lundi 21 août 2017

HEURE D'EXIL

Je te dédie cet espace librement consenti je te dédie ce retour ce vol contre vents et nuages contre la montre vers cette terre naufragée dans mon âme Je te dédie cette lumière cette musique et les mille frôlements de nos corps Je te dédie ce voyage recommencé à tes côtés cet éternel retour où je t'ai retrouvée Je te dédie ta silhouette par mes yeux envoûtée l'unique mémoire de quarante ans d'attente Je te dédie cette inoubliable volonté de lutte cet espoir regreffé à ta voix à ta tendresse à notre angoisse Je te dédie la... [Lire la suite]

lundi 14 août 2017

DEBRIS

Je ne sentirai plus Sous mes pieds la Terre qui tremble et se rebelle Voulant Cesser d’être ronde Ni mes côtes s’ouvrir devenues la carène d’un coraque Ou de la felouque où s’allonge le batelier Pour enlacer sa belle lorsque le Nil devient Fleuve de sang et de boue Je ne caresserai plus Ni les joncs de la rive et l’odeur de l’eau Ni rien qui soit vivant ni les déserts ni l’écume Ni la cime des arbres et les bras des statues Y sentant le frisson de la pierre qui prie sa délivrance Je regarderai Cachée, La main qui écrivait... [Lire la suite]
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samedi 29 juillet 2017

DESIR

Rien que ton cœur brû­lant,Rien d’autre. Mon para­dis : un champSans ros­si­gnolsNi lyres,Un ruis­seau dis­cret,Une sim­ple source. Pas de vent qui épe­ronneLes fron­dai­sons,Ni d’étoile qui veuilleSe faire feuille. Un jour immenseY seraitLe ver lui­santD’un autre jourDans un chant deRegards bri­sés. Lumi­neux reposOù tous nos bai­sers,Grains de beauté sono­resDe l’écho,Iraient là-bas éclore. Et ton cœur brû­lant,Rien d’autre.     .  FEDERICO GARCIA LORCA   .       ... [Lire la suite]
samedi 3 juin 2017

OCCITANIE...Extrait

Chaque foisje me hisse hors des fersjusqu'à ton frontpour le meilleuret pour le pireje lie mes lèvres à tes lèvresdans un espace de chaleur animalechaque matinj'apprends pas ta boucheles nouvelles fraīches de la vieet puis je descendsdans la rue où respirent les hommessoleils inachevésje me frotte à leurs rides muettesà leurs paumes ronces et rosesà leurs joies d'enfants à leurs cruautés énigmatiquesTu es dans mon ombretu brûles dans mon regardtu sépares la paille et le grainje leur montre le chemind'ailes et d'étoiles possiblecent... [Lire la suite]
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samedi 3 juin 2017

LE CERCLE DE L'AURORE

Je ne suis pas ce Je majuscule et sans âge, je ne suis pas ce Je apposé dans la marge. Je suis Vous qui passez, compagnons de mirages, multiples de moi-même à l'ombre des noyers. Il m'en aura fallu du temps pour délasser les grandes mains de l'aube que le couchant fermente et du temps pour aimer par-delà la tourmente, chaque coeur, chaque ride, chaque larme versée. Je sais que le dernier souffle aura le parfum du premier, rassemblant à rebours les fragrances éludées de nos intermittences et je nous sais unis par la... [Lire la suite]
mardi 30 mai 2017

LES ECRITS DANS L'ARBRE...Extrait

Si j’écris un vers à même le songe de ta peau. Ce sera pour ton dos. C’est beau la cambrure des mots. Si j’écris un vers qui tombe dans le verbe de tes seins ce sera un poème jumeau et serein. Si j’écris au pied de la cathédrale de ton âme ce sera pour le vitrail de tes yeux et pour la patience de la flamme. Si j’écris un vers pour tes collines de lumière ce sera la frondaison du désir et le vin de résines. Si j’écris un vers à l’oreille des sources ce sera la pente et les frissons. Si j’écris un mot sur tes cuisses ce sera de l’eau... [Lire la suite]

vendredi 24 mars 2017

COMPLAINTE AMOUREUSE

Oui dès l'instant que je vous vis Beauté féroce, vous me plûtes De l'amour qu'en vos yeux je pris Sur-le-champ vous vous aperçûtes Ah ! Fallait-il que je vous visse Fallait-il que vous me plussiez Qu'ingénument je vous le disse Qu'avec orgueil vous vous tussiez Fallait-il que je vous aimasse Que vous me désespérassiez Et qu'enfin je m'opiniâtrasse Et que je vous idolâtrasse Pour que vous m'assassinassiez   .   ALPHONSE ALLAIS   .     Oeuvre Vladislav Erko  
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dimanche 19 février 2017

LA POSSIBILITE D'UNE ÎLE...Extrait

... Et la mort qui avance A petits cris plaintifs, Dansant sa drôle de danse Sur mon centre émotif Qui grimpe dans le lit, Soulève les couvertures ; Mon amour aboli, Pourquoi tout est si dur ?   Au bout de quelques mois (Ou de quelques semaines) Tu t’es lassée de moi, Toi que j’avais fait reine. Je connaissais le risque, En mortel éprouvé ; Le soleil, comme un disque, Luit sur ma vie crevée.   Il n’y a pas d’amour (Pas vraiment, pas assez) Nous vivons sans secours, Nous mourons délaissés. ... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

MAHMOUD DARWICH...Extrait

Comme l’herbe qui pousse entre les jointures des rochers, On s’est rencontré un jour tels deux étrangers…  Le ciel printanier composait l’étoile après l’étoile. Et moi, je composais une strophe d’amour Pour tes yeux… Et je l’ai chantée !   Tes yeux, savent- ils que j’ai longuement attendu Comme l’été qui a attendu un oiseau Et que j’ai dormi comme l’émigrant Ayant un œil fermé tandis que l’autre demeure éveillé A pleurer sa sœur… ? Amoureux, nous sommes Jusqu’à ce que... [Lire la suite]
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samedi 14 janvier 2017

LA DIAGONALE DU SILENCE...Extrait

Une mélodie de silences posés sur l’escaliercomme une vie qui passeun sourire attaché aux nuages, je cherche des allumettes Je me chercheSi longtemps que j’ai perdu le cheminJ’ai froid de toi dit-ilSon sourire éclata comme une envolée de notes légères et turquoisesSes yeux portaient l’étrangeté indicible des musiques péruviennesquand elles percutent la mémoire d’un vieil homme qui revoit courir ses vingt ansJ’ai froid de toiUne ficelle de rire à la fenêtre projette une odeur de thé indigèneJe scrute hierTe rencontrerai-je ma... [Lire la suite]