidité et pour tous à son rêve?   .   ... [Lire la suite]