samedi 31 mars 2018

LA VOIE NOMADE

  O rompre les amarres Partir partir Je ne suis pas de ceux qui restent La maison le jardin tant aimés Ne sont jamais derrière mais devant Dans la splendide brume Inconnue Est-ce la terre qui s'éloigne Ou l'horizon qui se rapproche On ne saurait jamais dans ces grandes distances Tenir la mesure De ce qu'on perd ou ce qu'on gagne Pour aller jusqu'au bout du temps Quelles chaussures quelles sandales d'air Non rien O tendre jour qu'un mince fil d'été Autour de la cheville Mais le cercle d'argent Au poignet... [Lire la suite]

samedi 31 mars 2018

LE PETIT PRE...Extrait

Tout est consentiJe m'abandonne à l'oubliAu silence à la nudité minérale du chantForêts et champsRivière laissez-moi passer...Je cherche la beauté Vêtue de nuitQui vous a renversésD'un cri. ... Tu ne connais pasLa douceur de ton nomTu ne sais pas comme il est bonDe le dire d'en basQuand on se tientDans l'ombre de ton cœurQuand on n'a rienQue son âme en pleurs   ... Il suffirait d'un papillonPour que la prairie se mette à volerQue l'oiseau moribondCueille son cœur étoileQuand le trèfle sent bonComme un framboisierPourquoi... [Lire la suite]
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lundi 19 mars 2018

RUCHES...Extrait

Que la folie du monde se taiseQue la vie soit plus belle que la vieQue les anges vacillent dans la mouvance du désirQue le baiser de la jeune mariée donne au cielUne aurore de santal et de selQue dure sur la mer immenseEternelleLa traversée des innocences Que la noce des arbres en pollensDonne aux insectesLa déraison des sentimentsUn chemin de terre de pommes et de mielDans ces rues de marbre Villages et lumièresEnroulés autour des collinesPrintemps de Toscane S'il vous plaîtRefermez la chambre un moment     .   ... [Lire la suite]
mardi 23 janvier 2018

EAUX

  Eaux de nos lits et de nos lies,Murmures de nos vieilles vies,Eaux descendues de nos vallées,De notre corps et de nos palmes,Eaux si profondes et si calmes,Eaux des campagnes, des forêts,De nos galets, de nos galops, Eaux des baptêmes, des noyés,Eaux des goulots et des rosées,Débordements des embouchures,De toutes ces forces qui durent,Eaux des courants, des eaux mourantes,Eaux des écluses, des errantes,Eaux de nos rives, de nos os, Eaux de silences et de songes,De nos secrets, de nos mensonges,Eaux calmes, vives ou... [Lire la suite]
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vendredi 19 janvier 2018

SOLEILS DES GREVES...Extrait

Aucun motne dira jamaisla joie apaisée du passage Il y eut tant de douleurssur ces rives du monde Tant de bonheursmuets Pour un printempsqui ressusciteje donnerais l'étéet l'automneet l'hiveret toutes les saisons dénudéesde mon cœur Je couvrirais de renonculesles terres obscuresde nos nuits   .     JEAN LAVOUE Soleil des grèves, Calligrammes 1996 www.enfancedesarbres.com   .  
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jeudi 2 novembre 2017

HENRI MICHAUX...Extrait

J’ai eu froid à ton froid. J’ai bu des gorgées de ta peine. Nous nous perdions dans le lac de nos échanges. Riche d’un amour immérité, riche qui s’ignorait avec l’inconscience des possédants, j’ai perdu d’être aimé. Ma fortune a fondu en un jour. Aride, ma vie reprend. Mais je ne me reviens pas. Mon corps demeure en ton corps délicieux et des antennes plumeuses en ma poitrine me font souffrir du vent du retrait. Celle qui n’est plus, prend, et son absence dévoratrice me mange et m’envahit.   .   HENRI MICHAUX   ... [Lire la suite]
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dimanche 24 septembre 2017

PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

C'était un collecteur de mots. Il allait par les rues du village et devant chaque porte demandait des phrases, des images, des silences. Oui des silences car il pensait que les mots étaient posés dans le vase des silences. Il allait dans les jardins et caressaient les plantes et susurrait des secrets aux différentes fleurs. C'était un secret différent pour chacune. Il était amoureux des ruisseaux et à chaque période de l'année il comparait leurs courants aux variations de la parole. Et parfois la sécheresse le faisait tantôt pleurer... [Lire la suite]
mercredi 13 septembre 2017

MON AMOUR

La vérité, pour se dire, Embrasse tes lèvres. Le soleil, pour briller, Doit, chaque jour, se lever, Des rayons de ton ombre. Les étoiles, en colliers, se bousculent sans nombre, Pour venir, assoiffées, boire, à ton cou, les coupes de lumière Sans lesquelles elles ne seraient que constellations sombres. Quand leurs ailes se déploient, Les oiseaux imitent ta voix, Pour chanter mon amour pour toi, Ses peines et ses joies. Les dunes, en courbes, s’échinent dans tous les sens, Pour imiter tes hanches qui, à chaque pas, dansent. Jalouses... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]
mercredi 26 juillet 2017

LA CLARTE DES HEURES INHIBEES

Tu es présente comme une dérobée aux vestiges du bleu. Je suis friable à la nuit qui m’ensorcelle. Tout ce qui disparaît est une clarté dans de l’eau sèche. Dans ce court-circuit de vide, la parole est une fusillade du langage. Chaque mot devient un projectile vivace. Nos adolescences nous ont chargés des fièvres qui augurent la brûlure. Sac à dos de tourments que nous n’avons pas eu le temps de défaire. Notre enfance commune siffle sur les parois de ma mémoire. Tantôt comme des étourneaux joueurs, tantôt comme des coups de rasoirs... [Lire la suite]