lundi 14 août 2017

DEBRIS

Je ne sentirai plus Sous mes pieds la Terre qui tremble et se rebelle Voulant Cesser d’être ronde Ni mes côtes s’ouvrir devenues la carène d’un coraque Ou de la felouque où s’allonge le batelier Pour enlacer sa belle lorsque le Nil devient Fleuve de sang et de boue Je ne caresserai plus Ni les joncs de la rive et l’odeur de l’eau Ni rien qui soit vivant ni les déserts ni l’écume Ni la cime des arbres et les bras des statues Y sentant le frisson de la pierre qui prie sa délivrance Je regarderai Cachée, La main qui écrivait... [Lire la suite]
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jeudi 18 mai 2017

LE CRI DU BUTOR

Maintenant que la jeunesse S'éteint au carreau bleui Maintenant que la jeunesse Machinale m'a trahi Maintenant que la jeunesse Tu t'en souviens souviens-t-en Maintenant que la jeunesse Chante à d'autres le printemps Maintenant que la jeunesse Détourne ses yeux lilas Maintenant que la jeunesse N'est plus ici n'est plus là Maintenant que la jeunesse Sur d'autres chemins légers Maintenant que la jeunesse Suit un nuage étranger Maintenant que la jeunesse A fui voleur généreux Me laissant mon droit d'aînesse Et l'argent... [Lire la suite]
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vendredi 10 mars 2017

RAG-TIME...Extrait

On ne refera plus les sapins aussi vertsma sœurNi les cieux aussi cieux, ni les aubes si frêlesni les goudrons fondants des routes de l'éténi les canons de bronze aux jambes des enfants sur la grand-place,à l'ombre insigne des vieux mortsd'autres guerresMa foion ne refera plus la gaieté d'autrefoisma sœurje n'y crois guèrePas plus qu'aux longs comas de nos douillets hiversmon cœurni aux calmes maisons avec leurs demoisellesroses pour vous servir une tasse de théles seins jeunes dessous des corsages bouffantsDe tout cela qui a étéma... [Lire la suite]
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lundi 27 février 2017

DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Emmenez-moi dans d’autres contrées, les miennes sont avariées, corrompues de chapelles outrageuses depuis que des nuits accablantes les gagnent hâtivement et s’éternisent blousant les aurores qui se perdent saccagées d’anathèmes et d’injures. Emmenez-moi loin des hosannas sombres et le chant fanatique des muezzins usurpateurs,loin des désopilants ballets de dévotions simulées que composent des duplicités elles-mêmes dupées.Emmenez-moi là où les silhouettes ne sont pas froissées dans des dogmes définitivement établis par les... [Lire la suite]
jeudi 16 février 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...Extrait

J'aurais beaucoup à dire Ce qui remonte de la nuit Ce que le jour te jette à la figure, les traînées rouges du ciel entre les branches Et toi, n'osant bouger pour ne pas déranger cette splendeur fugace J'ai quelquefois si mal de toutes ces ferveurs Que faire de l'absence, qui grandit, qui déploie ses ailes miroitantes imprègne le langage Je pourrais dire la fascination de l'inutile, l'aimantation du vide Je pourrais même dire le besoin de parler, comme on crache, comme on urine et l'âpre nécessité de se taire parce que rien,... [Lire la suite]
vendredi 30 septembre 2016

PARADIS PERDU

Les branches s'écartaient pour nous laisser passage en retenant délicatement nos cheveux et nous proposaient des cerises dont le jus coulait sur nos joues C'était il y a si longtemps à peine si je me souviens il a fallu qu'on me raconte et que je retrouve des traces dans les peintures et chansons J'étais un enfant mais j'avais toutes les forces d'un adulte et tous ses désirs je passais de mère en fille et déposais des bébés poisseux dans leurs bras Tout cela semble disparu et pourtant tout cela perdure entre le... [Lire la suite]
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vendredi 26 février 2016

AGNES SCHNELL...Extrait

Une toile bat dans le vent une porte s'ouvre sur l'imprévisible. Entre l'autre et soi l'épuisant voyage par saccades. Des murs s'effondrent comme dans un demi-sommeil. On grandit non par désir mais par convenances On attend la fraîcheur l'inattendu un rire peut-être ou un adieu à reculons. Farouche on meurt un peu à peine rassasié. Aura-t-on assez touché assez étreint avant de sombrer ?   .   AGNES SCHNELL  2006   .   Oeuvre Montserrat Gudiol
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mardi 22 septembre 2015

GRIS LUMIERE...Extrait

Ignorant de ma fin et de mon commencement, j’écris aveuglément pour apprendre de l’encre des signes ce qui ordonne et croise la trame des images et la chaîne des mots   j’écris pour que la blancheur irrévocable qui ajoure et cerne les mots saisis par l’encre se souvienne du souffle qui les assemble en les mêlant à l’air qui me traverse.   Je veux qu’entraîné par la nappe de silence qui sourd et s’étend quand la page se détache de moi soient abolis regrets, désirs, attente et que, même fragment, l’écrit s’achève ... [Lire la suite]