lundi 12 août 2013

MEMOIRE DE LA MER...Extrait

Après les sens qui se sont fermés, ce sont toutes les fonctions du corps qui sont frappées d’inertie. Elle passe de brancard en brancard, d’hôpital en clinique. Elle est ici ? Non, elle est là, suivant les semaines. Aucun hôpital ne guérit plus. On fait semblant de réparer un peu, pour qu’elle reparte ailleurs. Que je te pousse et te pousse, pompe et pompe, vide, remplisse. On l’évacue comme une noyée que l’on rejette dans le courant. Les yeux toujours fixant la mort. Sent-elle ? Ne sent-elle pas ?   Mais le cœur... [Lire la suite]
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jeudi 18 juillet 2013

POETE

Toute poésie vient à mourir avec sa fausse légèreté d'époque Qu'importe ce que tu dis Tous les enfants mourront un jour Ils ne t'auront ni lu ni connu ; ils ne t'auront même pas aperçu murmure la souffrance au creux d'une vie Pourtant il écoutait leurs chants ; il connaissait chaque regard enfant devinait son massacre, tout le massacre de l'époque, ajoutant la poésie sépare les hommes dans le silence .   MATHIEU BENEZET   .      
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mardi 2 avril 2013

JUARROZ

Chacun s'en va comme il peut, les uns la poitrine entrouverte, les autres avec une seule main, les uns la carte d'identité en poche, les autres dans l'âme, les uns la lune vissée au sang, et les autres n'ayant ni sang, ni lune, ni souvenirs. Chacun s'en va même s'il ne peut, les uns l'amour entre les dents, les autres en se changeant la peau, les uns avec la vie et la mort, les autres avec la mort et la vie, les uns la main sur l'épaule et les autres sur l'épaule d'un autre. Chacun s'en va parce qu'il s'en va, les uns avec quelqu'un... [Lire la suite]
vendredi 15 mars 2013

UN RÊVE

 Ce qui ne nous tue pas Nous rend plus fort A dit Friedrich Nietzsche Ce qui se cache Sous la maladie N’est que l’advenir de la santé Ce savoir-vivre Qui est au-delà De toute souffrance Car au-delà de toute souffrance Car au-delà de toute représentation De la souffrance Ça le détient Je peux faire de presque tout Une métaphore À commencer par l’idée que je me fais du monde Dans les choses lointaines Comme l’est le cosmos Dans les choses proches Comme l’est tout ce qui m’entoure Mais la métaphore N’est pas le... [Lire la suite]
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samedi 9 mars 2013

CHANT VII

 Le Poème Le cor de chasse résonne dans le soleil et précipice horizontal est le cerf. Blessé à mort de ma vie, cerf à la course bleue, cerf paré de vent, où la vitesse dans ses bois jamais ne s’arrête, l’éclatement de ton coeur s’ouvre dans ma poitrine. Clair royaume du mouvement où s’arrêter est s’obscurcir, vie qui monte à la bouche, rosée dans la gorge de la nuit, cerf dont la peau ne le sépare pas de l’air, tu dénudes les prairies à ton passage, éblouis l’espace à l’oeil vorace, incendies les nuages, fleuris en embrassant... [Lire la suite]
samedi 19 janvier 2013

LE LINCEUL DE LA DOULEUR

De la soie de mon pays Je tisse les linceuls Al Moutanabbi* déclame ces vers : O femme ! Qui a cousu  pour toi cette époque ? De quel parfum sélectionnes-tu  les mots ? Tu  dis ce que ne dit nulle femme C’est comme si tu n’es pas  De la terre de l’Euphrate De la soie de mon pays Je tisse les linceuls Al Moutanabbi déclame  ces vers : O femme de cette époque ! Comment t’offrirai-je  dorénavant le poème ? Tu traverseras mes mesures métriques Tu... [Lire la suite]
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samedi 22 décembre 2012

PENDANT QU'IL EST ENCORE TEMPS...Extrait

Je voudrais faire un poème puissant un poème de hurlement contre le cri nu contre le dénuement violent contre la violence saccadé des dernières prostrations sur une barque grillée de soleil un poème d’esclave contre les nouveaux maîtres et d’impuissance contre toute nouvelle super puissance de pauvreté contre la corruption de gosse floué qui vieillit sans avenir. Un poème terrible de peur de souffrance et de soumission qu’on écartèlerait sur les murs et les barbelés de la honte éventré comme un grabat ensanglanté un poème insensible... [Lire la suite]
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lundi 26 novembre 2012

L'AFFICHEUR HURLE...Extrait

(...) J’habite en une terre de crachats de matins hâves et derousseurs malsaines les poètes s’y suicident etles femmes s’y anémient les paysages s’y lézardent etla rancœur pullule aux lèvres de ses habitantsnon non je n’invente pas je n’invente rien je saisje cherche à nommer sans bavure tel que c’estde mourir à petit feu tel que c’estde mourir polimentdans l’abjection et dans l’indignité tel que c’estde vivre ainsitel que c’est de tourner retourner sans fin dansun novembre perpétuel dans un délire de poète foude poète d’un peuple... [Lire la suite]
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dimanche 11 novembre 2012

MIROIR DE LA LUGE NOIRE

Tu as dit : Mon visage est navire, mon corps est une île,    et l’eau, organes désirants. Tu as dit : Ta poitrine est une vague,    nuit qui déferle sous mes seins. Le soleil est ma prison ancienne, Le soleil est ma nouvelle prison, La mort est fête et chant. M’as-tu entendu ? Je suis autre que cette nuit, autre Que son lit souple et lumineux. Mon corps est ma couverture, tissu Dont j’ai cousu les fils avec mon sang. Je me suis égaré et dans mon corps était mon errance… J’ai donné les vents aux feuilles, J’ai... [Lire la suite]
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dimanche 21 octobre 2012

BASSE MER

 Aux ciseaux je me coupai de l’alphabet Je me châtrai de ma patrie d’encre et de sève Sans où et sans rien dans ce Sud Exilée de l’écho de mon alpha Je suis un suicide de métaphores Une lettre aveugle un verbe sans racine   La pleine lune maternelle se trompa de route Et me donna le jour en cette terre australe Je suis un faux-pas de la Nature   Après chaque voyage Dévêtue de ma peau temple sans Dieu Dans la vapeur oxydée d’une ombre J’écris sur des esquilles de l’enfer Du sang bénit gicle de mes mains ... [Lire la suite]