lundi 20 mars 2017

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Il vous naît un poisson qui se met à tourner Tout de suite au plus noir d'une lame profonde, Il vous naît une étoile au-dessus de la tête, Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux Que ses soeurs de la nuit les étoiles muettes.   Il vous naît un oiseau dans la force de l'âge, En plein vol, et cachant votre histoire en son coeur Puisqu'il n'y a que son cri d'oiseau pour la montrer. Il vole sur les bois, se choisit une branche Et s'y pose, on dirait qu'elle est comme les autres.   Où courent-ils ainsi ces... [Lire la suite]

vendredi 17 mars 2017

PSAUMES DU BEL AMOUR...Extrait

Les noms s’effacent les dalles Disparaissent sous les lierres Près des falaises le sable Oublie les jours et les siècles Pourtant l’âme continue Entre le ciel et la terre A lier le feu et l’ombre A la présence invisible Donne-moi de mieux entendre Le murmure sous la neige La note émue du silence Où s’est abrité le cœur Accorde-moi de saisir L’instant où s’ouvre ta grâce Le galbe de ce fruit d’or Que ton ciel met à ma bouche   .   GERARD BOCHOLIER   .  Oeuvre Camille Claudel  
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jeudi 9 mars 2017

LA BELLE SAISON

Je regarde d’ici les guerres fatiguées Les mots qui sont des mouches sur les vitres Prisonnières Le poids mort de la pesanteur sur la nuque et ce temps que l’on tue De peur De croiser son regard d’y voir le décompte A rebours et le va et vient qui finira Les mêmes boucles la même fin qui ramène le naufragé Toujours à la même vague quand le sol se dérobe Je pense à Diogène avec sa lampe qui cherchait un homme Quand j’écarte de mon chemin les humains en cherchant la lumière Pourquoi Est-il impossible d’être debout Sans retomber... [Lire la suite]
dimanche 5 mars 2017

SERGE PEY ... Extrait

La Vérité joue ses erreurs aux cartes sous la table de la nuit puis le jour inverse le jour et l’Erreur joue ses vérités sous la même table Nous ramassons les mises fracassées des passages la manche truquée d’un chien et l’aboiement du silence quand nous nous recouvrons avec le tapis le visage   .   SERGE PEY   .      
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jeudi 2 mars 2017

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Tout ce qu'il y a de grand au monde est rythmé par le silence : la naissance de l'amour, la descente de la grâce, la montée de la sève, la lumière de l'aube filtrant par les volets clos dans la demeure des hommes. Et que dire d'une page de Lucrèce, de Dante ou de d'Aubigné, du mutisme bien ordonné de la mise en page et des caractères d'imprimerie. Tout cela ne fait pas plus de bruit que la gravitation des galaxies ni que le double mouvement de la Terre autour de son axe et autour du Soleil... Le silence, c'est l'accueil,... [Lire la suite]
dimanche 26 février 2017

PAROLE D'OMBRE

Il y a une parole confiée au silence, que l'ombre nous transmet. Une parole d'effacement qui est parole de tendresse. Peut-être pourrions-nous aussi parler de bonté. Lavis d'ombre sans que soit raturée cette lumineuse coulée qui la contient. Mais plus proche de notre dénuement. Je crois à cette parole d'ombre. Elle n'est pas jeu de lumière ou de solitude mais ce que nous pouvons comprendre d'un dialogue qui se fait, qui se défait en nous. A chaque instant. Car nous ne pouvons comprendre que l'ombre. La brisure de l'éclat. Affamés... [Lire la suite]

jeudi 16 février 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...Extrait

J'aurais beaucoup à dire Ce qui remonte de la nuit Ce que le jour te jette à la figure, les traînées rouges du ciel entre les branches Et toi, n'osant bouger pour ne pas déranger cette splendeur fugace J'ai quelquefois si mal de toutes ces ferveurs Que faire de l'absence, qui grandit, qui déploie ses ailes miroitantes imprègne le langage Je pourrais dire la fascination de l'inutile, l'aimantation du vide Je pourrais même dire le besoin de parler, comme on crache, comme on urine et l'âpre nécessité de se taire parce que rien,... [Lire la suite]
samedi 11 février 2017

REFUS

Je ne parlerai pas d’amour. Le mot s’est arrêté sur mes lèvres s’est figé s’est fermé fossilisé. Je ne dirai pas l’amour ni le chant qui s’en évade chant de joie mêlée de crainte telle l’envolée soudaine de mille oiseaux dans l’émoi dans la transe. Je sens leurs battements d’ailes l’ivresse de leur vol vers les cimes toujours plus hautes. Je sens leur passage le trouble qui jaillit au tout profond. L’espace conquis est ample et lourd et inquiétant. Pulsations d’ailes et du cœur en arythmie l’amour attache s’accroche s’épingle se... [Lire la suite]
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mardi 7 février 2017

DERNIERE STATION

Encore Encore une fois se lever Vous ne savez pas pour certains ce seul geste fait mal Le geste Tant de fois fait pour rien pour personne Dans les foules assises pesantes Lever la main le poing avoir Du mal à le serrer En voir les jointures qui blanchissent de honte Et de lassitude Gueuler, gueuler de rage noire, s’en crever la gorge, Combien de fois je vous ai dit combien De vous lever mais vous avez été Comme des pâtes sans levain Sans la vie des pâtes mortes qu’on malaxe Qui ne seront jamais du pain Vous faut-il que le pétrin du... [Lire la suite]
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lundi 6 février 2017

DERNIER POEME

 À l’âge de Guérin (14), à l’âge de Deubel (15),un peu plus vieux que toi, Rimbaud (16)anté-néant,parce que cette vie est pour nous trop rebelleet parce que l’abeille a tari tout pollen ; ne plus rien disputer et ne plus rien attendre,et couché sur le sable ou la pierre, sous l’herbe,fixer un regard tendresur tout ce qui deviendra quelque jour des gerbes. Fixer un regard tendre ! Tendresse de l’absence,dans le Néant, Néant auquel je ne crois guère !Mais est-il plus pure présenceque d’être à toi rendu, ô Mère douce, ô... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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