dimanche 24 septembre 2017

PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

C'était un collecteur de mots. Il allait par les rues du village et devant chaque porte demandait des phrases, des images, des silences. Oui des silences car il pensait que les mots étaient posés dans le vase des silences. Il allait dans les jardins et caressaient les plantes et susurrait des secrets aux différentes fleurs. C'était un secret différent pour chacune. Il était amoureux des ruisseaux et à chaque période de l'année il comparait leurs courants aux variations de la parole. Et parfois la sécheresse le faisait tantôt pleurer... [Lire la suite]

mercredi 13 septembre 2017

MON AMOUR

La vérité, pour se dire, Embrasse tes lèvres. Le soleil, pour briller, Doit, chaque jour, se lever, Des rayons de ton ombre. Les étoiles, en colliers, se bousculent sans nombre, Pour venir, assoiffées, boire, à ton cou, les coupes de lumière Sans lesquelles elles ne seraient que constellations sombres. Quand leurs ailes se déploient, Les oiseaux imitent ta voix, Pour chanter mon amour pour toi, Ses peines et ses joies. Les dunes, en courbes, s’échinent dans tous les sens, Pour imiter tes hanches qui, à chaque pas, dansent. Jalouses... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]
mercredi 26 juillet 2017

LA CLARTE DES HEURES INHIBEES

Tu es présente comme une dérobée aux vestiges du bleu. Je suis friable à la nuit qui m’ensorcelle. Tout ce qui disparaît est une clarté dans de l’eau sèche. Dans ce court-circuit de vide, la parole est une fusillade du langage. Chaque mot devient un projectile vivace. Nos adolescences nous ont chargés des fièvres qui augurent la brûlure. Sac à dos de tourments que nous n’avons pas eu le temps de défaire. Notre enfance commune siffle sur les parois de ma mémoire. Tantôt comme des étourneaux joueurs, tantôt comme des coups de rasoirs... [Lire la suite]
vendredi 16 juin 2017

LETTRES A UN JEUNE POETE...Extrait

« Vous avez eu de nombreuses et grandes tristesses qui sont passées. Et vous dites que même le fait qu’elles aient passé vous a été pénible et fut débilitant. Mais demandez-vous, je vous en prie, si ces grandes tristesses ne vous ont pas traversé plutôt qu’elles n’ont passé ? Si bien des choses en vous ne se sont pas transformées, si vous-même quelque part, en quelque endroit de votre être, vous n’avez pas changé tandis que vous étiez triste ? Seules sont dangereuses et mauvaises ces tristesses que l’on porte avec soi parmi les gens... [Lire la suite]
jeudi 27 avril 2017

ENFANT NU COMME L'INSTANT AUX RUINES DE LA DUREE

Sur le mur de la maison détruite demeure le papier peint,comme demeure le poème, une fois le cœur démoli.Vert, violet, de gros dessins jolis, ce papier fossilea la fraîcheur des sentiments neufs,comme le poème dévoile son cœur d’enfant, à l’épreuve du temps.Sur le mur de la demeure en ruines, le papier peint s’expose,à la façon du nourrisson, orphelin d’intention,Œdipe, Moïse, Dionysos ou Persée, Gilgamesh…tous ceux-ci qui, humblement, parmi les roseaux,au creux des flots ou bien à flanc de coteau,sur la roche escarpée se pénètrent... [Lire la suite]
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vendredi 24 mars 2017

LE CARREAU

Pures pluies, femmes attendues,La face que vous essuyez,De verre voué aux tourments,Est la face du révolté ;L’autre, la vitre de l’heureux,Frissonne devant le feu de bois. Je vous aime mystères jumeaux,Je touche à chacun de vous,J’ai mal et je suis léger . . . RENE CHAR . . .
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dimanche 26 février 2017

L'EXTASE...Extrait

Là où comme sur un lit un oreiller, Une rive en crue invitait les violettes A reposer leurs testes, Nous nous assîmes, l'un à l'autre tout entiers. C’était ferme ciment que celui de nos mains,Baume adhérent qui d’elles prenait source,Et, en nouant leurs rayons, nos regardsTissaient nos yeux sur un double cordon.Or enlacer ainsi nos mains était encoreLe seul moyen de ne faire plus qu’un,Et les images dans nos yeux le seul moyenDe faire route l’un vers l’autre. ...   . JOHN DONNE (1572-1631) . Oeuvre Francesco... [Lire la suite]
mardi 21 février 2017

LE VISAGE NUPTIAL

À présent disparais, mon escorte, debout dans la distance; La douceur du nombre vient de se détruire. Congé à vous, mes alliés, mes violents, mes indices. Tout vous entraîne, tristesse obséquieuse. J’aime. L’eau est lourde à un jour de la source. La parcelle vermeille franchit ses lentes branches à ton front, dimension rassurée. Et moi semblable à toi, Avec la paille en fleur au bord du ciel criant ton nom, J’abats les vestiges, Atteint, sain de clarté. Tu rends fraîche la servitude qui se dévore le dos; Risée de la nuit, arrête... [Lire la suite]
jeudi 2 février 2017

LE SEUIL, LE SABLE...Extrait

Tu veilles dans tes yeuxaux bambous de ténèbresUne lampe pour les autresceux qui t’observentLe sang essuie les vitresde nos maisons en ruinesPetites ombres tu suis les mortsà la trace de nos pasFraîcheur des lignes des barbelésOn se fait signe avec les lames de la roseLes amants affrontent leur visageLeur voix peuple les ondes de ce pays au tienaux abîmes d’étoiles Place à l’eau qui dort dans l’eau au creux des mainsà l’air à ses chapeaux trop larges pour nos têtesau sable à l’herbe jeune sœur de nos orteils Place aux brebis du... [Lire la suite]
Posté par emmila à 21:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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