lundi 14 avril 2014

SOLITUDE DES SEUILS...Extrait

le torrent roule ses eaux lourdes les fusils claquent dans le soleil   j’invente sous la treille la fraîcheur de l’aube le conte blême de la lune   la tour là-bas la tour de la mère tutélaire me tient serrée dans ses entrailles   — depuis quand et toujours —   [un chien jappe qui jamais ne cesse emplit le vallon de sa gouaille les châtaignes boguent dans la mousse]   l’hiver est en suspens        à la lisière   l’avant-naître et l’après   même... [Lire la suite]
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vendredi 11 avril 2014

LA NUIT COMME LE JOUR....Extrait

L’armoire s’ouvre,et la fenêtre à deux battants.Il entre dans la pièceun léger coulis d’airaux notes blanches,et la lavande dans l’armoiredistribue ses parfumsqui se laissent rejoindrepar le parfum des fleurset des plantes sauvages,dehors,tandis qu’à l’intérieur,les yeux de la solitudese laissent laverpar tant d’accords.   .   BERNARD PERROY   .   Oeuvre Michel Charrier  
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dimanche 16 mars 2014

GUISANE... Extrait

Le silence s’efface lentement sur la terre où nous passons. Il reste l’indulgence et la compassion des forêts. Il reste un arbre tout en haut de cette colline de pardon. Et si nous prions, c’est pour des dieux de terre mais la prière est précaire. Il nous reste l’imaginaire des anges. Cet amour végétal, au plus profond de nous-mêmes, qui pose sa tête sur l’épaule des solitudes. Le silence magnifie les branches et le texte de l’écorce. C’est ta vie que tu versifies dans la pluie traversière. Tu te dois de lui donner la musique la plus... [Lire la suite]
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samedi 15 mars 2014

LE DON DE LA JOIE

Qui trouve au bord du dénuementsur les remparts de sa faimune larme discrètel'amère saveur du chaosqui du fond de sa solitudetire un visage attentifune fontaine coutumièreet parle sans souci de ses propres embûchescelui-là sait que Dieu s'installe dans le corpspour une éternité premièreet rien ne peut plus le distrairede cette voix qui s'est tueau centre de l'épi.   .   JEAN SENAC   .  
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jeudi 6 mars 2014

UN ARBRE EN MA MEMOIRE

 Un arbre unique et solitaire fait offrande de ses ramures au ciel incandescent.Nul ne sait par quel stratagème il a, dès son enfance, échappé à la main prédatrice de l’homme armé de fer, à la dent avide de l’animal famélique, à la rareté de l’eau et au dard du soleil plus que nulle part au sommet de son ardeur.Alentour est le désert infini submergé de silence séculaire parfois troublé par la rumeur lointaine de troupeaux évanescents allant sur les dunes et les immenses plateaux ensemencés de rocailles.Ici, l’espace et le temps... [Lire la suite]
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mardi 25 février 2014

LE PETIT BANC

Sous la voute blanche, le petit banc où il s'asseyait est orphelin. Fabriqué par des mains robustes à l'aide de quelques bois du coin, il a résisté aux quatre saisons durant des années. Après chaque hiver, une petite planche à peine moins abimée venait renforcer une partie de l'assise rongée par les éléments. L'une chassait l'autre pour plus de sûreté. Les chats y trouvaient une place royale pour se chauffer au soleil, les enfants essayaient de se l'approprier, mais il était le plus souvent  occupé par le vieux paysan de la... [Lire la suite]
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dimanche 23 février 2014

LE GRAND SOLEIL OCRE

Pour le soir du grand soleil ocre de la mort j'aurai la parole sans voix pour distraire les mots j'aurai mille ans pour rire enfin de ce grand corps tout froid désacraliser l'immobile perdre la mémoire de chaque douleur Pour le soir du grand soleil ocre de la mort j'irai m'asseoir entre mes deux dates limitrophes sur le trait d'union à califourchon sur ma tombe frugale où viendront les oiseaux Et je croirai nouveaux ces poèmes prêtés jadis au silence qu'il me rendra peut-être comme ultime sentence pour mes nuits illégales mes jours... [Lire la suite]
jeudi 6 février 2014

POUR HABITER...Extrait

Frères mes taciturnes au visage de foin coupé Qui dira le bocage de vos tristesses à l'avant de vos mains Et votre mal de joncs des marais Vos yeux qui s'en vont avec les trains et les navires Vos yeux dans toutes les serrures des forêts Et la glaise de vos coeurs Vous pleurez en traversant les villes Quand la mer dételle ses chevaux Vous portez à bout de bras les hauts visages de la pluie Et les arbres se couchent dans vos voix Quand vos mains tombent en chantant le long du ciel Comme des oiseaux tués par l'orage   .  ... [Lire la suite]
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dimanche 24 novembre 2013

LA POURSUIVIE

Je te poursuis encore sur le versant des songes mais tu glisses de moi comme sable en la main et comme un coquillage invente son mensonge la courbe de ton corps esquive ton dessein Je te traque et tu fuis  Je te perds et tu plonges Les forêts des grands fonds ont d’étranges détours Je marche sur la mer et mon ombre s’allonge sous le soleil obscur et dans l’ombre des tours Aux plages de fraîcheur que déroule le lit la trace de nos corps s’efface avec le jour Le lit s’enfle et se gonfle aux brises de la nuit Tristan la voile... [Lire la suite]
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lundi 18 novembre 2013

D'HIER...Extrait

Les herbes coupées                                            bleues dans l'herbe. Le poirier qu'il faudrait émonder. Sur un fil des étoffes rendues à leurs couleurs. Dans une lavande ... [Lire la suite]
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