lundi 10 novembre 2014

RENE CHAR

« Lorsque nous sommes aptes à monter à l’aide de l’échelle naturelle vers quelque sommet initiant, nous laissons en bas, les échelons du bas ; mais quand nous redescendons, nous faisons glisser avec nous tous les échelons du sommet. Nous enfouissons ce pinacle dans notre fonds le plus rare et le mieux défendu, au-dessous de l’échelon dernier, mais avec plus d’acquisitions et de richesses encore que notre aventure n’en avait rapporté de l’extrémité de la tremblante échelle. »   .   RENE CHAR   . ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

dimanche 5 octobre 2014

FEUILLETS D'HYPNOS 127

Viendra le temps où les nations sur la marelle de l'univers seront aussi étroitement dépendantes les unes des autres que les organes d'un même corps, solidaires en son économie. Le cerveau, plein à craquer de machines, pourra-t-il encore garantir l'existence du mince ruisselet de rêve et d'évasion? L'homme, d'un pas de somnambule, marche vers les mines meurtrières, conduit par le chant des inventeurs… .   RENE CHAR   .   Photographie Sting Tun        
Posté par emmila à 21:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
lundi 9 juin 2014

LES MATINAUX...Extrait

Quand nos os eurent touché terre, Croulant à travers nos visages, Mon amour, rien ne fut fini. Un amour frai vint dans un cri Nous ranimer et nous reprendre. Et si la chaleur s’était tue, La chose qui continuait, Opposée à la vie mourante, A l’infini s’élaborait. Ce que nous avions vu flotter Bord à bord avec la douleur Etait là comme dans un nid, Et ses deux yeux nous unissaient Dans un naissant consentement. La mort n’avait pas grandi Malgré les laines ruisselantes, Et le bonheur pas commencé A l’écoute de nos présences ; L’herbe... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 2 juin 2014

EN TRENTE TROIS MORCEAUX ET AUTRES POEMES, SUIVI DE SOUS MA CASQUETTE AMARANTE...Extrait

Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d'harmonie, en même temps que d'éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d'existants s'entr'appelant. Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre. Et un ordre insurgé. ....    On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle d'erreur sur soi et sur le monde, sans une paille d'innocence aux premiers mots. .   RENE CHAR   .   Photographie Nathalie Magrez    
Posté par emmila à 21:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 28 février 2014

DEHORS LA NUIT EST GOUVERNEE

Laissez filer les guides maintenant c'est la plaineIl gèle à la frontière chaque branche l'indiqueUn tournant va surgir prompt comme une fuméeOù flottera bonjour arqué comme une échardeL'angoisse de faiblir sous l'écorce respireLe couvert sera mis autour de la margelleDes êtres bienveillants se porteront vers nousLa main à votre front sera froide d'étoilesEt pas un souvenir de couteau sur les herbesNon le bruit de l'oubli là serait telQu'il corromprait la vertu du sang et de la cendreLigués à mon chevet contre la pauvretéQui n'entend... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 15 décembre 2013

LE NU PERDU ET AUTRES POEMES 1964-1975...Extrait

Si tu cries, le monde se tait: il s'éloigne avec ton propre monde. Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie. Telle est la voie sacrée. Qui convertit l'aiguillon en fleur arrondit l'éclair. La foudre n'a qu'une maison, elle a plusieurs sentiers. Maison qui s'exhausse, sentiers sans miettes. Petite pluie réjouit le feuillage et passe sans se nommer. Nous pourrions être des chiens commandés par des serpents, ou taire ce que nous sommes. Le soir se libère du marteau, l'homme reste enchaîné à son coeur. L'oiseau sous terre... [Lire la suite]
Posté par emmila à 21:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

dimanche 15 décembre 2013

LES NUITS JUSTES...Extrait

Avec un vent plus fort, Une lampe moins obscure, Nous devons trouver la halte Où la nuit dira "Passez" ; Et nous saurons que c’est vrai Quand le verre s’éteindra. Ô terre devenue tendre ! Ô branche où mûrit ma joie ! La gueule du ciel est blanche. Ce qui miroite, là, c’est toi, Ma chute, mon amour, mon saccage."   .   RENE CHAR   .   Photographie Yasmina Alaoui, Marco Guerra
Posté par emmila à 20:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 27 novembre 2013

TROIS COUPS SOUS LES ARBRES

Il y a la beauté qui est la vérité réussie des choses, leur dimension harmonieuse, et le bonheur qui tombe comme la foudre d'un ciel qu'on croyait sans surprise, cerné de toutes parts par des étoiles, les mêmes qui troublent peut-être l'esprit de ceux qui habitent de l'autre côté de la nuit. Comment agir pour être heureux, toujours davantage, sans trébucher, sans vieillir et sans perdre courage? Sans courir trop vite devant son amour avec la crainte de ne plus l'apercevoir en se retournant? Nous abordons cette envie comme un mur de... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
jeudi 10 octobre 2013

RECIT ECOURTE

Tout ce qui illuminait à l’intérieur de nous gisait maintenant à nos pieds. Hors d’usage. L’intelligence que  nous recevons du monde matériel, avec les multiples formes au-dehors nous comblant de bienfaits, se détournait de nos besoins. Le miroir avait brisé tous ses sujets. On ne frète pas le vent ni ne descend le cours de la tempête. Ne grandit pas la peur, n’augmente pas le courage. Nous allons derechef répéter le projet suivant, jusqu’à la réalité du retour qui délivrera un nouveau départ de concert. Enserre de ta main le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 9 octobre 2013

LA PAROLE EN ARCHIPEL...Extrait

 « Je pleure quand le soleil se couche parce qu'il se dérobe à ma vue et parce que je ne sais m'accorder avec ses rivaux nocturnes. Bien qu'il soit au bas et maintenant sans fièvre, impossible d'aller contre son déclin, de suspendre son effeuillaison, d'arracher quelque envie encore à sa lueur moribonde. Son départ se fond dans son obscurité comme le limon du lit se délaye dans l'eau du torrent par-delà l'éboulis des berges détruites. Dureté et mollesse au ressort ont alors des effets semblables. Je cesse de recevoir l'hymne... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,