dimanche 19 février 2017

ON N'ECRIT PAS AVEC LES LARMES

Est-ce la pluie sur ma joue ou la sueur amère des jours passés à boire? Je ne suis ni gai ni triste, tout simplement poète. On n'écrit pas avec des larmes. On a beau faire les durs, le cœur saigne sous la carapace. Que deviendra l'enfance dans cet enfer moderne? Trop de barreaux remplacent la ligne d'horizon. Le matin vient trop tard pour réveiller le soleil. Les ombres sont partout et snipent l'infini. Je me sers des mots pour saluer la mer, la duvet des palombes et le vent dans les branches. Il faut bien que les mots dépassent le... [Lire la suite]

vendredi 27 janvier 2017

TANT DE CORPS ET TANT D'ÂME...Extrait

Destination : arbre Parcourir l'ArbreSe lier aux jardinsSe mêler aux forêtsPlonger au fond des terresPour renaître de l'argile Peu à peu S'affranchir des sols et des racinesGravir lentement le fûtEnvahir la charpenteSe greffer aux branchages Puis dans un éclat de feuillesEmbrasser l'espaceRésister aux oragesDéchiffrer les soleilsAffronter jour et nuit [...] Cheminer d'arbre en arbreExplorant l'éphémèreAller d'arbre en arbreDépistant la durée.   .     ANDREE CHEDID     .  
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lundi 26 décembre 2016

PETIT LIVRE D'IMPATIENCE ...Extrait

Chaque matin reprendre pied, prendre position malgré tout ce qui contrecarre et nous écarte de la vie… Le chant reste fidèle dans le cœur, mais souvent trop enfoui… Tout réapprendre du regard, du toucher, des mots, souvent les plus anodins, qui reconstruisent…          BERNARD PERROY "Petit livre d'impatience" préface P. Dhainaut couv. Hamid Tibouchi éd.Le Petit Pavé      
dimanche 18 décembre 2016

LA FEUILLE

De toutes les feuilles que j’ai frôlées dans les taillis avant que le vent nomade ne les entraînât sur les routes,Je n’en veux retenir qu’une seule, la plus commune, mais qui les réunit toutesParmi les alertées, les craintives, les soleilleuses, la celle-làQui, dans le temps où elle appartenait encore à la branche, timidement bruissait entre les mots que j’écris là,Une feuille, pour que l’été sauvé ait son visage !Le peintre est plus heureux que le poète, qui sur sa toile assemble les couleurs et les paysages Rouges de sang, verts... [Lire la suite]
samedi 3 décembre 2016

ON NE VIT PAS LONGTEMPS COMME LES OISEAUX...Extrait

Les larmes quelquefois montent aux yeux comme d'une source, elles sont de la brume sur des lacs, un trouble du jour intérieur, une eau que la peine a salée. La seule grâce à demander aux dieux lointains, aux dieux muets, aveugles, détournés, à ces fuyards, ne serait-elle pas que toute larme répandue sur le visage proche dans l'invisible terre fît germer un blé inépuisable ?   .   PHILIPPE JACCOTTET   .  
samedi 17 septembre 2016

BRIBES...Extrait

Après l’envol des cheveux blancsrenaîtra l’aubépinepour les enfants perduspour les bêtes déshéritéespour les nuits trop longueset les visages sans visageAprès le départ des derniers guerrierset l’oubli des mortsla terre sourire dans le cœur des fontaines .   ANDRE SOURIS   .   Oeuvre Donatello
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lundi 22 août 2016

RESPIRER

Au plus creux point de toi,           dans la plus vaste, dans la plus compacte solitude.           ni feu, ni lieu, la maison vide sous le toit           béant. Où la pierre de l'être a basculé, où se dénude           le temps. Passé fossile. Paroi lisse du futur,           et le présent vertigineux. Un pas. Un... [Lire la suite]
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lundi 15 août 2016

COLETTE GIBELIN...Extrait

L’aube n’est pas l’envol, ni l’éveil Elle est errance et brûlure Désillusion L’aube, je ne veux pas la dire Et pourtant je pourrais, je pourrais Mais il faudrait ne pas se laisser traverser par le silence des étoiles Et surtout, il faudrait apprivoiser la foudre, patiemment, dans l’espoir insensé que toute parole recommence le monde   .   COLETTE GIBELIN   .      
dimanche 10 juillet 2016

UN AUTOMNE SUR LA COLLINE...Extrait

Comment cultiver la mémoire essentielle sans se plomber les ailes ? Prendre un nouvel élan sans cogner aux vitres ? Comment ne pas s'engager dans une course d'animal affolé, tout en zigzags, en labyrinthes, en retour sur soi, en trou final, piège à rats, fosse commune ? Comment remmailler le monde ? Recoudre obstinément l'étoffe déchirée ? Comment déposer garder entretenir oublier se souvenir ? Comment élargir les seuils, repousser les murs intimes ? Comment s'alléger pour le prochain départ ? Ne pas peser plus lourd qu'une... [Lire la suite]
jeudi 7 juillet 2016

UNE PRISON SANS MUR

à Michelle Vallée   Même le désespoir ne tient pas ses promesses. Les feuilles ouvrent leurs mains comme un enfant les yeux vers ce qui est donné, le soleil ou la pluie, le sommeil ou la fête, le trèfle à quatre feuilles ou le chant des lutins, la braise sous les mots traduisant le silence dans une langue inconnue.   À chaque printemps je redeviens celui qui naît, celui qui ne sait rien. Ne comptez pas sur moi pour vous rendre des comptes. Je m'abandonne aux autres. Je ne vends pas je donne. Je n'achète pas... [Lire la suite]