vendredi 30 septembre 2016

REGARD

Ton regard couleur de fleuve Est l'eau docile et qui change Avec le jour qu'elle abreuve. Petit matin, Robe d'ange Un pan du manteau céleste Sous tes cils, entre les rives S'est pris. Coule, coule eau vive. La nuit part, mais l'amour reste Et ma main sent battre un cœur. L'aube a voulu parer nos corps de sa candeur. Fête-Dieu. Le désir matinal a repris nos corps nus Pour sculpter une chair que nous avions cru lasse. Sur les fleuves au loin déjà les bateaux passent. Nos peaux après l'amour ont l'odeur du pain chaud. Si... [Lire la suite]
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lundi 26 septembre 2016

À TOI QUI SAIS TENIR PAROLE

Toi, femme aux mains de poignante douceur, lèvres offertes comme fardées au pinceau rouge du vin des noces de Cana, je salue en ta chair la naissance du monde, toutes saveurs du sel, ton parfum de fourrure, l'appel sourd de la terre, sa promesse de source, son octroi de froment.Toi, femme qui inventes la prosodie de mes paroles, toi par qui mes songes prennent corps ; tu as flétri mes cauchemars dans tes flancs de longue houle.Avant toi, rien, jamais, ne m'avait suggéré que le poème est la pâture pour faire éloge ou récuser ; que sa... [Lire la suite]
dimanche 18 septembre 2016

LUMIERE NOMADE...Extrait

O femme dévêtue comme la lune dans les prémices éparses de la lampeJe nomme tes seins donation de neigetes jambes parvis des célébrationsCar tu commences l’inventiond’un miel plus doux que laine d’agneau pascalO rivière écartelée je te mesure comme un oiseau posé sur son ombreTu me reçois mon entrouverte d’une chère blessureEt nous voici brûlants comme de folles branchesdans l’arbre de l’éclairTandis que tu dénoues ô déjà séparéeles lèvres les toisonsJe te regarde me quitter dans le ruissellement du sommeiloù tu t’éloignes en très... [Lire la suite]
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vendredi 9 septembre 2016

AVEC TOI VIENT L'ÉTÉ AUX PIEDS DE SAUGE ROUGE

"Échanger paroles est acte des amoureux"François Rabelais   . Tu m'écris. Jour après jour, chaque bouffée de ton souffle m'écrit, comme, une à une, les fleuraisons des heures.Tu m'écris, aristotélicienne, en élaborant des repas savoureux. Tu m'écris quand tu chantonnes une aria de Bellini, tes toisons moussues sous la douche.Tes mains filent trame et chaîne, fibres imprévues quelquefois, et, dans l'étoffe des mots incrustée de tessons, incisée de reprises, d'ajours, brodent, de syllabe en syllabe, le dit du libre jeu qui nous... [Lire la suite]
mercredi 7 septembre 2016

CE QUE JE DOIS AU FROISSEMENT DU THYM ( Hommage )

Les choses sont là et je suis à elles, absentes ou sous mes yeux. Ainsi je nais au chèvrefeuille en plein soleil, à l'escargot sous une acanthe un jour de pluie, au figuier dans la pénombre. Et dans les plis ombre et lumière jaillit comme un défaut, un manque ; l'air vibre, l'horizon, tout soudain, c'est l'absence de toi, de toi à l'instant si lointaine. Le sang cherche à régler son pouls, le paysage que tu enrobes se déploie, inflexions bombements buissons sillons rivière, les remuements du cœur dans les frissons du frêne, ciel lavé,... [Lire la suite]
mercredi 7 septembre 2016

JE NE COMPTE PLUS QUE SUR LA BEAUTÉ DE TON CHANT ( Hommage )

Ce non-monde, ressassant d'être sans horizon, abhorre la tendresse : le sens n'y tremble plus dans le tempo dément ; ordre ordurier, temps de détresse, il se livre au vitriol, à la tenaille, au garrot, écorchant, matraquant, vomissant du venin en mots braillards, mots mirages amputés, encanaillés, assujettis, empuantis. La vie s'alarme : peut-elle se changer en s'ouvrant à la joie ? Me défiant de la tristesse, j'ai mendié tes doigts de lin, le nid suspendu sous ta robe, le duvet de ton regard à l'heure où les ombres s'allongent.... [Lire la suite]

lundi 8 août 2016

ANGELE PAOLI

blanchesles figues du figuierblanches mais pas vraimentvertes du même vertque l'arbre qui les portefeuilles en étoilelarges mains épanouiestissu qui râpe la chair tendredénudée de l'ététissu qui râpecomme râpe épaisse l'écorce de l'arbredoucela figue le fruit du figuierle fruit délicieuxandrogyne parfaitbourse striée qui s'enflese gonfle et se rengorgeinvolucre dodu que savamment soupèsentle regard puis les doigtsrondeur veloutée du jourla peau se fendilles'ouvre tendre et blanche de rainuresle pédoncule pivote sous la pression... [Lire la suite]
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samedi 6 août 2016

LE CHANT DE SAMA N'DEYE...Extrait

-Tondisa bomoyi nanga na bandoto…[-Remplis ma vie de songes…]Carlito Lassa   . Au milieu de mille images,ton visage apparaît. J’étreins la visite qui précède ton corps et je remplis la maison qui t’attend de chants d’accueil.   Le feu de mes appels a brûlé leurs yeux, les voyants sont devenus aveugles.   Et sur la natte de vérité, les cauris qui ont roulé se sont trompés. - Ils prédisent des douleurs quand mon cœur fleurit.   Ecoute le chant de N’déye, écoute mon chant.   Je ne clame... [Lire la suite]
mardi 26 juillet 2016

BASALTE ROUGE

De si loin revenu par magie amant veilleur pris dans les bras mains maladroites rendre la chair vive être brasier et fagot de purs blasphèmes hallucinés soufre, herbe brûlée langue obscure de quelque étranger brûle lucide les plaintes blasphèmes vie coupée versets redoutés prière d’insérer enfer noces de terreur bandit éclopé que guettes tu au bout de l’exil ? j’emprunte les yeux des femmes aimées pour éclairer mon chemin la nuit bouillonne viens aiguiser les mots sur la pierre mots tranchants de l’agonie qui crie :... [Lire la suite]
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jeudi 30 juin 2016

PATRICK ASPE

La revanche est amère aux pas du condamné retour sans larmes éloge d'une mélopée la réalité c'est prendre possession des proximites retourner sur soi la flamme des brasiers la rose sur le chemin secourue porte frappée aux errances apparues la source le socle d'une charrue la seule page qui va au cahiers des vertiges vertu maladive maladresse tes lèvres comme tes cuisses avancent à mes lèvres reflets incertains toujours nos corps virages brefs   .   PATRICK ASPE   . Photographie Andréa Kiss ... [Lire la suite]