mercredi 15 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Aligner des mots comme un souffle attise retenu respiré par la bouche un feu entretenu sinon comment le rallumer dans la pluie où rien ne brûle Les yeux brûlent -- allumer des mots de phosphore et d'ébène des mots noirs et rouges tapissent l'espace de l'estomac à la bouche -- une brûlure de mots -- un incendie sous une pelletée de cendres froides.   .     ANNE MARGUERITE MILLELIRI     .    

samedi 14 octobre 2017

LES VOISINAGES DE VAN GOGH...Extrait

Ce pays au ventre de cigale nous était pleinement communiqué par une main et un poignet. De quelle fournaise et de quel paradis Vincent Van Gogh surgissait-il ? Et de quelle souffrance maîtresse tenait-il ces cailloux, ces iris et ces marais, ces étroits chemins, ces mas, ces blés, ces vignes et ce fleuve ? Sublimes dessins !   .     RENE CHAR     . Oeuvre Vincent Van Gogh
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mercredi 4 octobre 2017

EDMOND JABES

" Je crois à la mission de l’écrivain. Il la reçoit du verbe qui porte en lui sa souffrance et son espoir. Il interroge les mots qui l’interrogent, et accompagne les mots qui l’accompagnent. Le chemin qui reste est donc celui des mots, le sable de tous les livres. Le livre n’est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l’homme."   .   EDMOND JABES   . Oeuvre François Knopf
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dimanche 10 septembre 2017

ZOHRA MRIMI

On m' a appris à souffrir Mais pas à vivre Alors j' ai ouvert un livre Je n' ai retenu qu' une seule phrase Les livres sont faits d' eau De précieux mots On écarte tout ce qui retarde cette traversée Je m' en vais rejoindre l' hiver L' histoire glisse sur ce grand désert vêtu de Blanc Sur terre Gèle la misère   .     ZOHRA MRIMI     .       Oeuvre Jungho Lee
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mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]
mardi 29 août 2017

LES MANUSCRITS DE QANA...Extrait

Il était une fois, une seule, où l’homme à l’amour de la femme répondit avec honneur. Il a été une fois, une seule, où la femme eu égard de l’homme qui l’aimait. Il a été cette fois, unique, où la femme et l’homme se comprirent dans l’instant du monde où la plume s’envole, portée par la brise. Cette unique fois où un homme et une femme portèrent aux yeux du monde le fruit de leur passion fût saluée par une grande fête. L’unique étoile du nord brilla seule dans l’infini cosmos pour saluer la naissance de l’enfant prodigue, un certain... [Lire la suite]

lundi 7 août 2017

CATHERINE SMITS...Extrait

Si un jour tu me croises Gobant les trous de ton absence En bramant l’aumône d’un dieu que j’invente Ne pense pas que je sois folle Avec mes gestes amples Ma bouche comme un canon Qui crache ma souffrance Ne pense pas que je sois folle Je brasse ton silence J’attrape au vol Ce dont je me souviens Le tissage de ta peau La harpe de tes mains Puis je pousse comme le cerf Le cri nécessaire A ma survivance   .   CATHERINE SMITS   .     Oeuvre Ewa Hauton
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jeudi 3 août 2017

LA MONTAGNE PREND LA PAROLE

Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit qui ose. Je souffre de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs difficiles Où je ne puis offrir qu'une hospitalité accrochée, Moi qui tends toujours vers la verticale Et ne me nourris que de la sécheresse de l'azur. Je vois les sapins qui s'efforcent, en pèlerinage immobile, vers l'aridité de ma cime. Plaines, vallons, herbages et vous forêts, ne m'en veuillez pas de mes arêtes hautaines ! J'ai la plus grande avidité de la mer, la grande allongée toujours mouvante que les... [Lire la suite]
vendredi 28 juillet 2017

EPITRE LANGUE LOUVE - FRAGMENT I - UN BESOIN DE LUMIERE

…où l’homme ne loue plus les immortels qu’en soupirant sans cesse Hölderlin . De lumière un besoin de lumière dans une obscurité un sentiment d’obscurité un besoin de lumière lucide au vif argent des oliviers d’une lumière équitable dans une obscurité où passe le noir de femmes endeuillées un besoin d’ouvert de la lumière Qu’arrive-t-il lorsque la vie se déserte ? questionne-t-elle. Quand la vie se déduit d’elle-même ? Et qu’elle éclabousse ou de sang ou de larmes. Lorsque les mots vont comme chat à la litière.... [Lire la suite]
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lundi 17 juillet 2017

RENE TAVERNIER...Extrait

Il y en a qui prient, il y en a qui fuient, Il y en a qui maudissent et d'autres réfléchissent, Courbés sur le silence, pour entendre le vide, Il y en a qui confient leur panique à l'espoir, Il y en a qui s'en foutent et s'endorment le soir Le sourire aux lèvres. Et d'autres qui haïssent, d'autres qui font du mal Pour venger leur propre dénuement. Et s'abusant eux-mêmes se figurent chanter. Il y a tous ceux qui s'étourdissent... Il y en a qui souffrent, silence sur leur silence, Il en est trop qui vivent de cette souffrance.... [Lire la suite]
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