samedi 7 mars 2020

ÎLE

Ile, m’a semblé dans ta dériveMèches que le vent égareTa chevelure cuivre, tes rivesEt tes lunes éparsesBruiner le givre à l’onde de tes yeuxSur tes cils, tes ailes gracilesQui papillonnent la baie de ton regard ;A l’ogive des jours, j’ai vu hyalineLa danse de la pluieUn rideau d’amertume assombrirL’étende de tes beaux rivagesLa lame fluer et refluer en ruisseauxD’agates, tes larmes ;Et dans tes coquillages j’entendsJ’entends encore,L’inconsolable mélancolie de tes vaguesL’orageIle que le vent égare,J’entendsDans... [Lire la suite]
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samedi 25 janvier 2020

L'ENCRE EST MA DEMEURE...Extraits

...   Je sortais quelquefois de la blessureouverte de la mertelle la dernière minute de ton regardvers les paroles invisiblesqu’on ne peut toucher du doigtmatière tambourinante des rêvesdont les notes sont de grandes cagesd’oiseauxoù toutes nos mémoiressont sur la plus haute tigedans le silence mal ponctuéla première porte qui s’ouvrec’est ton corpsembué dans sa déclivité interminable. ...   le peu de temps qui nous reste à lécher les songespenchedans la nuit des motsavec rafales d’yeux entre les branchesla mer... [Lire la suite]
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mercredi 25 décembre 2019

JOËL GRENIER...Extrait

Souffle-moi une idée qui embaume le lait,La gelée de mûres et la fleur de tendresse.Ou donne-moi un mot. Le mien est bien trop laidPour écrire l'enfant à l'encre de caresse. Son regard merveilleux laisse ma page viergeEt ma plume s'envole aux vents de mon passé.Souvenir d'un visage éclairé par un ciergeDans l'ombre d'une église au rite dépassé... Mémoire de bougie qui fête un premier âgeComme l'éclair allume un ciel un soir d'orage,Mélange de sourire et de papier froissé. Devant ses si grands yeux, je ne sais que me taireEt ma... [Lire la suite]
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vendredi 12 juillet 2019

IMPERTINENCES

Dans mes yeux Le sucre et la citronnelle Le lien entre les hommesTon regard si bleuLes énigmes et les chrysalides Pour l'océan et le grand largeLes résonances Et les baisersTes paroles qui bruissentTrès viteLe vent Ta peau encoreCe caractère charnelMon effraction.   .     ISABELLE BRECHET BRANDY     . Oeuvre Gustave Caillebotte
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samedi 13 avril 2019

CHRISTINE LAVANT...Extrait

  Vieux sommeil, où sont tes fils ?Tu dois en avoir des jeunes, des solides,De ces gaillards capables de bien plus Que de survenir et d’éteindre la lampe. L’un doit s’allonger auprès de ma peur,Un autre s’agenouiller sur ma nostalgie,Ils doivent avoir tous deux des poings solidesPour que les voisins n’entendent aucun cri. Quelle poudre veux-tu me jeter dans les yeux ?Du sable ? ― Je ris ! ― je peux t’offrir tout un désert pour des yeux pareilsqui déjà s’en contentent. Les miens, tu sais, sont... [Lire la suite]
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jeudi 7 février 2019

LA PLUIE MAUDITE ET AUTRES POEMES...Extrait

Sur la plage où l'ombre de la baie s'allongeIl est couché tel une vigne en son clos,Solitaire et tourné du côté des vagues.Son visage est empreint d'une grâce grave,Le vent de midi à ses traits se caresse,Il est plus beau que branche de grenadierGorgée de pépiements d'oiseaux, et sa taillePlus souple que l'ondulation d'un lézard.J'écoute la rumeur basse de la merQui surgit de la vague et se répercute,Masquée par un agave antique, j'épieSa gorge qui se change en une mouettePour s'envoler avec un gémissementVers l'or des nuages. Et de... [Lire la suite]

dimanche 30 décembre 2018

LA GRANDE FUGUE...HOMMAGE A UNE AMIE DISPARUE EN 2018...GHYSLAINE LELOUP

  Pas de faste dans les ombelles portées hautPas d’exubérance dans l’éparpillement des fleursVéronique, narcisses, œillets et asphodèlesDu blanc du rose du bleu du jauneComme on dit le pain et le vinSans nuances pour blesser leur candeur   C’est de l’origine parcourant tes recoinsUn cri brusquement doréQui se cogne aux paroisPuis s’éteint dans des mots élimésIl faudrait des paroles semblables aux fleursAvec leurs principes avec leurs parfums   Le vent prend corps dans l’herbe hauteMais nousQui nous consolera de la... [Lire la suite]
mercredi 10 octobre 2018

OISEAUX

Les yeux partis du front des aveugles deviennent des oiseaux. – Les petits oiseaux, passe encore ! allez-vous dire, mais les grands ?…Les grands oiseaux, ne voyez en eux que des yeux exorbitamment épars depuis des temps immémoriaux.Quelle force au surplus pourrait empêcher les yeux de grandir, une fois dans le libre azur ?Roitelet : œil de poupon !Mésange : œil de fillette !Fauvette : œil de garçon !Bengali : œil d’infante !Pinson : œil de page !Linotte : œil de bohémienne !Moineau : œil de gavroche !Alouette : œil de pâtre... [Lire la suite]
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lundi 10 septembre 2018

ASILE PERSONNEL...Extrait

Comme la rivière se remplit de brindilles par un jeu d’enfants,d’une rive à l’autre le jour étend sa voix, la tienne.Je ne sais rien des colombes qui passent sur ton front lorsque la nuit s’endortni des clefs tentant de t’arracher pour l’autre vie.Je sais des syllabes dans l’ombre, courant inlassables sur les rails,quand dans la plaine la ville n’est plus qu’une île sans sommeil.Et par son accent navigue ta voix, indéclinable et fertile,plus proche de la terre que des hautes sphères invisibles.Spectacle comme la flamme qui monte sans... [Lire la suite]
mardi 4 septembre 2018

CHEMINS AU VENT

L’homme aurait inventé les chemins pour rien, nous voulons dire pour le seul office de la beauté – et en gratitude à la splendeur du monde. On nous fait l’éloge de l’Être, on célèbre sa grandeur mystérieuse et on nous invite à devenir ses dévôts. En fait, quelle déroutante opacité, quelle massivité inentamable dans cette notion de l’Être ! Par bonheur les chemins viennent dessiner le visage de ce qui n’était pas encore le monde. Nous lisons le monde à travers ses chemins, tout comme nous découvrons un visage à travers quelques traits... [Lire la suite]