samedi 19 janvier 2013

POESIE VERTICALE IV....Extrait

Personne ne commence où il veut mais où prend fin l'arrogance de cela que n'est personne. Nous commençons tous dans un coin sans personne et à ce coin finalement nous revenons croyant par erreur qu'il y a quelqu'un. Mais le centre de la joie d'être quelqu'un est la joie de ne l'être pas, l'exacte compréhensionde dessin de ce filet que nous tendons, dans le métier précis de pêcheurs que ne pêchent pas le poissonmais la perte du poisson,jusqu'à pêcher leur propre perte.   . ROBERTO JUARROZ   .  

samedi 19 janvier 2013

POESIE VERTICALE III....Extrait

L'autre qui porte mon noma commencé à me méconnaître.Il se réveille où je m'endors,double la conviction que j'ai de mon absence,occupe ma place comme si l'autre était moi,me copie dans les vitrines que je n'aime pas,creuse les cavités que j'élude,déplace les signes qui nous unissentet visite sans moi les autres versions de la nuit.Imitant son exemple,j'ai commencé à me méconnaître.Peut-être n'est-il d'autre manièrede commencer à nous connaître. .   ROBERTO JUARROZ   .   Oeuvre Egon Schiele
samedi 19 janvier 2013

POESIE VERTICALE XIV...Extrait

Ils étaient pour un autre monde Tout dialogue, rompu. Tout amour, rapiécé. Tout jeu, marqué. Toute beauté, tronquée. Comment sont-ils arrivés jusqu’ici ? Tout dialogue, verbe. Tout amour, sans pronoms. Tout jeu, sans règles Toute beauté, offrande. Il y a sans doute une faille dans l’administration de l’univers Des créatures erronées ? Des mondes égarés ? Des dieux irresponsables ? Ils étaient pour un autre monde   .   ROBERTO JUARROZ   .      
mardi 8 janvier 2013

II POESIA VERTICAL

Una escritura que soporte la intemperie, que se pueda leer bajo el sol o la lluvia, bajo el grito o la noche, bajo el tiempo desnudo. Una escritura que soporte lo infinito, las grietas que se reparten como el polen, la lectura sin piedad de los dioses, la lectura iletrada del desierto. Una escritura que resista la intemperie total. Una escritura que se pueda leer hasta en la muerte.   .   ROBERTO JUARROZ   .  
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mardi 8 janvier 2013

POESIE VERTICALE II

Une écriture qui supporte l'intempérie, qui puisse se lire sous le soleil ou la pluie, sous la nuit ou le cri, sous le temps dénudé . Une écriture qui supporte l'infini, les crevasses qui s'étoilent comme le pollen, la lecture sans pitié des dieux, la lecture illettrée du désert .   Une écriture qui résiste à l'intempérie totale . Une écriture qui puisse se lire jusque dans la mort .    .   ROBERTO JUARROZ   .  
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jeudi 11 octobre 2012

POESIE VERTICALE...Extrait

Peut-être resterons-nous fixés sur une pensée, la pensant pour toujours.   Il se pourrait que l'éternité consiste à se concentrer sans rien alentour sur la pensée la plus dense et à rester là comme une plante en éveil qui colonise pour toujours son minuscule espace.   Mourir ne serait alors rien d'autre que l'ultime effort de l'attention, l'abandon des autres pensées. . ROBERTO JUARROZ .    
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dimanche 7 octobre 2012

ROBERTO JUARROZ

Un bourdonnement de fond témoigne de la présence des choses . Nous avons besoin de la parole et du vent pour le supporter .   Un bourdonnement de fond dénonce l'absence des choses . Nous devons inventer une autre mémoire pour ne pas devenir fous .   Un bourdonnement de fond annonce qu'il n'y a rien qui ne puisse exister . Nous avons besoin d'un silence doublé de silence pour admettre que tout existe .   Un bourdonnement de fond souligne le froid et la mort . Nous avons besoin de la somme de tous les... [Lire la suite]
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jeudi 4 octobre 2012

ROBERTO JUARROZ

L'arbre est une leçon de présence, une leçon sans précédent, où s'unissent comme en une dimension, en un temps, un exemple différent, les questions du souvenir et les questions de l'oubli. La chanson par contre est toujours une forme de l'absence, un écho de la poussière qui se lève au lieu de la parole qui n'existe pas. Mais la présence n'est pas la seule magie : magie est aussi l'absence. C'est pourquoi l'arbre et la chanson seront toujours ensemble, bien que l'hiver abatte les paroles et les feuilles.    ... [Lire la suite]
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vendredi 10 août 2012

LE NEANT...

D’abord, Peindre des portraits sans modèle. Ensuite, Peindre des autoportraits sans modèle. Peut-être qu’alors on pourra Peindre le néant sur modèle. . ROBERTO JUARROZ .    Photographie Erin Mulvehill    
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mercredi 18 juillet 2012

DOUZIEME POESIE VERTICALE...Extrait

Périodiquement,il faut faire l'appel des choses,vérifier une lois de plus leur présence.Il faut savoir si les arbres sont encore là,si les oiseaux et les fleurspoursuivent leur invraisemblable tournoi,si les clartés cachéescontinuent de pourvoir la racine de la lumière,si les voisins de l'hommese souviennent encore de l'homme,si dieu a cédéson espace à un remplaçant,si ton nom est ton nom ou déjà le mien,si l'homme a terminé son apprentissagede se voir de l'extérieur.Et en faisant l'appelil s'agit de ne pas se tromper : aucune chose... [Lire la suite]