vendredi 16 juin 2017

LETTRES A UN JEUNE POETE...Extrait

« Vous avez eu de nombreuses et grandes tristesses qui sont passées. Et vous dites que même le fait qu’elles aient passé vous a été pénible et fut débilitant. Mais demandez-vous, je vous en prie, si ces grandes tristesses ne vous ont pas traversé plutôt qu’elles n’ont passé ? Si bien des choses en vous ne se sont pas transformées, si vous-même quelque part, en quelque endroit de votre être, vous n’avez pas changé tandis que vous étiez triste ? Seules sont dangereuses et mauvaises ces tristesses que l’on porte avec soi parmi les gens... [Lire la suite]

jeudi 27 avril 2017

ENFANT NU COMME L'INSTANT AUX RUINES DE LA DUREE

Sur le mur de la maison détruite demeure le papier peint,comme demeure le poème, une fois le cœur démoli.Vert, violet, de gros dessins jolis, ce papier fossilea la fraîcheur des sentiments neufs,comme le poème dévoile son cœur d’enfant, à l’épreuve du temps.Sur le mur de la demeure en ruines, le papier peint s’expose,à la façon du nourrisson, orphelin d’intention,Œdipe, Moïse, Dionysos ou Persée, Gilgamesh…tous ceux-ci qui, humblement, parmi les roseaux,au creux des flots ou bien à flanc de coteau,sur la roche escarpée se pénètrent... [Lire la suite]
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vendredi 24 mars 2017

LE CARREAU

Pures pluies, femmes attendues,La face que vous essuyez,De verre voué aux tourments,Est la face du révolté ;L’autre, la vitre de l’heureux,Frissonne devant le feu de bois. Je vous aime mystères jumeaux,Je touche à chacun de vous,J’ai mal et je suis léger . . . RENE CHAR . . .
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dimanche 26 février 2017

L'EXTASE...Extrait

Là où comme sur un lit un oreiller, Une rive en crue invitait les violettes A reposer leurs testes, Nous nous assîmes, l'un à l'autre tout entiers. C’était ferme ciment que celui de nos mains,Baume adhérent qui d’elles prenait source,Et, en nouant leurs rayons, nos regardsTissaient nos yeux sur un double cordon.Or enlacer ainsi nos mains était encoreLe seul moyen de ne faire plus qu’un,Et les images dans nos yeux le seul moyenDe faire route l’un vers l’autre. ...   . JOHN DONNE (1572-1631) . Oeuvre Francesco... [Lire la suite]
mardi 21 février 2017

LE VISAGE NUPTIAL

À présent disparais, mon escorte, debout dans la distance; La douceur du nombre vient de se détruire. Congé à vous, mes alliés, mes violents, mes indices. Tout vous entraîne, tristesse obséquieuse. J’aime. L’eau est lourde à un jour de la source. La parcelle vermeille franchit ses lentes branches à ton front, dimension rassurée. Et moi semblable à toi, Avec la paille en fleur au bord du ciel criant ton nom, J’abats les vestiges, Atteint, sain de clarté. Tu rends fraîche la servitude qui se dévore le dos; Risée de la nuit, arrête... [Lire la suite]
jeudi 2 février 2017

LE SEUIL, LE SABLE...Extrait

Tu veilles dans tes yeuxaux bambous de ténèbresUne lampe pour les autresceux qui t’observentLe sang essuie les vitresde nos maisons en ruinesPetites ombres tu suis les mortsà la trace de nos pasFraîcheur des lignes des barbelésOn se fait signe avec les lames de la roseLes amants affrontent leur visageLeur voix peuple les ondes de ce pays au tienaux abîmes d’étoiles Place à l’eau qui dort dans l’eau au creux des mainsà l’air à ses chapeaux trop larges pour nos têtesau sable à l’herbe jeune sœur de nos orteils Place aux brebis du... [Lire la suite]
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lundi 23 janvier 2017

LES MOULINS DE MON COEUR

 Comme une pierre que l´on jette Dans l´eau vive d´un ruisseau Et qui laisse derrière elle Des milliers de ronds dans l´eau Comme un manège de lune Avec ses chevaux d´étoiles Comme un anneau de Saturne Un ballon de carnaval Comme le chemin de ronde Que font sans cesse les heures Le voyage autour du monde D´un tournesol dans sa fleur Tu fais tourner de ton nom Tous les moulins de mon cœur Comme un écheveau de laine Entre les mains d´un enfant Ou les mots d´une rengaine Pris dans les harpes du vent Comme un... [Lire la suite]
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dimanche 30 octobre 2016

COLETTE GIBELIN...Extrait

Le monde, mon ami, n'appartient à personne Il est échange et changement, bourrasques et racines Il frissonne au-dessus des rivières, libellule irisée en son vol éphémère Regarde-le courir sur les plages de l'avenir et s'effriter quand tu veux l'attraper Regarde-le pleurer et rire Le monde, mon ami, appartient à chacun Même détresse Même espoir Il est le cri des cistes et la poussière du désert quand tu rêves d'eau pure Nous partageons le vent, avec son goût d'ailleurs, ses odeurs de jasmin Nous partageons l'âpre morsure du soleil,... [Lire la suite]
vendredi 9 septembre 2016

AVEC TOI VIENT L'ÉTÉ AUX PIEDS DE SAUGE ROUGE

"Échanger paroles est acte des amoureux"François Rabelais   . Tu m'écris. Jour après jour, chaque bouffée de ton souffle m'écrit, comme, une à une, les fleuraisons des heures.Tu m'écris, aristotélicienne, en élaborant des repas savoureux. Tu m'écris quand tu chantonnes une aria de Bellini, tes toisons moussues sous la douche.Tes mains filent trame et chaîne, fibres imprévues quelquefois, et, dans l'étoffe des mots incrustée de tessons, incisée de reprises, d'ajours, brodent, de syllabe en syllabe, le dit du libre jeu qui nous... [Lire la suite]
mardi 30 août 2016

OU VONT NOS NUITS PERDUES...Extrait

J'ai parfois ce sentiment que je vais mourir sansT'avoir assez dit que je t'aime sans que ma main                Chante au clair de lune de ta nuque posée du soir jusqu'à La pluie de l'ombre sans que j'ai épuisé tes yeuxEt ces méandres des joues qui courbent la lumièreJ'aime tant suivre l'oubli qui déploie tes cheveuxCet or foulé aux doigts ce paysage balayé commeOn chevauche une plaine ma plaine cette chansonDes mains tourmentées par le désir je t'ai si... [Lire la suite]