dimanche 17 avril 2011

SERGE VENTURINI

L’homme est intelligent parce qu’il a une main. Anaxagore (500-428 av. J.-C.) Fragments   *  ― Ne remets pas sans cesse à demain de vivre ! Écoute, à quand, dis-moi, ― à quand donc ce demain ? Mains ouvertes sans crainte, mains tendues sans illusion. Cœur ardent, j’embrasse tes mains d’humain, cœur battant.   Les mains sont un visage. ― Vrai miroir du présent. Mains ridées, temps passé. Mains d’œuvre, à l’ouvrage. Mais mains ouvertes, ― les protectrices, les apaisantes. Lire une main, c’est voir un destin. ―... [Lire la suite]
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jeudi 14 avril 2011

HAC HORA

À cette heure, tu te tais, ― et garde le silence ! C’est dans ce temps présent où ton étoile d’or brille. Ô noble maintien de la parole souveraine…   D’ores et déjà, voici les lueurs de l’aurore, désormais si nous sommes gens du maintenant. Maintenant, main-tenant ! Maintenant ou jamais ! Toi, ― entre l’autrefois et le dorénavant. Une horloge grave au lointain sonne : « ― Plus que jamais ! »   L’être nous ramène, toujours au présent, ― l’Être. Maintenir, main-tenir, ... [Lire la suite]
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lundi 21 mars 2011

OMBRA MAI FU

pour Georg Friedrich Haendel (1685-1759) . Il y a des âmes qui font grandir les pays Oui, combien d’âmes, pour faire une seule et une grande Âme ? Je m’en vais voir les ombres, — ombres sans nombre. Que serai-je sans toi… Tu dis : « Toi — mon soleil !» Nos branches sont mêlées, Philémon et Baucis, même nos ombres se croisent, colombes de nos rires. Ombre, suis ton ubac ! Âme, je suis ton adret ! — Ombre, jamais ne fus. Ombre non, mais soleil. Ombre de ton ombre ne fut, jamais esclave. Car ni loup par mon sang, ni... [Lire la suite]
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vendredi 4 février 2011

VERS L'INCONNAISSABLE

pour Marguerite-Taos Amrouche, ma sœur berbère de Kabylie   Je suis les âmes au pays de l’inaccompli. — Elles sont loin, enfouies là-bas, dans l’ombre enfuies ou dans la lumière. — Je marche le jour et la nuit pour les retrouver, les chères âmes, les bien-aimées. .   Je vole parmi les oiseaux, je chemine avec les étoiles, diamants que je touche du bout du doigt. O comme elles s’éclairent dans l’inaccompli voyage, dans le vent soufflant — l’obscurité du néant. . Je te suis Taos, —... [Lire la suite]
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lundi 17 janvier 2011

BRILLENT LES PERLES DU TRANSVISIBLE

La perle que la coquille du tempset de l'espace ne peut contenir.Hâfez de Chiraz (1320-1389).Pas à pas j'avance dans le scintillant brouillard. Je traverse à toute vapeur le transvisible. Je vais errant dans l'eau troublée de ton regard, ― tastonnant aveuglé, dans la brume, ― égaré. Je ne suis qu'un rossignol que personne n'écoute. Je vois, brillants dans tes yeux, tant de paysages. Je voyage loin, au-delà même de tout voyage.Mes feuilles de papier volent, je les jette, une bonne main les ramasse, je les jette encore, ― ce ne sont... [Lire la suite]
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dimanche 19 décembre 2010

A CHAQUE DEGRÉ, L'INACCOMPLI (extrait de Éclats d'une poétique de l'inaccompli) LIVRE IV

…sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses souffles, son corps, son jour.  Rimbaud. Par degrés, d'un degré l'autre, ça avance. Ni ennemis, ni amis, ni contre, ni pour, ni neutre pour autant, ― ailleurs. Vers l'irisation des couleurs, ni noir, ni blanc. Mais la palette des gris, la clarté des argents. J'entre dans la nuance et, dans une légère pénombre, j'avance. À l'heure où tout s'accélère, la vie est détail. Et non dans les plans d'ensemble. Vers la fusion.Parfois la clarté est... [Lire la suite]
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mardi 23 novembre 2010

BEAUTE DU TRANSVISIBLE

Pour notre âme, les hommes sont des cristaux :                            ils sont la nature transparente.                                                     Novalis.La poésie est transparence de l'invisible. Elle est dans la recherche charnelle de la transparence aux... [Lire la suite]
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jeudi 18 novembre 2010

STAFFILATA DE L’INACCOMPLI

En marchant, j’ai connu, en marchant,   marchant contre le vent, j’ai connu,   en marchant j’ai connu, — sa rouge estafilade. En marchant, j’ai connu, en marchant,   parmi l’entaille des mots, j’ai connu,   en marchant, — le silence qui balafre la face. En marchant, j’ai connu, en marchant,   le poignard de la nuit, j’ai connu,   en marchant, sa taillade d’aurore dans la rose chair. En marchant, j’ai connu, en marchant   le crayon de papier, j’ai connu,   en marchant, — Ô l’arme... [Lire la suite]
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mercredi 17 novembre 2010

URGENCE DE L'INACCOMPLI

Écrire c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres. Blaise Cendrars, L'Homme foudroyé, 1945    Ce goût de cendre, quand donc nous quittera-t-il ? Et cette mélancolie des plus noires, — celle des ruines. Faut-il toujours des ombres pour voir la lumière ? Et puis, il faut convenir qu’il en est ainsi. On voit cela de la sorte et pas autrement. La Restauration gouverne avec ses semblants. — Ses semblants d’ordre, de paix, de sécurité. Or, si la ruine est inscrite dans les choses humaines, — la ... [Lire la suite]
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mercredi 17 novembre 2010

COMME ELLE EST GRANDE LA SOLITUDE DU ROSSIGNOL

Comme elle est grande la solitude du rossignol sous son modeste pennage roussâtre, il craint toujours les redoutables épines des roses, avec les chats grondants qui rentrent de leur escapade nocturne, l'odoriférant poil mouillé, museau et pattes tout griffés, les oreilles couvertes de petit duvet, les vibrisses de guingois. Toujours sur le qui-vive, frissonnant de rosée, le rossignol respire, dans l'humide paix inquiète de cette nuit d'été qui lourdement s'avance. Il gringotte de tout son corps, de toutes ses plumes,... [Lire la suite]
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