samedi 23 septembre 2017

POURQUOI DES POETES EN TEMPS DE MANQUE ?

" La poésie de nos jours est-elle un sujet d'étonnement ? De dérision plutôt. Non pas aux yeux des autres : à ceux d'abord des poètes. L'écriture, son agonie.Ne fallait-il pas découvrir les pièges où la poésie facilement se laissait prendre ? Ce mythe de l'innocence ou de l'unité grâce auquel les poètes ont pu vivre en ces temps du manque, ou survivre, angélisme, a-t-on dit, respectant, perpétuant le schéma reli­gieux : poésie, paradis. Le poème avait mission de purifier, il le pouvait, ses mots parti­cipaient à l'être et tendaient... [Lire la suite]

vendredi 22 septembre 2017

L'OISEAU

Quand ton cœur de mésangePénétrait mon cœurJe te faisais patte blancheJ’arrondissais mes paumesSur ton rêveOù se cachaitL’oiseau abandonné Il volait dans ma têteL’oiseau du crépuscule doréSans jamais se blesser les ailesAux parois de mon crâneIl restait prisonnierJusqu’au petit matin Les trilles de l’auroreForçaient les nuagesJe me tenais deboutAu bord de l’oragePour le voir s’envolerJusqu’au retour de la nuitOù je l’attendais   .  JEAN  BOTQUIN   . Oeuvre Ade Adesina
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mercredi 20 septembre 2017

ANDREE CHEDID...Extrait

Pour un coin d’eau de traces et d’herbe verteOù l’oeil serait nu le cœur de roséeLes mains feuilles ouvertesJe vaisAile au soleilMarchant pour l’étoileSon odeur de résine et de rêve d’enfantC’est la route des fables la route des genêtsQue bordent les noirs sourires d’enracinésVoici l’île la fleur la découverteVoici l’oiseau chanteurVoici les lendemainsLes mensonges aux yeux de mouettes.   .     ANDREE CHEDID     .
mardi 15 août 2017

RÊVES D'AILE

L'épervier, c'est le nom du filet que lance sur la vague – corps déjeté – le pêcheur de la côte. Un chalut de pauvre, une voile sans mât.   L'épervier, c'est un battement d'air, une envolée de mailles, des dentelles de sel que la lumière défroisse.   C'est le rêve d'aile qu'il déploie, l'épervier. Le geste répété, souvent plus grand que soi. . MICHEL BAGLIN « Les Chants du regard » éd. Privat .
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samedi 29 juillet 2017

LES OBSCURCIS...Extrait

 .. Elle s'invente un jardin    Y met un arbre avec son ombre d'origine    ses oiseaux polyglottes    ses feuilles en papier d' Arménie   des fruits mâles des fruits femelles   qui se battent comme des chiffonniers   se réconcilient sur l'oreiller  et cette fleur riche d'une aile qui fait son miel dans la couche du  bourdon      Elle sort de ses poches des objets qu'elle aligne par ordre de... [Lire la suite]
samedi 8 juillet 2017

AGNES SCHNELL...Extrait

Elle rêvait souvent, alors...Elle multipliait les rêves comme si la vie, menacée dans son terme, avait besoin d’être doublée, prolongée par l’illusion du songe.Son inconscient créait des lieux infinis. Elle passait de l’un à l’autre avec aisance, traversait le temps, les âges, les contrées sans s’étonner. Elle nouait le presque réel à l’absurde sans se réveiller. Il lui arrivait d’en rire dans son sommeil, d’en sourire encore se réveillant......Ses rêves germaient le jour et s’épanouissaient la nuit. Mais, de temps à autre, ils... [Lire la suite]

samedi 8 juillet 2017

SOMMEIL BLESSE

Tu respires dans un autre mondevivante à peine et soulevée par un nuage de poudretirée en arrière par des troupes de fuméeset sourde à l’eau des lèvresaux coups de grâceau beau rêve humide de la nuitqui rejette dans le sommeilles armées d’ombelles qui te lèchent les jambesla poitrine nue où batl’haleine d’une longue paresseavec des bouquets de feu dans les cheveuxdans tes mains trop grandes pour retenir la merque j’entends ruisseler au fond des routeset j’aiguise le tranchant de la viesur ta belle peau mouillée de soupirs.   . ... [Lire la suite]
lundi 3 juillet 2017

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

... Lancinant,  le cri des mouettes nous traverse comme un reproche Nous avons vécu des années de poussière sans retenir la leçon des tempêtes Le temps s’est évaporé, la plage est vide Si peu de mots pour construire la vie Le cri des mouettes, lancinant, dénonce les renoncements,  la passivité des miroirs Nous avons laissé nos couteaux au vestiaire Il fallait brasser sans relâche la boue, extraire l’or, et scintiller Il fallait mettre le rêve en mouvement Il fallait Mais nous avons si peu rêvé Déchirant, Le cri des mouettes... [Lire la suite]
lundi 26 juin 2017

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

L’air m’enveloppe, me berce comme l’eau maternelle douce et sauvage au fond du rêve Je suis sans nom Aigle et poisson dans la tentation du vide et le bouillonnement des choses… Pierre dissoute Liquéfiée dans le vent Le solide n’a plus de base Plus de mémoire Éclatement Pierre torche dans le bouillonnement du monde… Le poème est un court-circuit qui porte l’incendie jusqu’au cœur de nos plus lourds sommeils Rapt et ravissement Il fonce, rapace au bec de braise, sur la vie léthargique…   .     ... [Lire la suite]
dimanche 25 juin 2017

JEAN LAVOUE

J’ai cru que le jour était videJ’ai demandé pourquoiJ’ai cru que la nuit était videJ’ai demandé pourquoiJ’ai cru que le cœur était videJe l’ai pris dans mes mainsJe l’ai vu s’éclairer et brûler peu à peuAlors j’ai cru que l’homme un jour enfin vivraitNon par quelque miracle venu du bout des cieuxMais par cette chaleur qui tremble dans ses mainsAlors j’ai fait ce rêve d’une terre habitéeOù l’arche et la colombe enfin seraient sauvéesJ’ai cru que chaque oiseau promettrait le soleilJ’ai cru que chaque enfant annonçait le matin   .... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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