samedi 24 février 2018

ACCOINTANCES

La poussière des bombes m’étouffe, m’écrit une amie ce matin, et j’ai envie de lui répondre la poussière des bombes et celles sur ces langues sèches qui ne bougent plus, dans nos bouches brûlées de trop d’images, de trop de chiffres monstrueux derrière lesquels on ajoute Enfants Tués Enfants Cassés Humains Écrasés, la poussière de Paris, de Londres, de Berlin, de New York, je vous épargnerai Beijing où la poussière est noire, Moscou où elle est rouge de sang frais qui coule, la poussière qui est devenue notre... [Lire la suite]

jeudi 22 février 2018

FLEURS

De toi à moi règne le silence des fleursqui éclot d’une grainede soie des fleurs oranges-tendre expansionà flots veloutés de joie la complicité subtiledes fleurs bleues-désir fugitif et caché ou le silence pensifdes fleurs blanches-le déclic de leur chasteté l’ardeur des fleurs rougesdanse dans l’airet l’espacedéborde de passion la fresque d’orde l’univers entierjaillit du silencedes fleurs jaunes Mais quel silence de cendreenvahit mon âmequand l’ombrecaptive les couleurs… Ton sourire éclotd’une graine de soie ... [Lire la suite]
mercredi 14 février 2018

ANNE DE SZCZYPIORSKI...Extrait

Un pays d'aurore, et les fleuves gonflés sont bleus et silencieux. Ce ne sont que de tièdes et longues bêtes vivantes, sans gratitude, qui ne savent ni donner l'amour, ni recevoir. Des miroirs bombés et ovales, cerclés de pâleur, coupés de hampes lumineuses tremblent, alertes et funèbres, torrides doigts durs et effarés. Ce sont aussi de longues fleurs orangées, enchantées de fontaines qui recueillent l'eau des fleurs qui se fanent et se réaniment changées, toutes changées et toutes pareilles, des fleurs lisses qui dansent, des... [Lire la suite]
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jeudi 8 février 2018

POURTANT, UN JOUR...

Quand le ciel est raide, dénué de la générosité qu’il offre au crépuscule pour couvrir le jour quand il décline, quand son bleu se lénifie à devenir le mauve parme que produit la blessure ; quand l’aube peine à étaler sa blancheur véloce à refuser aux sourires l’extase de creuser les fossettes ; quand la nuit s’écrase sur les massifs des nostalgies sans douceur, sans courtoisie ; quand les étoiles sont fuyantes, quand elles s’éteignent subitement après leur apparition augurant de nouvelles surprises dures à porter ; quand les cœurs... [Lire la suite]
vendredi 2 février 2018

LES MOTS

Les mots vont en silence dans notre cœur Ils ont besoin de nous pour éclore Ils s’alignent derrière une émotion L’émerveillement Le chagrin L’insolite Et ils prennent leur envol d’oiseaux migrateurs Et dessinent au fond d’un autre cœur Un pays d’accueil Une terre d’asile Un banc de sable Jamais une prison Jamais une frontière Parfois une simple fleur qui renverse un mur Il y a chez moi une plante qu’on appelle chance Et qui nous donne la chance de la regarder La chance d’espérer Il y a une feuille qui pousse dans les... [Lire la suite]
mercredi 31 janvier 2018

ALERTE AUX OMBRES...Extrait

La moindre bête blesséepèse si fort sur la terre,la moindre graine écraséeque la nuit les laisse faire. Souci précoce des herbesbrusque étamine de pluiequi pourra dans chaque rêveretrouver ce qui le fuit ? A chaque gorgée de silencela bête roule un peu plusà chaque coup de la lancevotre peur est mise à nu. Demain l'arbre vit dans ses feuilleset la bête pleine d'amours'endort sur le nouveau seuilque découvre le grand jour.   .     JEAN CAYROL 1944-1945 Camp de concentration de Mauthausen   .   ... [Lire la suite]
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lundi 15 janvier 2018

IL SUFFIT D'UN MOT

Nomme si tu peux ton ombre, ta peur et montre-lui le tour de sa tête,le tour de ton monde et si tu peuxprononce-le, le mot des catastrophes,si tu oses rompre ce silencetissé de rires muets, — si tu osessans complices casser la boule,déchirer la trame,tout seul, tout seul, et plante là tes yeuxet viens aveugle vers la nuit,viens vers ta mort qui ne te voit pas,seul si tu oses rompre la nuitpavée de prunelles mortes,sans complices si tu osesseul venir nu vers la mère des morts   dans le cœur de son cœur ta prunelle repose ... [Lire la suite]
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mercredi 10 janvier 2018

LA TRISTESSE DU FIGUIER...Extrait

 Il y a tout au fond de la fatigue Tout ce qu’un homme a de plus beau à donner : Son courage peut-être,Sa sueur perlée, sa respiration difficileEt ses blessures déjà anciennes. Et au sommet de la colline,Près des myrtilles, des bruyères et de la pluie, Il y a aussi ce secret bien gardé Que seuleLa Nature est prête à partager avec lui.   ...   Un silenceQui ne se mesure pas au nombre de mètres qu’il faut pour l’enjamberEt passer dans l’histoire d’un autre silence, Un silenceQui est parfois rempli de pétales de... [Lire la suite]
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lundi 8 janvier 2018

LES PRODIGES ORDINAIRES...Extrait

Si quelques mots voulaient venir à son secourspeut-être traverserait-il le joursans trop mourir celui quele poids des choses conduit dansles vergers sans fruits du silence Peut-être serait-il absousd’avoir été dans un même tempsl’ange et la bêtecelui qui traquait des langagesdans l’azur et dans la paille Et si quelque parole fût-elle pauvreaimait à le prendre en pitiépeut-être s’ouvrirait-il au périlde vivre encore une journéecelui qui défaille et espère     .     ANDRE SCHMITZ     .   ... [Lire la suite]
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dimanche 7 janvier 2018

ON M'APPELLE " SANS-PAPIERS

On m’appelle sans papiersPourtant j’avais pris soin de me munir de feuilles vertesComme une offrande à la forêt lointaineMais la forêt grondait comme une jungleJ’avais pris soin de me plier dans les coinsDe n’habiter nulle partEt de courtiser les trottoirsDe bien tendre la main aux guichetsDe me fondre dans la nuit du métroMalgré toutOn m’appelle sans papiersConnaissez-vous la minorité visible d’un sans papiersCela ressemble à l’invisibleAux contrôlesAux refoulésJe vis ma vie de rats dans les égouts du malheurJ’habite au fond de... [Lire la suite]