mercredi 21 février 2018

LE JARDIN ETAIT DANS LA MER

Le jardin était dans la merŒillets d'écume cap profondTa main s'en allait avec l'eauComme une traîne nuptialeTa main libérait tout le cielDes anges à onze épéesFlottaient à côté de ton nomCoupeurs de vagues à leurs crêtesEt les voiles blanches penchaientAux courtes rafales du ventAvec des épines de rosesTu cousais les rubans de l'attenteAux cheveux des collines de ton amourEt disais ; celle qui peigne la lumièreEst une cascade ici qui s'amuseFlèche voleuse scandale du rireO petite enfant du jour qui n'en finit pasDans les arbres... [Lire la suite]

mardi 13 février 2018

HELENE OU LE REGNE VEGETAL...Extrait

  Tu étais la présence enfantine des rêves.Tes blanches mains venaient s'épanouir sur mon front Parfois dans la mansarde où je vivais alorsUne aile brusquement refermait la lumière. J'appelais, je disais que vienne enfin la grande,La belle, la toujours désirable et comblée. Et j'allais regarder souvent à la fenêtreComme si le bonheur devait entrer par là Ce fut par un matin semblable à tous les autres.Le soleil agitait ses brins de mimosa Des peuplades d'argent descendaient la rivière.Les enfants avaient mis des bouquets... [Lire la suite]
mardi 30 janvier 2018

SONNETS DE L'AMOUR OBSCUR...Extrait

 Je veux pleurer ma peine et te le dire pour que tu m'aimes et pour que tu me pleurespar un long crépuscule de rossignolsoù poignard et baisers pour toi délirent. Je veux tuer le seul témoin, l'unique,qui a pu voir assassiner mes fleurs,et transformer ma plainte et mes sueursen éternel monceau de durs épis. Fais que jamais ne s'achève la tressedu je t'aime tu m'aimes toujours ardentede jours, de cris, de sel, de lune ancienne, car tes refus rendus à mes silencesse perdront tous dans la mort qui ne laissepas même une ombre à... [Lire la suite]
vendredi 22 septembre 2017

L'OISEAU

Quand ton cœur de mésangePénétrait mon cœurJe te faisais patte blancheJ’arrondissais mes paumesSur ton rêveOù se cachaitL’oiseau abandonné Il volait dans ma têteL’oiseau du crépuscule doréSans jamais se blesser les ailesAux parois de mon crâneIl restait prisonnierJusqu’au petit matin Les trilles de l’auroreForçaient les nuagesJe me tenais deboutAu bord de l’oragePour le voir s’envolerJusqu’au retour de la nuitOù je l’attendais   .  JEAN  BOTQUIN   . Oeuvre Ade Adesina
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lundi 21 août 2017

HEURE D'EXIL

Je te dédie cet espace librement consenti je te dédie ce retour ce vol contre vents et nuages contre la montre vers cette terre naufragée dans mon âme Je te dédie cette lumière cette musique et les mille frôlements de nos corps Je te dédie ce voyage recommencé à tes côtés cet éternel retour où je t'ai retrouvée Je te dédie ta silhouette par mes yeux envoûtée l'unique mémoire de quarante ans d'attente Je te dédie cette inoubliable volonté de lutte cet espoir regreffé à ta voix à ta tendresse à notre angoisse Je te dédie la... [Lire la suite]
lundi 14 août 2017

DEBRIS

Je ne sentirai plus Sous mes pieds la Terre qui tremble et se rebelle Voulant Cesser d’être ronde Ni mes côtes s’ouvrir devenues la carène d’un coraque Ou de la felouque où s’allonge le batelier Pour enlacer sa belle lorsque le Nil devient Fleuve de sang et de boue Je ne caresserai plus Ni les joncs de la rive et l’odeur de l’eau Ni rien qui soit vivant ni les déserts ni l’écume Ni la cime des arbres et les bras des statues Y sentant le frisson de la pierre qui prie sa délivrance Je regarderai Cachée, La main qui écrivait... [Lire la suite]
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samedi 29 juillet 2017

DESIR

Rien que ton cœur brû­lant,Rien d’autre. Mon para­dis : un champSans ros­si­gnolsNi lyres,Un ruis­seau dis­cret,Une sim­ple source. Pas de vent qui épe­ronneLes fron­dai­sons,Ni d’étoile qui veuilleSe faire feuille. Un jour immenseY seraitLe ver lui­santD’un autre jourDans un chant deRegards bri­sés. Lumi­neux reposOù tous nos bai­sers,Grains de beauté sono­resDe l’écho,Iraient là-bas éclore. Et ton cœur brû­lant,Rien d’autre.     .  FEDERICO GARCIA LORCA   .       ... [Lire la suite]
samedi 3 juin 2017

OCCITANIE...Extrait

Chaque foisje me hisse hors des fersjusqu'à ton frontpour le meilleuret pour le pireje lie mes lèvres à tes lèvresdans un espace de chaleur animalechaque matinj'apprends pas ta boucheles nouvelles fraīches de la vieet puis je descendsdans la rue où respirent les hommessoleils inachevésje me frotte à leurs rides muettesà leurs paumes ronces et rosesà leurs joies d'enfants à leurs cruautés énigmatiquesTu es dans mon ombretu brûles dans mon regardtu sépares la paille et le grainje leur montre le chemind'ailes et d'étoiles possiblecent... [Lire la suite]
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samedi 3 juin 2017

LE CERCLE DE L'AURORE

Je ne suis pas ce Je majuscule et sans âge, je ne suis pas ce Je apposé dans la marge. Je suis Vous qui passez, compagnons de mirages, multiples de moi-même à l'ombre des noyers. Il m'en aura fallu du temps pour délasser les grandes mains de l'aube que le couchant fermente et du temps pour aimer par-delà la tourmente, chaque coeur, chaque ride, chaque larme versée. Je sais que le dernier souffle aura le parfum du premier, rassemblant à rebours les fragrances éludées de nos intermittences et je nous sais unis par la... [Lire la suite]
mardi 30 mai 2017

LES ECRITS DANS L'ARBRE...Extrait

Si j’écris un vers à même le songe de ta peau. Ce sera pour ton dos. C’est beau la cambrure des mots. Si j’écris un vers qui tombe dans le verbe de tes seins ce sera un poème jumeau et serein. Si j’écris au pied de la cathédrale de ton âme ce sera pour le vitrail de tes yeux et pour la patience de la flamme. Si j’écris un vers pour tes collines de lumière ce sera la frondaison du désir et le vin de résines. Si j’écris un vers à l’oreille des sources ce sera la pente et les frissons. Si j’écris un mot sur tes cuisses ce sera de l’eau... [Lire la suite]