jeudi 18 octobre 2018

LE LIVRE D'IMAGES...Extrait

Les feuilles tombent, tombent comme si au loinse fanaient dans le ciel de lointains jardins ;elles tombent avec des gestes qui se refusent.Et dans les nuits la lourde terre tombede toutes les étoiles, dans la solitude.Nous tombons tous. Cette main tombe.Et vois, cette chute est dans toutes les autres mains.Et pourtant il en est un qui retient dans sa main,cette chute délicatement, éternellement.   .     RAINER MARIA RILKE (1875–1926)      .     Photographie Thami Benkirane ... [Lire la suite]

samedi 13 octobre 2018

PEU A PEAU

  Est ce qu’un jourUn jour seulementLes peaux se souviendrontQu’elles ont le même ton Juste Soie en granitéDe Clair en Obscur moiréComme nous sommesHumains bêtes de somme Est ce qu’un peu enfin _ un jour Juste le temps de reprendreLe fil de l’humain en ChœurLes sens voilés à nos cœursEn tête pourront Doux entendre Que l’espace au temps d’exister S’il te plaîtVous Tant se meurtA vivre seul courbéQuandOn devrait surtout S’aimerEt plus encore se protéger. Cil Scille Sur le fil de l’ExilPeu à peau S’il vous PlaîtCil se... [Lire la suite]
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mercredi 10 octobre 2018

ALFONSINA ET LA MER / ALFONSINA Y EL MAR

  Sur la sable doux que caresse la merSes traces sont sans retour,Un chemin solitaire de peine et de silenceEst arrivé jusqu’à l´eau,Un chemin solitaire de peine silencieuseEst arrivé jusqu’à l´écume des vagues.Dieu sait quelle angoisse t’accompagna,Quelle longue souffrance ta voix a tué,Pour que, bercée, elle se réfugieDans le chant des coquillages,La chanson que chantent au fond de la merLes coquillages. Tu t´en vas, Alfonsina, avec ta solitude,Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher,Une voix lointaine de vent et de selA... [Lire la suite]
lundi 10 septembre 2018

NOTES SUR LA MELODIE DES CHOSES...Extrait

Que ce soit le chant d´une lampe ou bien la voix de la tempête, que ce soit le souffle du soir ou le gémissement de la mer, qui t´environne — toujours veille derrière toi une ample mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle ton solo n´a sa place que de temps à autre. Savoir à quel moment c´est à toi d’attaquer, voilà le secret de ta solitude : tout comme l’art du vrai commerce c´est : de la hauteur des mots se laisser choir dans la mélodie une et commune.     Nous sommes en avant tout à fait comme cela. De... [Lire la suite]
dimanche 12 août 2018

SORTS / CONJUROS

Merci Cristina mia... Aimer, c'est être seulIrrémédiablementAu-delà des êtres et des choses.Parce qu'aucune grâce ne s'apparenteÀ cette joie qui rend l'intelligenceL'incertitude du passage des vies.Ce n'est pas posséder,C'est, au contraire,Tout abandonner,Retour à la pauvreté primordiale,Être nu comme devant Dieu,Sans autre richesseQu'un chantEntre les lèvres pensifs.   .     Amar es estar solo irremediablementemás allá de los seres y las cosas. Porque ninguna gracia se asemeja a esa dicha que... [Lire la suite]
samedi 4 août 2018

LA RENOUEE...Extrait

Je dois mettre en garde mes petites filles.Je leur dis méfiez-vous du gouffre et du manque.Mais ne craignez la solitude.Les hommes vous cherchent avec leurs filets. Poissons ou papillons ils sauront bien vous surprendre. Ils iront jusque dans les fontaines tendre leur piège et vous braconner.Rien ne les arrêtera soyez-en sûres mes petitesmes douces. Quand vous serez captives vous perdrez vos écaillesvos couleursla douceur de vos yeuxvous deviendrez belles comme des femmes heureuses.Plus jamais vous ne dormirez parmi les... [Lire la suite]

lundi 16 juillet 2018

CATHERINE SMITS...Extrait

Tu m'as dit:As-tu remarquéque dans le mot "Nous"il y a "os" et "nu"? Je comprends mieux maintenantle terrible secretde notre solitudel'indigence de ma peau et le bruit sourdqui s'insinuepulsion de sang battant le manquedès que s'étirentjusqu'au silencenos cris de bêtes cherchantl'une dans l'autrel'essentielle substance     .     CATHERINE SMITS     .  
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samedi 14 juillet 2018

ANA NON...Extraits

Ma solitude, c'est quatre lits où s'épanouissaient quatre corps d'hommes, jadis. Vides, les lits. Morts, les hommes. Ma solitude, c'est une barque blessée dans son corps , qui se dessèche au bord de la mer, barque désertée que n'accueille plus le salut des mouettes tous les petits matins de la joie du retour. Ma solitude, c'est ce nom heureux que je ne pourrai pas donner à mes petits-enfants, morts avant d'être nés. Ma solitude, c'est ce nom de grand-mère que je n'entendrai jamais, sauf dans le trou noir de mes rêves. ... La main... [Lire la suite]
dimanche 8 juillet 2018

DERRIERE LA PORTE

Un jour sur terre, le swing de la misèreDégoulinant de l’étagère à ampères Illuminera les dernières miettesLes restes d’un festin et les verres videsDe la clémence enlacée en paupiettesSur la table « nostre » dépitée de lipidesLe flux du pain chaud aux rizières du pauvreLe combat du ventre chez le concierge du criDes images flottent entre les dents du loupCe n’est pas chez toi, mais chez les autresCe n’est pas du blé, cela ne fait pas un pli Des images flottent encore où l’hostie n’est plus La souffrance efface la... [Lire la suite]
samedi 7 juillet 2018

BRUNO ODILE...Extrait

Nous portons nos enfances jusqu’aux bords ruisselants de nos frontières. Des bouts de fils et de laine blanche tricotent ensemble des longs cordages extravagants. Nos candeurs exhalées dévisagent le monde et tirent la langue aux passants incongrus. Nous portons nos enfances comme le charretier conduit son attelage, se frayant un chemin parmi les ombres et les ravins. Nous détenons dans le regard toute la source de nos magnificences et c’est de ce reflux d’images, tantôt normales, tantôt subliminales, que nous extirpons des vagues... [Lire la suite]