vendredi 27 mai 2022

DEVANT DU LINGE ETENDU PAR MA MERE, AU VILLAGE

  Linge étendu par les bras roses de maman! Primitive épreuve de la cuve aux cendres de sarment... œufs à la neige du savon... Franches gifles du battoir... Décisives caresses du puits... Très pure corde allant de l’azerolier à ce trophée d’oreilles d’éléphant que semble le figuier... Puis les épingles tutélaires... Enfin, sur toutes ces candeurs flottantes, les lingots subtils du soleil vierge... Linge étendu par ses bras roses! Hosties... Lins d’aube... Nénuphars de brise... Pages de pâquerettes... Pans de lune... ... [Lire la suite]
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jeudi 20 février 2020

POUR TUNIS

Au sud-est du mont Ichkeul calme frisson de menthe et calme lisière des champs de bléQui traversent la plaine d’Utique d’anis d’asphodèle et tantôt de narcisseAvant que ne s’envole un oiseau difforme loin du micro climat de l’amour Ô sirèneViens que m’inondent ton sourire et ta salive. Je parle une langue qui donne un autre nom à la salive sur la blancheur des dentsT’en souvient-il nous avons ranimé des flammes éteintes et d’anciennes lueursDerrière le voile des feuillages je vois les voiliers invisibles. Moi c’est près de Pompéi que... [Lire la suite]
jeudi 16 janvier 2020

NADIA TUENI ...Extrait

Se souvenir - d'un village escarpé, posé comme une larme au bord d'une paupière; on y rencontre un grenadier, et des fleurs plus sonores qu'un clavier. Se souvenir - de la vigne sous le figuier, des chênes gercés que Septembre abreuve, des fontaines et des muletiers, du soleil dissous dans les eaux du fleuve. Se souvenir - du basilic et du pommier, du sirop de mûres et des amandiers. Alors chaque fille était hirondelle, (…) Se souvenir - de l'ermite et du chevrier, des sentiers qui mènent au bout du nuage, (…) Se... [Lire la suite]
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vendredi 21 septembre 2018

VENTS...Extrait

« Ce serait un jour de grand vent. Oh ! de vent à trousser toutes les robes aux arbres de la terre. Et la mer serait folle à tordre ses vagues comme de la dentelle brassée par des mains de femme. Les graines des fruits cliquetteraient au fond de leurs gousses. Il y aurait des râles d'eau, des plaintes d'arbres, des roulements de pierres. Il y aurait des moiteurs dans l'air, des senteurs de vanille et de sel, du rose de luxure aux joues du ciel. Vous seriez là, assis au milieu de tout cela et vous entendriez tonner la voix du... [Lire la suite]
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dimanche 20 mai 2018

MEMOIRE DES SUDS

A Dom Gabrielli     De l'oignon cru de l'huile d'olive du pain et une pincée de sel tel est ton repas aujourd'hui succulent en ces jours de disette et tu te souviensd'une colline devant Jérusalemoù un petit chevrier te souriaitassis sur un rocher sous le ciel radieux de Palestinetu te souviens du paysan crétois aux yeux bleu clairqui remplissait ton verre de rakiun jour de Pâque inondé de lumièreavec la mer éblouissante à perte de vuetu te souviens au bord d'un chemin de caillouxsous un... [Lire la suite]
dimanche 29 octobre 2017

OCTOBRE

Voici l’odeur totale du matin. Le jasmin endormi. La sueur du soleil. J’avale l’écorce du monde. La terrestre présence. Entre mes vertèbres descend le venin de l’hiver. Je touche le temps pour accéder à sa légende. Je suis le chemin d’herbe coupée, les pétales mourants des roses. C’est l’automne dans le tambour des labours. Il y a comme un souffle fatigué dans les branches, une libellule attardée, des coups de hache près d’un lointain bûcher. Là-bas on brûle des feuilles mortes pour l’appétit des chaumes. L’écureuil disparaît dans la... [Lire la suite]
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vendredi 4 août 2017

LORSQUE JE SERAI MORT

Qu'on me lave de vin lorsque je serai mort que le sang de la vigne envahisse nos veines au jugement dernier qu'on amène mon corps parfumé de raisin de menthe et de verveine    Femme aux plaisirs humains à la sève des fleurs que ton coeur affamé jamais ne se dérobe les chemins de l'amour sont ravinés de pleurs si tu passes par là relève bien ta robe   Ne traine pas ta peine à mon enterrement je n'y veux que sanglots de bonbonne bien pleine où que j'aille j'irai couronné de sarments droit comme le cyprès... [Lire la suite]
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lundi 20 mars 2017

LES FLEURS ET LES SAISONS...Extrait

Le vrai porteur de joie, c'est cet homme sur la colline de mars ou d'avril, au coeur d'un pays immense à peine éveillé de l'hiver, avec le tait bleu des neiges mortes au revers des forêts et des haies, les villages humides aux replis de l'herbe d'étoupe, roses comme un buisson de bois-gentil. (...) Comme l'odeur de la première violette, comme cette perce-neige dans le verger ouverte sans tige au ras du sol effacent en nous d'un seul coup le souvenir des jardins de septembre épanouis, toute l'opulence d'une saison mûre et condamnée,... [Lire la suite]
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dimanche 19 mars 2017

BERNARD NEGRE...Extrait

Mon jardin est grand en long il va jusqu'au fond de l'enfance et rien ne peut l'arrêter pas même les Apaches embusqués derrière le sorbier En large il court libre avec la menthe et les orties Au fond de la prairie il y a le grand totem géant à la chevelure de mélèze cousu de terrifiantes cicatrices. Autour de lui, des lupins dansent une danse iroquoise Le fil télégraphique relie le ciel d'un voisin à l'autre Les écureuils passent et repassent rangent les nuages vérifient la position des nids apporte des lettres d'amour ... [Lire la suite]
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mardi 24 mai 2016

L'ARIDE DES JOURS...Extrait

Midi, enfin.Un poing s'élève.Tous les feux du soleil se rassemblent en lui.Brutal instant qui déchire les ronces.Geste qui retrouve la mémoire.Le soleil blanchit aux confins du regard. Dressé au dessus des oliviers, il absorbe le ciel. L'olivier retient son délire. Le ciel n'ose plus frémir.Le pin éclate de sève, et au risque de périr, enlace l'heure. L'air alors devient plus lourd que le mystère. La poussière vaincue retombe sur le sol qui la fait naître...Là.Fixement, je parcours le paysage au plein de son jour.Des relents de... [Lire la suite]