vendredi 19 mai 2017

ESPERANCES...

Parce que j’ai mal à l’âme du père clandestin qui peine dans un ghetto de Paris, avec des larmes qui irriguent à flots silencieux les fontaines où se régénèrent les pulsions mondaines. Parce que j’ai des douleurs au dos de la femme de ménage qui abroge sa silhouette vibrante et attendrie dans les arrière-salles des boulevards culinaires et bombesques, quand le maquignon sirote le bon vin, la main décidée sur les cuisses d’une vierge que lui a rétrocédé l'impuissance des ventres creux. Parce que je souffre d'une entorse au pied de... [Lire la suite]

mercredi 3 mai 2017

DE L'EGO OU DU SAIN CREDO ?

D'aucuns avancent aisément ou d'un commun accord                   Egoconfinant alors au devant de la scèneau con-sensus    de circonstanceMais je leur oppose                        Credol'envers sibyllin des sensl'immémoriale allégeancedu nomade   du passeur  sans paraître Un oiseau    un voilier    au loinunitivement lient les horizons extasiés de la mer et du ciel Ils fondent l'espoir... [Lire la suite]
vendredi 14 avril 2017

LES MOTS SONT DES CHIENS D'AVEUGLE...Extrait

Voici l'arbreroyal et solitaireen son ultime déploiementde fin du jour Le vent qui le traversey fait trembler les yeuxd'une lumière de larmes L'été s'y jette à corps perdul'été rayonne comme un paonEt l'arbre dit que tant de cielsans pesanteurne saurait être quel'analogie de Dieu Je caresse son écorceSous mes doigts une fourmilièrecharrie sa crasse de cadavres A mes pieds une pie ouvertelaisse voir son cœurnoir et racorni Et l'arbre dit que nous sommes les frèresdu rat de la mouche de l'hyène du scorpion Vienne la nuit qui n'est... [Lire la suite]
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mercredi 12 avril 2017

LETTRE DE FERNADO PESSOA A MARIO DE SA-CARNEIRO

14 mars 1916 Je vous écris aujourd’hui, poussé par un besoin sentimental — un désir aigu et douloureux de vous parler. Comme on peut le déduire facilement, je n’ai rien à vous dire. Seulement ceci — que je me trouve aujourd’hui au fond d’une dépression sans fond. L’absurdité de l’expression parlera pour moi. Je suis dans un de ces jours où je n’ai jamais eu d’avenir. Il n’y a qu’un présent immobile, encerclé d’un mur d’angoisse. La rive d’en face du fleuve n’est jamais, puisqu’elle se trouve en face, la rive de ce côté-ci ; c’est là... [Lire la suite]
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mardi 11 avril 2017

CHRISTIANE SINGER...Extrait

Quand je parle d'un a-théisme aimant,Le "a" privatif interdit toute représentation...Ce n’est pas un contenu que j’ai à transmettre :Chaque âme est d’une telle richesse !Il faut que cette richesse soit réveillée…La vie est tellement généreuse : on ne peut pas passer à côté.On ne peut pas passer à côté de l’automne, de la neige quand elle tombe…Tout reflète de la PrésenceNous sommes dans une société qui nous distrait en permanence de l’essentiel.Nous sommes hors de nous !Nous ne sommes pas mis en relation avec cette profondeur en... [Lire la suite]
samedi 8 avril 2017

JE VAIS PARLER DE L'ESPERANCE

« Je contemple la douleur de l’affamé et m’aperçois que sa faim est tellement éloignée de ma souffrance que je pourrais bien jeûner jusqu’à en mourir, de ma tombe jaillirait toujours au moins un brin d’herbe. Il en va de même de celui qui aime. Quel sang que le sien, si bien engendré pour le mien qui n’a ni source ni fin ! » Je n’éprouve pas cette douleur en tant que César Vallejo. Je ne souffre pas de moi en tant qu’artiste, en tant qu’homme, ni même en tant que simple être vivant. Je n’éprouve pas cette douleur en tant que... [Lire la suite]
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jeudi 30 mars 2017

COLETTE GIBELIN...Extrait

Le monde est éblouissant et insaisissable Il passe de mains en mains, s'échappe, oiseau de feu et de glace mêlés Ses mille visages se confondent Ta voix de tambour ou mon clavecin Mes cerisiers, ou tes pommes cannelle Mille éclats de couleurs, cristal brisé, transparences perdues et regagnées Tu prends mon deuil et m'offres la lumière en ses moissons de ciel Je porte ta souffrance et te donne ma joie conquise sur l'effroi Le monde, mon ami, C'est toi, c'est moi, Même regard d'aubes froissées, Même ténacité De toute nuit faire... [Lire la suite]
mardi 14 mars 2017

BALLADE

Je retrouve toujours mêlés à la souffranceLe cri mal achevé de notre amour, le goûtDe tes baisers, et comme au ciel de la nuit d’août,La musique des mots s’évade et recommence.Le temps du désespoir n’a fait que rendre viveCette soif que j’avais de l’eau de ton regard,Car pour nous séparer, le sort venait trop tardSi même notre amour est amour fugitive.Le ciel peut refermer sur nous sa main de nues,L’océan nous lier avec ses goémons,Le pain avoir le goût mortel de la ciguëEt les oiseaux mourir dans les cours des prisons,Ton amour est... [Lire la suite]
vendredi 20 janvier 2017

AU SORTIR DU LABYRINTHE

Quand  détresse et désarroi et déchirure  te  larguent en la brume et la peur  lorsque tu es seule enveloppée de chagrins  dans un monde décollé de la rétine  alors ta souffrance à la mienne s'amarre, et pareils  me  traversent les déserts de blancheur aiguë  Toi qui es mon amour dans l'empan de ma vie  ces temps nôtres sont durs parmi les nôtres je tiens bon le temps  je tiens bon l'espérance  et dans cet espace qui nous disassemble  je brillerai plus noir que ta nuit... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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vendredi 23 décembre 2016

QUE LA VIE ME PARDONNE

La vie est une orange mûre et bigarrée Un présent que l’on ne finit pas d’ouvrir Une mémoire d’autres vies Une enfance qui  tourbillonne vers sa lumière J’ai habité un nuage Et j’ai tellement voyagé que j’ai avalé le noyau du monde Je n’avais que mon cœur pour monture J’ai pansé le soleil Rendu hommage aux femmes nues La vie m’a toujours tout donné Des pépites d’amour Des cimetières de rêves Des sanglots Des naufrages Et des torrents de rires Ainsi soit-elle Ma parole a usé les miracles Elle a aussi recyclé les... [Lire la suite]