lundi 12 juin 2017

A JERUSALEM

À Jérusalem, je veux dire à l’intérieur des vieux remparts, je marche d’un temps vers un autre sans un souvenir qui m’oriente. Les prophètes là-bas se partagent l’histoire du sacré … Ils montent aux cieux et reviennent moins abattus et moins tristes, car l’amour et la paix sont saints et ils viendront à la ville. Je descends une pente, marmonnant : Comment les conteurs ne s’accordent-ils pas sur les paroles de la lumière dans une pierre ? Les guerres partent-elles d’une pierre enfouie ? Je marche dans mon sommeil. Yeux... [Lire la suite]

lundi 22 mai 2017

AMERS III...Extrait

Aux baies de marbre noir striées de blanches couvaisons La voile fut de sel, et la griffe légère. Et tant de ciel nous fut-il un songe ? Ecaille, douce écaille prise au masque divin, Et le sourire au loin sur l'eau des grandes lèpres interdites... Plus libre que la plume à l'éviction de l'aile, Plus libre que l'amour à l'évasion du soir, Tu vois ton ombre, sur l'eau mûre, quitte enfin de son âge, Et laisses l'ancre dire le droit parmi l'églogue sous-marine. Une plume blanche sur l'eau noire, une plume blanche vers la gloire Nous fit... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
mercredi 3 mai 2017

DE L'EGO OU DU SAIN CREDO ?

D'aucuns avancent aisément ou d'un commun accord                   Egoconfinant alors au devant de la scèneau con-sensus    de circonstanceMais je leur oppose                        Credol'envers sibyllin des sensl'immémoriale allégeancedu nomade   du passeur  sans paraître Un oiseau    un voilier    au loinunitivement lient les horizons extasiés de la mer et du ciel Ils fondent l'espoir... [Lire la suite]
dimanche 5 mars 2017

VISITEURS AUX PORTES DU JARDIN

Pareils à ces arbres qui voyagent dans les textes ils se mettent en marche à la lueur des amandiers pressés d’atteindre l’eau qui flambe depuis un millénaire dans un village en mal d’oiseaux et qui à contre-orage repart à vide. Visiteurs aux portes du Jardin leur cercle s’élargit comme des chats miroitants que dessine la peur sur les murs des cathédrales abandonnées. Toujours la même ligne infranchissable toujours la même errance le même mort la même griffe la même blessure une botte sur le cœur et cette lune qu’ils tiennent serrée... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
mercredi 15 février 2017

LE LIVRE OUBLIE

Des souris des morts je te sauve ô livre innocent qu’a laissé le fugitif fantôme d’un peuple passager fatigué de ses songes Avec toi tes lettres bouclées ont côtoyé la vérité du pain ont coulé même dans l’haleine lente du cèdre sont devenues passions saveurs de mondes musique dans le registre figé des deuils la théorie des morgues où les morts attendaient leur nom sont devenues silence pour ceux qui apprenaient la cruelle leçon du deuil devant la mère diaphane deviendront procédures d’aurore pour alléger le monde On t’avait oublié... [Lire la suite]
jeudi 24 novembre 2016

MARCHER

Un seul souci... marcher...Dans le noir... marcher... Dans la nuit épaisse de la voûte fraîche l'enclume son métallique approche. Marcher... La procession s'enroule en pelote, et doucement l'air se raréfie, la voix de fer s'alourdit: le marteau frappe et résonne et gémit.Un seul souci...marcher... On débouche : aire faite d'yeux. Yeux aveugles, yeux sillus, yeux clos, yeux diaphanes Yeux éteints, yeux écarquillés, yeux sources trompés par les miracles de l'humain.Un seul souci...marcher... Aire faite de bouches. Bouche qui rit, bouche... [Lire la suite]

lundi 10 octobre 2016

LE SOLEIL NOUS A BLESSES

L’écorchure a atteint le papier vierge. J’entends battre ton cœur sur le quai de la gare où tu m’attends. Tu flottes comme un chagrin à la recherche d’un câlin réconfortant. Les trains se succèdent dans la pénombre haletante, des bras et des jambes, un corps, un vertige, une matière assemblée et agile. Je ne peux te toucher.Les mots font trop de bruit. Trop de fracas de feuilles dans l’écriture. Je peins le vacarme aux couleurs de mon souffle. Mille étages de couleurs s’effondrent en avançant.Et si nous allions voir la lame qui... [Lire la suite]
dimanche 18 septembre 2016

PROSES ANDALOUSES...Extrait

... Je te porte en moi, Grenade, ma blessure. Je t’investis de mémoire et de songe Quand luit, sous le feuillage des paupières, Ta lente parabole. Je te confère une évidence de pierre Dans la profuse exaltation des myrtes, Et tes créneaux lacèrent une légende Où vont rêvant d’indicibles sultanes Je te porte en moi, ma blessure, Grenade Couronné d’ombre et de fontaines, J’écoute Dieu s’épandre Dans l’or obscur des arabesques Tandis qu’un pas envoûte l’Albaïcin Entre des fronts de neige dure Et monte aux grottes où... [Lire la suite]
mardi 12 juillet 2016

L'IRREDUCTIBLE ROUSSEAU...Extrait

    On ignore tout de la matière songeuse.    Des forêts ou des lianes gelées aux vitres de l'enfance.    Du lait. Du sang ou de la lymphe. La sève. Des paupières et du ventre d'où suinte impassiblement la neige des étoiles.    On ignore tout des algues.    Des épithètes en quête de visage. Des lèvres flétries pétale après pétale.    Or, il y a le ciel.    Ses plaies. Ses renflements. Ses ulcères.    Des millions... [Lire la suite]
mardi 5 juillet 2016

UNE COLOMBE UNE AUTRE...Extrait

... Vous migrateurs que l’aube esquisse dans les pressentiments d’hiver sûrs d’épouser le pur tracer de l’infaillible main de l’air visible songe sagittal vecteur d’un ouvrage majeur sur le souffle secret des dieux pilotes calmes & lucides parmi ces méandres célestes ces labyrinthes cristallins où des vents furieux désespèrent élan dont la cadence va soudain s’amplifier comme sensible à l’impatience d’un berger abyssin ou d’une aube de Casamance vous n’êtes pas l’Exode d’une bible invisible ni le dernier symbole d’un... [Lire la suite]