vendredi 5 octobre 2018

ZOHRA MRIMI...Extrait

Entre en moi la sauvage quiétude Elle est accoudée à mes tempes, jusqu'à m'envoyer sa douce rêverie L'unique richesse est d'ignorer les ruines, dedans des photos et des écrits Ils se libèrent de la bouche de feu trois fois plus fortLes mots préfèrent les fruits, les fleurs, les papillons et puis la mer, tout coule bleu, ils ont la même veine de coeur; elle relie la terre aux hommesLes mots relient les hommes aux hommesLa nuit, la barque se remplit de mots et chaque main ouvre son poing et saisit un motMais la main de... [Lire la suite]
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jeudi 9 août 2018

L'EAU ET LES RÊVES...Extrait

En effet, nous croyons possible de fixer, dans le règne de l’imagination, une loi des quatre éléments qui classe les diverses imaginations matérielles suivant qu’elles s’attachent au feu, à l’air, à l’eau ou à la terre. Et s’il est vrai, comme nous le prétendons, que toute poétique doive recevoir des composantes, — si faibles qu’elles soient — d’essence matérielle, c’est encore cette classification par les éléments matériels fondamentaux qui doit apparenter le plus fortement les âmes poétiques. Pour qu’une rêverie se... [Lire la suite]
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mercredi 29 novembre 2017

JEAN-MICHEL MAULPOIX...Extrait

La promenade n'est pas aussi éloquente que le voyage. Un murmure lui suffit, c'est pourquoi elle aime tant longer les ruisseaux. Attentive, elle écoute et ne parle guère. Son allure est légère, son souffle est régulier, rien n'affole son haleine. Si parfois son cœur bat plus vite, ce n'est pas qu'elle se précipite, mais qu'elle s'immobilise. Tout près, le monde a sursauté : l'envol d'un oiseau tressaillant dans les feuilles, un rayon de soleil ou quelque coup de vent, coup d'amour, coup de grâce...La promenade aime les surprises, ces... [Lire la suite]
vendredi 20 octobre 2017

LA SOLITUDE DE L'ENFANT

C’est souvent tard dans la vie que nous découvrons, en leur profondeur, nos solitudes d’enfant, les solitudes de notre adolescence. C’est dans le dernier quart de la vie qu’on comprend les solitudes du premier quart en répercutant la solitude du vieil âge sur les solitudes oubliées de l’enfance. Seul, très seul, est l’enfant rêveur. Il vit dans le monde de sa rêverie. Sa solitude est moins sociale, moins dressée contre la société, que la solitude de l’homme. L’enfant connaît une rêverie naturelle de solitude, une rêverie qu’il ne faut... [Lire la suite]
samedi 8 avril 2017

JEAN LAVOUE...Extrait

Pour Christine Guenanten   La poésie sauve le monde à chaque pas, à chaque souffle, à chaque éveil, à chaque instant. Avec allégresse, elle ne cesse d’écrire à sa santé. A la tristesse, elle oppose le pain des jours, le miracle de la beauté, le fil d'or de la joie. Dès mon enfance, Sous le pommier Je promenais mon rêve, Je devenais printemps. On entre en son poème comme en un monastère de mousses et de fougères, d’eaux souterraines et de pluies de lumière qui n’en finissent pas de tapisser nos âmes, si, du moins, nous... [Lire la suite]
dimanche 12 mars 2017

LA VAGABONDE...Extrait

"Écrire, pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tache d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de flêchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé de papillon-fée… Écrire… C’est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l’encrier d’argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu’une... [Lire la suite]
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vendredi 11 novembre 2016

OSAMA KHALIL AL DIAB...Extrait

Qui a dérangé mon sommeil,laissez-moi dans l’eau doucelaissez-moi voyager parmi les étoiles d’eauvous m’avez assez crucifié dans les anciens livresassez recouvert de vos prières jaunesLà-bas dans l’eau douceun pistachier d’Alep,sous son ombre une femmerassemble les gémissements de l’air,elle élève des souvenirs,tout autour parmi les herbesbourgeonnent les blessuresqui sont des visages de réfugiésLaissez-moi là-basen compagnie des motsqui courent effrayéspour entrer dans le poème,puis ils claquent la porte derrière euxavant de tourner... [Lire la suite]
jeudi 9 juin 2016

L'EAU ET LES RÊVES, ESSAI SUR L'IMAGINATION DE LA MATIERE....Extrait

« Pour qu’une rêverie se poursuive avec assez de constance pour donner une oeuvre écrite, pour qu’elle ne soit pas simplement la vacance d’une heure fugitive, il faut qu’elle trouve sa matière, il faut qu’un élément matériel lui donne sa propre substance, sa propre règle, sa poétique spécifique. Et ce n’est pas pour rien que les philosophies primitives faisaient souvent, dans cette voie, un choix décisif. Elles ont associé à leurs principes formels un des quatre éléments fondamentaux qui sont ainsi devenus des marques de... [Lire la suite]
mercredi 30 septembre 2015

PETITS POEMES EN PROSE...Extrait

Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini. Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces... [Lire la suite]
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dimanche 27 septembre 2015

POINT DE VUE...Extrait

 ... Pour retraverser tant d’années, il suffit parfois d’une colline à redescendre : sitôt la rivière atteinte, votre pas d’homme a disparu ; un pied d’adolescent casse les roseaux secs, froisse les poésies, les feuilles mortes et dessine au sable de la rive la même empreinte jadis noyée par les grandes eaux. Quelques larmes de moins, le sentiment plus aigu d’une ignorance illimitée, les désordres du sang domptés ou mués en puissance continue – tout cela n’est que nuances et n’introduit pas de différence profonde entre la... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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