jeudi 23 mai 2013

LES MATINAUX...Extrait

Oh ! Rencontrée, nos ailes vont côte à côte Et l’azur leur est fidèle Mais qu'est-ce qui brille encore au-dessus de nous ? Le reflet mourant de notre audace. Lorsque nous l’aurons parcourue, Nous n’affligerons plus la terre : Nous la regarderons.   .   RENE CHAR   .      
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mardi 19 février 2013

RENE CHAR

C'est Baudelaire qui postdate et voit juste de sa barque de souffrance, lorsqu'il nous désigne tels que nous sommes. Nietzsche, perpétuellement séismal, cadastre tout notre territoire agonistique. Mes deux porteurs d'eau. Obligation, sans reprendre souffle, de raréfier, de hiérarchiser êtres et choses empiétant sur nous. Comprenne qui pourra. Le pollen n'échauffant plus un avenir multiple s'écrase contre la paroi rocheuse. Que nous défiions l'ordre ou le chaos, nous obéissons à des lois que nous n'avons pas intellectuellement... [Lire la suite]
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mardi 15 janvier 2013

LES MATINAUX...Extrait

Il était un homme, une fois, qui n'ayant plus faim, plus jamais faim, tant il avait dévoré d'héritages, englouti d'aliments, appauvri son prochain, trouva sa table vide, son lit désert, sa femme grosse, et la terre mauvaise dans le champ de son coeur. N'ayant pas de tombeau et se voulant en vie, n'ayant rien à donner et moins à recevoir, les objets le fuyant, les bêtes lui mentant, il vola la famine et s'en fit une assiette qui devint son miroir et sa propre déroute. . RENE CHAR   .   Oeuvre Jan Van Eyck   ... [Lire la suite]
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mardi 8 janvier 2013

LES DENTELLES DE MONTMIRAIL

Au sommet du mont, parmi les cailloux, les trompettes de terre cuite des hommes des vieilles gelées blanches pépiaient comme des petits aigles. Pour une douleur drue, s’il y a douleur. La poésie vit d’insomnie perpétuelle. Il semble que ce soit le ciel qui ait le dernier mot. Mais il le prononce à voix si basse que nul ne l’entend jamais. Il n’y a pas de repli ; seulement une patience millénaire sur laquelle nous sommes appuyés. Dormez désespérés, c’est bientôt jour, un jour d’hiver. Nous n’avons qu’une ressource avec la... [Lire la suite]
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samedi 8 décembre 2012

FUREUR ET MYSTERE...Extrait

Nous regardions couler devant nous l’eau grandissante. Elle effaçait d’un coup la montagne, se chassant de ses flancs maternels. Ce n’était pas un torrent qui s’offrait à son destin mais une bête ineffable dont nous devenions la parole et la substance. Elle nous tenait amoureux sur l’arc tout-puissant de son imagination. . Quelle intervention eût pu nous contraindre ? La modicité quotidienne avait fui, le sang jeté était rendu à sa chaleur. Adoptés par l’ouvert, poncés jusqu’à l’invisible, nous étions une victoire qui ne prendrait... [Lire la suite]
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samedi 10 novembre 2012

DE MOMENT EN MOMENT

Pourquoi ce chemin plutôt que cet autre ? Où mène-t-il pour nous solliciter si fort ? Quels arbres et quels amis sont vivants derrière l’horizon de ses pierres, dans le lointain miracle de la chaleur ? Nous sommes venus jusqu’ici car là où nous étions ce n’était plus possible. On nous tourmentait et on allait nous asservir. Le monde, de nos jours, est hostile aux Transparents. Une fois de plus il a fallu partir… Et ce chemin, qui ressemblait à un long squelette, nous a conduits à un pays qui n’avait que son souffle pour escalader... [Lire la suite]
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jeudi 13 septembre 2012

RENE CHAR

Il y eut le vol du Temps durant des millénaires, tandis que l'homme se composait. Vint la pluie à l'infini; puis l'homme marcha et agit. Naquirent les déserts; le feu s'éleva pour la deuxième fois. L'homme alors, fort d'une alchimie qui se renouvelait, gâcha ses richesses et massacra les siens. Eau, terre, mer suivirent, cependant qu'un atome résistait. Ceci se passait il y a quelques minutes. Détesté du tyran quel qu'en soit le poids. Et pour tout alpage, l'étincelle entre deux flammes. (...) Le présent-passé, le futur-présent.... [Lire la suite]
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jeudi 13 septembre 2012

AROMATES CHASSEURS...Extrait

« Nous sommes lucioles sur la brisure du jour. Nous reposons sur un fond de vase, comme une barge échouée. Ces conflits entre le désir et l’esprit qui sème la désolation. Conflits d’où l’esprit sort vainqueur par le biais et non par le droit fil. (...) Dans sa lutte pour la vie, sans le mal aurait-il survécu ? Lui, l’homme blanc ? Puis il scella sa domination défleurante. La multiplication, opération aujourd’hui maudite. De même la croissance. Et l’exploit : ils ne pouvaient traverser que sous le regard nervuré des dieux, lesquels... [Lire la suite]
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samedi 8 septembre 2012

EFFILAGE DU SAC DE JUTE...Extrait

Sûrs de nos moyens, nous ne devrions pas dénigrer mais coudoyer le monde, ne pas le brutaliser ni le certifier sottement, mais lui marquer combien nous lui sommes attachés, et sans l'avoir spacieusement produit. Nous garderions indemne vers l'intérieur une étoile naine  au bord de son nid, tel un enfant forestier dans le carré de son abri, tandis que ses parents abattraient à la hache le seul bois nécessaire à leur convenance. Hommes aux vieux regards, nous vous en prions :au va et vient du dur pendule, faîtes fermenter. Sans... [Lire la suite]
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vendredi 7 septembre 2012

LA PAROLE EN ARCHIPEL...Extrait

Malgré la fenêtre ouverte dans la chambre au long congé, l'arôme de la rose reste lié au souffle qui fut là. Nous sommes une fois encore sans expérience antérieure, nouveaux venus, épris. La rose! Le champs de ses allées éventerait même la hardiesse de la mort. Nulle grille qui s'oppose. Le désir resurgit mal de nos fronts évaporés. Celui qui marche sur la terre des pluies n'a rien à redouter de l'épine, dans les lieux finis ou hostiles. Mais s'il s'arrête et se recueille, malheur à lui! Blessé au vif, il vole en cendres, archer... [Lire la suite]
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